Voiliers Kirié - histoire, modèles Feeling et achat d’occasion

Un voilier blanc, "PEELIN", est amarré dans un chantier naval. D'autres bateaux sont visibles en arrière-plan.

Écrit par

Benoît Faure

Publié le

1 avr. 2026

Table des matières

Le chantier Kirié a laissé une empreinte très nette dans la croisière française: des voiliers pensés pour naviguer en famille, avec une vraie attention portée au tirant d’eau, à la vie à bord et à la solidité du programme. De la construction artisanale des débuts aux Feeling les plus connus, on voit se dessiner une idée simple: faire un bateau utile avant de faire un objet de vitrine. Je détaille ici l’histoire du chantier, ses partis pris techniques, les modèles qui comptent et ce que j’inspecte en priorité sur l’occasion.

L’essentiel à garder en tête sur ces voiliers

  • La marque vient de la côte vendéenne et a évolué du bois vers le polyester avant de lancer la gamme Feeling.
  • Son identité repose sur la croisière pratique, souvent avec tirant d’eau réduit et dériveur intégral sur plusieurs modèles.
  • Les modèles marquants vont des Fifty aux Feeling 720, 1090, 1350 et 32.
  • Sur l’occasion, l’état du gréement, du système de dérive et de la coque compte plus que l’année seule.
  • En 2026, ces bateaux restent intéressants pour la croisière côtière, les mouillages peu profonds et les sorties familiales.

Ce que le chantier Kirié a apporté à la croisière française

Selon SailboatData, l’aventure commence au début du XXe siècle sur la côte vendéenne, d’abord avec de petites unités en bois, puis avec un virage vers le moteur dans les années 1950. À la fin des années 1960, la marque s’installe près des Sables-d’Olonne et fait partie des premiers chantiers français à travailler sérieusement le polyester. Cette bascule compte, parce qu’elle prépare la suite: les Fifty, puis surtout les Feeling, qui vont donner au nom Kirié une vraie signature de croisière.

Le déclic arrive au début des années 1980 avec une gamme de voiliers habitables pensée pour aller plus loin qu’une simple balade côtière. En 1986, le Feeling 13,50 m s’impose sur la Route du Rhum en catégorie bateaux de série; en 1987, le Feeling 10,90 m est élu bateau de l’année. On n’est plus face à un chantier régional discret, mais à un constructeur qui sait parler aux plaisanciers exigeants, sans renoncer à une logique de bateau utile.

La suite est moins glorieuse sur le plan industriel, mais elle ne gomme pas l’intérêt nautique de ces voiliers: reprise du chantier en 2000, poursuite de la gamme Feeling, puis arrêt de la production après la liquidation de 2012. Cette trajectoire explique pourquoi on rencontre aujourd’hui surtout des bateaux d’occasion, souvent bien identifiés par les passionnés et encore très présents dans les ports français. C’est cette logique qui éclaire la suite, notamment le choix des appendices.

Quillard ou dériveur intégral, le choix qui change l’usage

Chez Kirié, le choix entre quillard et dériveur intégral n’a rien d’anecdotique. Je le vois plutôt comme une décision de programme: on n’achète pas seulement une carène, on choisit une manière de naviguer. Le dériveur intégral est un voilier de croisière équipé d’une dérive ou d’une quille relevable, ce qui permet de réduire nettement le tirant d’eau.

Critère Quillard Dériveur intégral Mon lecture pratique
Tirant d’eau Plus constant, souvent plus profond Variable, avec un vrai gain à faible profondeur Le dériveur intégral gagne si vous fréquentez les zones peu profondes
Navigation au près Souvent plus direct et plus simple à sentir Très correct sur les bons modèles, mais plus sensible aux réglages Le quillard rassure si vous cherchez une conduite plus classique
Mouillages et échouage Moins polyvalent Très à l’aise dans les fonds variables et certaines zones à marée Le dériveur intégral change vraiment la vie en Atlantique ou en Manche
Entretien Plus simple mécaniquement Plus exigeant sur le mécanisme de relevage Le quillard demande moins de vigilance technique au quotidien
Programme Croisière classique, plus directe Croisière côtière, escales multiples, accès aux petits fonds Le bon choix dépend d’abord de votre terrain de jeu

Je retiens surtout une chose: chez Kirié, le dériveur intégral n’était pas un argument marketing, mais un vrai avantage d’usage. Il permet d’entrer là où d’autres s’arrêtent, de profiter de mouillages plus libres et, sur certains bateaux, de s’échouer à plat. En contrepartie, je garde en tête qu’un appendice mobile impose plus de contrôle et parfois plus de maintenance. Cette différence se lit très vite quand on passe aux modèles les plus emblématiques.

