Evasion 34 d’occasion - avis et points à vérifier avant achat

Voile blanche sur un voilier blanc, deux personnes à bord. L'évasion 34 avis, une belle journée en mer.

Écrit par

Patrick Marchand

Publié le

12 mai 2026

Table des matières

Acheter un voilier de plus de quarante ans demande de regarder au-delà du prix affiché et du charme de la timonerie. L’Evasion 34 séduit par son confort, sa stabilité et son caractère de « fifty », mais il faut aussi accepter un bateau lourd, ancien et parfois coûteux à remettre à niveau. Voici mon analyse de ses qualités en mer, de ses limites et des contrôles à effectuer avant de signer.

Un fifty confortable qui mérite une inspection sérieuse

  • Programme : croisière côtière, hauturière et vie à bord en toute saison.
  • Production : environ 180 unités construites entre 1980 et 1984.
  • Atout majeur : timonerie protégée, cockpit fermé et comportement stable.
  • Performances : bonnes dans le vent établi, plus modestes dans le petit temps.
  • Prix observés : environ 31 000 à 39 000 € pour des exemplaires présentés en France, selon l’état et l’équipement.

Un voilier Bénéteau conçu pour naviguer confortablement

Dessiné par André Bénéteau, l’Evasion 34 appartient à une génération de voiliers mixtes qui cherchent à réunir les qualités d’un voilier et celles d’un petit motor-sailer. Sa coque mesure environ 10,34 m, pour une longueur hors tout proche de 10,90 m et un bau de 3,48 m. Avec un déplacement d’environ 5,5 tonnes, ce n’est pas un bateau léger, et cette masse influence directement ses sensations à la barre.

Caractéristique Valeur indicative
Architecte André Bénéteau
Années de construction 1980 à 1984
Longueur de coque 10,34 m
Largeur 3,48 m
Déplacement Environ 5 500 kg
Voilure au près Environ 61,7 m²
Motorisation Diesel de 30 à 50 ch selon l’unité
Capacités indicatives 300 l d’eau et 200 l de carburant

Il existe toutefois plusieurs configurations, notamment en quillard, en dériveur lesté et en ketch. Le tirant d’eau peut donc varier fortement, d’environ 1,20 m dérive relevée à plus de 2 m sur certaines versions. Je conseille de vérifier la fiche du bateau convoité plutôt que de se fier à une annonce qui mélange parfois longueur hors tout, longueur de coque et tirant d’eau.

La conception reste intéressante pour qui veut naviguer avec une visibilité dégagée et un poste de barre protégé. Bénéteau présente d’ailleurs une carène aux mouvements doux et une voilure divisée qui facilite la réduction de toile. En pratique, cela donne un bateau rassurant, moins exigeant physiquement qu’un croiseur classique de la même époque.

Voile blanche gonflée, quatre personnes sur un voilier blanc naviguant sur une mer agitée. L'évasion 34 avis semble être un bon choix pour cette aventure.

Comportement en mer et performances réelles

Mon avis est assez net sur ce point. L’Evasion 34 n’est pas une machine à remonter au vent ni un voilier de petit temps, mais il devient agréable dès que le vent dépasse franchement 10 à 12 nœuds. Sa stabilité et son lest important limitent la gîte, tandis que son inertie lui permet de conserver son mouvement lorsque la mer se forme.

La vitesse critique théorique se situe autour de 7,2 nœuds, mais cette donnée ne doit pas être confondue avec une vitesse de croisière permanente. Avec un bateau chargé, des voiles anciennes et une carène pas parfaitement propre, une allure moyenne de 5 à 6 nœuds est plus représentative d’un usage courant.

Le gréement de cotre, lorsqu’il est conservé dans sa configuration d’origine, offre une certaine souplesse. On peut porter une voilure adaptée aux conditions sans manipuler une immense voile d’avant. Je trouve cette philosophie particulièrement pertinente pour un équipage réduit ou pour des propriétaires qui privilégient la sécurité des manœuvres à la recherche de quelques dixièmes de nœud.

  • Au près, le bateau est stable mais son poids se ressent dans les petits airs.
  • Au reaching, il devient plus équilibré et agréable à barrer.
  • Au portant, son déplacement et sa carène donnent une navigation confortable.
  • Au moteur, un diesel de 50 ch apporte une marge appréciable dans les courants et les ports difficiles.

Il faut donc éviter une erreur fréquente lors de l’achat. Comparer l’Evasion 34 à un croiseur moderne plus léger sur la seule base de la vitesse conduit à une conclusion injuste. Le Bénéteau mise sur la progressivité et le confort de route, pas sur les accélérations dans 6 nœuds de vent.

Une timonerie qui change vraiment la vie à bord

La principale raison de choisir ce modèle reste, à mes yeux, son aménagement. La timonerie permet de barrer à l’abri du froid, de la pluie et des embruns, tout en gardant un contact direct avec l’extérieur. Pour les navigations bretonnes, atlantiques ou hivernales, ce confort peut faire davantage de différence qu’une cabine supplémentaire.

Selon les versions, l’intérieur offre trois cabines, six à huit couchages, une salle d’eau, une cuisine et un carré transformable. La hauteur sous barrots annoncée approche 1,80 m à 1,90 m selon les documents et les aménagements. Ce n’est pas spectaculaire face à un bateau récent, mais l’espace paraît généreux grâce au volume de la coque et à la superstructure.

