Le Biloup appartient à cette famille de voiliers qu’on choisit avec la tête autant qu’avec le cœur. Sa biquille, son habitabilité honnête et sa réputation de bateau solide en font un candidat crédible pour la croisière côtière, les mouillages peu profonds et les navigations sans stress inutile. Le Boat Biloup Club est justement l’endroit où l’on comprend ce que cette série apporte vraiment, au-delà de la fiche technique.
Je vais ici passer en revue l’esprit du club, les points forts du voilier, les versions à connaître, ce qu’il faut vérifier avant achat et les erreurs que je vois le plus souvent chez les acheteurs pressés. L’objectif est simple : vous aider à savoir si un Biloup correspond à votre programme réel de navigation.
L’essentiel à retenir avant de regarder un Biloup de près
- Le club sert de base de connaissances, d’entraide et d’archives pour les propriétaires et futurs acheteurs.
- Le Biloup est un voilier de croisière biquille, pensé pour l’échouage, les faibles tirants d’eau et les escales faciles.
- Les versions les plus utiles à comparer vont du Biloup 765 et 77NV jusqu’aux 88, 89, 102 et 109.
- À l’achat, les hublots, le gréement, les traces d’échouage et l’état général de l’installation comptent plus que l’année seule.
- Le marché d’occasion reste très vivant, avec des écarts de prix importants selon la taille, l’équipement et l’état.

Le club, une mémoire utile pour les propriétaires et futurs acheteurs
Ce qui m’intéresse d’abord dans cette communauté, ce n’est pas l’effet club en lui-même, mais la quantité de savoir accumulé autour d’un même type de bateau. On y trouve des fiches de modèles, des manuels, des retours d’expérience, des annonces, des rassemblements et des solutions très concrètes pour la technique du quotidien. Pour un voilier de série qui a souvent plusieurs décennies, ce capital d’expérience vaut presque autant qu’un expert maritime.
Je trouve aussi que cette logique change la relation au bateau. On n’achète pas seulement un Biloup pour son volume ou son tirant d’eau réduit ; on entre dans un univers où les anciens propriétaires ont déjà testé les points faibles, documenté les améliorations et partagé les bonnes pratiques. C’est particulièrement précieux quand on cherche un exemplaire d’occasion avec un historique clair. Cette base collective prend tout son sens quand on regarde la conception même du voilier.
Ce que la biquille change vraiment en mer et au mouillage
Le Biloup est connu pour sa biquille, c’est-à-dire deux quilles fixes qui permettent au bateau de se poser à plat à marée basse. En navigation française, surtout en Manche et en Atlantique, c’est un vrai avantage : le voilier s’adapte mieux aux ports à échouage, aux vasières, aux mouillages de faible profondeur et à certaines plages abritées. À mes yeux, c’est l’une des raisons les plus rationnelles de s’intéresser à la gamme.
| Ce que la biquille apporte | Ce que cela implique | Limite à garder en tête |
|---|---|---|
| Tirant d’eau réduit | Accès facilité à des zones peu profondes et à des mouillages plus nombreux | Il faut accepter une architecture un peu moins nerveuse qu’un voilier à quille fine très typé performance |
| Échouage à plat | Pratique sur les ports à marée et certains mouillages de vacances | Le fond doit rester compatible et la carène doit être suivie sérieusement |
| Comportement rassurant | Le bateau inspire souvent confiance aux équipages familiaux | Le gain en confort se paie parfois par un peu plus de traînée |
Je préfère être direct : ce n’est pas un voilier de régate, et il ne prétend pas l’être. Son intérêt est ailleurs, dans une croisière plus simple à organiser, plus tolérante face aux contraintes de profondeur, et plus cohérente pour un usage familial ou semi-hauturier. À partir de là, la vraie question devient celle de la version.
Les versions Biloup à connaître avant de comparer les annonces
La famille couvre des gabarits très différents, du petit cruiser compact au vrai voilier de voyage. Pour éviter de mélanger les modèles, je regarde surtout trois choses : la longueur, le tirant d’eau et le volume habitable. Le reste suit assez logiquement.