Voilier blanc et noir sur remorque, prêt pour l'aventure. Un beau chantier Kirié sous un ciel bleu.

Les modèles Feeling qui racontent le mieux la gamme

Si je veux comprendre la marque sans me perdre dans un catalogue interminable, je regarde quelques jalons plutôt que la totalité des variantes. Ils suffisent à montrer comment le chantier est passé du petit bateau de sortie au vrai croiseur familial.

Modèle Période Ce qu’il incarne Pourquoi il compte
Fifty 21 / Fifty 23 Fin des années 1970 Les racines de la marque dans les bateaux de pêche-promenade à voile On y voit déjà l’idée d’un bateau simple, polyvalent et facile à vivre
Feeling 720 1982 à 1994 Un petit croiseur habitable compact Longueur contenue, usage familial, tirant d’eau variable selon les versions
Feeling 1040 1985 à 1987 L’entrée dans le croiseur familial plus ambitieux Le volume commence à compter autant que la vitesse
Feeling 1090 1986 à 1995 Le modèle emblématique du cœur de gamme Il résume bien l’équilibre entre confort, tenue en mer et vie à bord
Feeling 1350 1984 à 1991 La grande unité de référence de la période Sa notoriété tient à la fois à ses lignes et à son programme de vraie croisière
Feeling 32 À partir de 1999, puis jusqu’en 2012 pour la production prolongée La génération plus moderne, lumineuse et compacte Très recherché aujourd’hui pour son volume utile et son comportement de croiseur

On voit ainsi une progression assez nette: d’abord des bateaux compacts et simples, puis des croiseurs familiaux plus volumineux, et enfin des unités où la lumière, l’habitabilité et le tirant d’eau variable deviennent des arguments centraux. C’est ce passage-là qui explique pourquoi certains modèles gardent une cote particulière sur l’occasion, et c’est précisément ce point qu’il faut aborder avant d’acheter.

Ce que je contrôle avant d’acheter un voilier d’occasion

Sur un Kirié, le risque n’est pas tant une mauvaise carène qu’un entretien négligé. Je regarde donc le bateau comme un ensemble cohérent, parce qu’un voilier de cet âge peut être excellent ou coûteux selon trois ou quatre zones clés. L’osmose, par exemple, désigne une dégradation du stratifié qui finit par faire cloquer la coque; ce n’est pas systématique, mais c’est un point à prendre au sérieux sur les coques polyester anciennes.

Zone Ce que je vérifie Pourquoi c’est décisif
Coque et pont Claquements, cloques, fissures, traces d’infiltration autour des cadènes et des hublots La structure dit vite si le bateau a vécu proprement ou non
Mécanisme de dérive ou de quille Jeu, corrosion, entretien du vérin ou du système de relevage, état du puits Sur ces bateaux, l’appendice fait partie du projet, donc sa santé est centrale
Gréement et voiles Âge du gréement dormant, état des câbles fixes du mât, cadènes, lattes, enrouleur Un gréement fatigué peut transformer un bon achat en budget lourd
Moteur et transmission Démarrage à froid, refroidissement, inverseur, arbre, presse-étoupe, fuite éventuelle Sur un voilier de croisière, la propulsion reste un point de sécurité
Humidité intérieure Odeurs, boiseries marquées, joints de hublots, fuites anciennes, fonds de coffre Les petits défauts répétés finissent souvent par coûter plus que prévu

Sur le marché actuel, je ne regarde jamais seulement le prix affiché. Sur Boat24, un Feeling 32 de 2000 apparaît à 35 000 €, ce qui donne un repère utile, mais pas une vérité absolue. Entre un bateau suivi, avec voiles récentes et dossier propre, et un autre à remettre à niveau, l’écart réel peut vite se chiffrer en plusieurs milliers d’euros. C’est pourquoi un essai en mer et, si possible, une expertise restent deux passages que je ne saute pas.

Ce regard méthodique aide aussi à comprendre pourquoi certains Kirié restent plaisants à acheter en 2026. Ce n’est pas seulement une affaire de nostalgie; c’est une affaire de cohérence technique, de volumes raisonnables et de programme bien défini. Et c’est exactement ce tri qu’il faut continuer à faire entre version, état et budget avant de signer.

Pourquoi ces voiliers restent pertinents en 2026

Je ne les regarde pas comme des pièces de musée. Leur intérêt est très concret pour qui veut naviguer sur une côte vivante, avec des ports parfois peu profonds, des mouillages à marée ou des escales fréquentes. Le format reste lisible, l’aménagement souvent bien pensé, et la philosophie du bateau ne cherche pas à impressionner pour rien.

  • Un exemplaire bien suivi garde de l’attrait parce qu’il offre un vrai volume dans des longueurs encore maniables.
  • Un dériveur intégral correctement entretenu conserve un avantage concret dans les zones où le tirant d’eau compte vraiment.
  • Un bateau fatigué peut sembler abordable, mais le coût d’un refit de gréement, de voiles ou de mécanique change vite l’équation.
  • La rareté relative de certains modèles renforce leur intérêt pour les amateurs qui cherchent un voilier identifié, pas un simple « vieux bateau ».

En 2026, l’enjeu n’est donc pas de savoir si ces voiliers sont « anciens », mais s’ils correspondent encore à un programme de navigation précis. Et, dans beaucoup de cas, la réponse reste oui.

Le tri que je ferais avant d’acheter l’un de ces voiliers

Si je devais résumer ma lecture en une seule grille, je garderais trois filtres: programme de navigation, état structurel et budget de remise à niveau. Un Kirié bien choisi peut offrir beaucoup de plaisir à condition d’assumer son âge et de traiter le bateau comme un vrai projet, pas comme une simple occasion prête à partir.

  • Pour la côte et les eaux peu profondes, je privilégie un dériveur intégral bien suivi.
  • Pour une navigation plus directe au près et un entretien simplifié, je regarde d’abord un quillard sain.
  • Pour éviter les mauvaises surprises, je préfère un bateau avec factures, historique d’entretien et voiles récentes à un exemplaire seulement « propre » en photo.

En pratique, c’est ce réalisme qui fait la différence entre un bon achat et un bateau séduisant mais coûteux à reprendre.

Questions fréquentes

Le dériveur intégral réduit fortement le tirant d’eau, ce qui facilite les mouillages peu profonds, certains ports et l’échouage à plat sur quelques modèles. En contrepartie, il demande plus de vigilance sur le mécanisme de relevage et son entretien.

Les repères les plus utiles sont les Fifty 21 et 23, les Feeling 720, 1040, 1090, 1350 et 32. Les Fifty montrent les racines de la marque, le 720 et le 1040 ouvrent la voie au croiseur habitable, le 1090 et le 1350 incarnent la gamme, et le 32 représente une génération plus moderne.

Le quillard offre un comportement plus classique, souvent plus simple à vivre au quotidien et moins exigeant mécaniquement. Le dériveur intégral est plus polyvalent dans les zones peu profondes, pour les escales multiples et les mouillages à marée, mais son appendice mobile impose davantage de contrôles.

Je commence par la coque et le pont, puis le mécanisme de dérive ou de quille, le gréement, le moteur et l’humidité intérieure. Les points sensibles cités dans l’article sont les cloques d’osmose, les infiltrations autour des cadènes et des hublots, le jeu dans l’appendice mobile et l’état du gréement dormant. Un essai en mer et, si possible, une expertise restent recommandés.

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Benoît Faure

Benoît Faure

Je m'appelle Benoît Faure et j'ai trois ans d'expérience dans le domaine de la navigation, de la culture et de l'ingénierie maritime. Mon intérêt pour ces sujets a commencé dès mon enfance, lorsque je passais mes étés à explorer les côtes et à m'émerveiller devant la beauté des navires. Aujourd'hui, je m'efforce de partager cette passion à travers mes écrits, en aidant mes lecteurs à mieux comprendre les enjeux contemporains de la mer et des technologies maritimes. Je m'engage à fournir des informations utiles, précises et accessibles. Pour cela, je vérifie minutieusement mes sources et compare les informations disponibles afin de simplifier des sujets parfois complexes. J'aime suivre les tendances du secteur et organiser mes connaissances de manière claire, afin que chacun puisse en tirer profit. Mon objectif est de rendre la culture maritime et l'ingénierie accessibles à tous, en rendant ces thèmes captivants et pertinents.

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