| Modèle | Longueur | Tirant d’eau | Intérêt principal | Production indiquée par le club |
|---|---|---|---|---|
| Bi-Loup 765 | 7,35 m | 0,75 m | Compact, simple à mener, adapté aux budgets serrés et aux équipages qui veulent un bateau facile à loger | 150 exemplaires |
| Bi-Loup 77NV | 7,48 m | 0,85 m | Un peu plus moderne dans l’esprit, tout en restant très accessible en gabarit | 100 exemplaires |
| Bi-Loup 88 | 8,80 m | 1,00 m | Bon équilibre entre volume, tirant réduit et usage en croisière côtière | 180 exemplaires |
| Bi-Loup 89 | 8,90 m | 1,10 m | La version que je trouve la plus lisible pour un programme familial avec vraie vie à bord | 180 exemplaires |
| Bi-Loup 102 | 10,20 m | 1,25 m | Plus de volume, plus de confort, et une vraie vocation de croisière au long cours | 30 exemplaires |
| Bi-Loup 109 | 10,98 m | 1,40 m | La génération la plus ample, pensée pour offrir davantage de stabilité et d’espace | NC |
Si je devais résumer la gamme sans la caricaturer, je dirais que les 765 et 77NV parlent aux navigateurs pragmatiques, que les 88 et 89 représentent le cœur le plus équilibré de la série, et que les 102 et 109 visent davantage le confort de voyage. Le bon choix dépend donc moins du prestige du modèle que de votre façon de naviguer. C’est précisément ce qu’il faut vérifier avant de signer une annonce.
Ce que je contrôle avant d’acheter un Biloup d’occasion
Sur le marché de 2026, les écarts de prix restent marqués. Dans les annonces de la communauté, on peut voir un Biloup 88 ancien autour de 18 000 €, un Biloup 89 de 2007 autour de 43 000 € et des unités plus grandes ou plus récentes qui montent nettement au-dessus, selon l’équipement et l’état réel. Ce sont des prix affichés, pas des vérités absolues, mais ils donnent une base utile pour ne pas se raconter d’histoires.
- Les hublots et leurs joints : sur des bateaux de cet âge, la moindre infiltration finit par coûter cher si on la laisse traîner.
- Les reprises de charge : je regarde les cadènes, le pied de mât et tout ce qui transmet les efforts du gréement à la structure.
- Les zones d’échouage : les traces sur les quilles, les semelles et les fonds racontent souvent mieux la vie du bateau que l’annonce.
- Le moteur et la transmission : heures, entretien, refroidissement, état de l’arbre ou de l’embase, tout doit être cohérent.
- L’installation électrique : batterie, charge, tableau, pompe de cale, éclairage et éventuelles modifications bricolées au fil des ans.
- Les voiles et l’accastillage : un enrouleur fatigué ou une grand-voile rincée font grimper le budget plus vite qu’on ne l’imagine.
Le piège classique, c’est d’acheter un bateau “propre” en apparence alors qu’il est simplement bien rangé pour les photos. Sur un Biloup, l’état de la structure et des étanchéités compte plus que la cosmétique. Et c’est là qu’un historique bien documenté devient vraiment précieux.
L’entretien qui fait vraiment la différence sur ce type de voilier
Je classe l’entretien d’un Biloup en quatre priorités. D’abord, tout ce qui touche à l’eau et à l’étanchéité. Ensuite, tout ce qui concerne la sécurité structurelle. Puis la motorisation, et enfin le confort. Cette hiérarchie évite de dépenser du temps et de l’argent dans des améliorations visibles alors que les sujets urgents restent sous le plancher.
- Étanchéité du pont : joints, hublots, capots et passages de pont doivent être repris proprement si besoin.
- Gréement dormant : les haubans sont les câbles qui tiennent le mât ; leur état conditionne la sérénité en navigation.
- Électricité de bord : une refonte propre vaut mieux qu’une accumulation de petites réparations mal raccordées.
- Équipements de mouillage : guindeau, ancre, chaîne et bosse de mouillage font une vraie différence dans la vie à bord.
- Améliorations utiles : panneaux solaires, ventilation, instrumentation lisible et rangements bien pensés apportent un gain concret.
Ce que j’aime dans cette logique, c’est qu’elle respecte le bateau au lieu de le travestir. Un Biloup bien entretenu reste un voilier cohérent : il accepte les années, mais pas la négligence. La dernière question devient alors très simple : pour quel programme ce bateau est-il vraiment le bon choix ?
Les quatre vérifications qui évitent une mauvaise surprise
Si je devais réduire la décision à l’essentiel, je demanderais au futur acheteur de se concentrer sur quatre points. Ce sont eux qui déterminent si le bateau sera un compagnon de croisière sain ou une source de petites dépenses permanentes.
- Le programme réel : navigation côtière, mouillage de marée, cabotage familial ou traversée plus ambitieuse ne demandent pas la même version.
- L’état structurel : la coque, les quilles, les cadènes et les zones d’infiltration doivent être cohérents et documentés.
- Le niveau d’équipement : un bateau bien équipé peut coûter plus cher à l’achat, mais il évite souvent un refit lourd après coup.
- La disponibilité d’informations : plans, manuels, retours d’expérience et historique d’entretien font une énorme différence.
Au fond, le meilleur Biloup n’est pas le plus récent ni le plus long : c’est celui dont le format correspond à votre façon de naviguer, avec une structure saine et un entretien lisible. Si ces conditions sont réunies, on tient un voilier très pertinent pour la croisière française, sobre dans ses ambitions mais remarquablement logique dans son usage.