Le cockpit arrière fermé protège bien l’équipage au mouillage et pendant les manœuvres. En contrepartie, cette construction ajoute du poids en hauteur et peut réduire la sensation de légèreté dans les mouvements. Les propriétaires qui aiment une grande plage arrière ouverte ou une circulation très fluide sur le pont pourront trouver l’ensemble moins moderne.

Le confort dépend aussi énormément de l’entretien. Un Evasion 34 rénové avec des vitrages étanches, une sellerie saine, un chauffage fonctionnel et une installation électrique refaite peut être très agréable. Le même modèle avec des infiltrations, des boiseries fatiguées et une ventilation insuffisante deviendra rapidement un chantier plutôt qu’un bateau de croisière.

Les points faibles à contrôler avant l’achat

À cet âge, le modèle n’est pas mauvais parce qu’il est ancien. Il devient risqué lorsque son historique est flou. Je commencerais par une inspection de la structure, puis seulement par l’électronique et les équipements de confort, souvent plus faciles à remplacer.

Coque, pont et appendices

Recherchez les traces d’osmose, les réparations anciennes, les zones molles sur le pont sandwich et les infiltrations autour des cadènes, du mât et des hublots. Sur une version dériveur, le mécanisme de dérive mérite une attention particulière. Une dérive bloquée, un axe usé ou un puits déformé peuvent transformer une opération simple en réparation lourde.

Gréement et voiles

Le gréement dormant doit être examiné par un professionnel si son âge est inconnu. Vérifiez les cadènes, les sertissages, les barres de flèche et l’appui du mât sur le pont. Des voiles très anciennes peuvent encore fonctionner pour une sortie côtière, mais elles dégradent sensiblement les performances et la capacité à contrôler le bateau dans le vent fort.

Moteur et transmission

Les annonces mentionnent souvent des moteurs de 30 ou 50 ch. La puissance compte moins que l’état réel du bloc, de la ligne d’arbre, de l’échangeur, de l’échappement et du réservoir. Un essai à froid, un contrôle de fumée et une vérification de la température en charge sont indispensables. Un moteur annoncé comme fiable sans facture récente ne doit pas être valorisé comme un moteur révisé.

Lire aussi : Corsaire - Le voilier mythique analysé: Guide complet d'achat

Installations intérieures

L’électricité, le gaz, les réservoirs et les passe-coques peuvent coûter plus cher que ne le laisse penser le prix d’achat. Je vérifierais notamment le tableau électrique, les batteries, la mise à la masse, les tuyaux de gaz et l’état des vannes sous la ligne de flottaison. Sur un bateau de cette génération, l’absence de documentation est déjà une information à intégrer dans la négociation.

Les échanges de propriétaires sur Hisse Et Oh montrent bien que les avis sont partagés sur la qualité de la timonerie et sur la vocation du bateau. Certains apprécient son côté robuste et polyvalent, tandis que d’autres lui reprochent de ne pas offrir le même niveau de finition que des modèles nordiques plus spécialisés. Cette différence tient souvent à l’usage recherché, pas uniquement au bateau lui-même.

Quel budget prévoir sur le marché de l’occasion

Les annonces consultées en France placent plusieurs Evasion 34 entre 31 000 et 39 000 €, avec des écarts liés au moteur, au gréement, à l’électronique et à la qualité des rénovations. On trouve aussi des exemplaires moins chers à l’étranger, mais le transport, la fiscalité, le pavillon et les travaux peuvent rapidement effacer l’économie initiale.

Je considérerais ces montants comme des prix de présentation, pas comme une cote officielle. Deux bateaux construits la même année peuvent avoir une valeur réelle très différente. Un modèle à 35 000 € avec gréement récent, moteur suivi et carénage documenté peut être plus intéressant qu’une unité à 24 000 € nécessitant une remise à niveau complète.

Profil du bateau Lecture raisonnable du prix
À rénover Prix bas, mais réserve financière indispensable
Entretenu avec équipements anciens Zone intermédiaire, contrôle technique déterminant
Rénové et prêt à naviguer Prix supérieur justifié seulement par des factures et essais

Avant toute offre, je demanderais les factures des cinq dernières années, les dates de remplacement du gréement et des voiles, les rapports d’expertise, les preuves d’entretien moteur et l’historique des carénages. Une expertise avec mise à terre représente une dépense supplémentaire, mais elle peut éviter une mauvaise décision de plusieurs milliers d’euros.

À qui l’Evasion 34 convient vraiment

Je le recommande à un couple ou à une famille qui cherche un croiseur marin et protecteur, capable de naviguer régulièrement sans transformer chaque sortie en défi sportif. Il convient bien au cabotage prolongé, aux mouillages, aux navigations par météo changeante et aux projets de vie à bord raisonnables.

Je serais plus réservé pour un équipage qui veut régater, remonter rapidement un chenal dans le petit temps ou disposer d’un bateau très simple à manœuvrer en solitaire. Le poids, la hauteur de la superstructure et l’âge des équipements demandent une préparation sérieuse, surtout dans les ports étroits.

Au final, l’Evasion 34 est un choix cohérent lorsque l’on achète d’abord un programme de navigation confortable, puis un modèle précis. Sa valeur repose moins sur une fiche technique flatteuse que sur l’état de l’exemplaire trouvé, la qualité de son entretien et la clarté de son historique.

Questions fréquentes

L’Evasion 34 convient à la croisière côtière, hauturière et à la vie à bord en toute saison. Sa timonerie protégée, son cockpit fermé et son comportement stable sont particulièrement adaptés aux navigations par météo changeante ou au froid.

Ce voilier est plus à l’aise lorsque le vent dépasse 10 à 12 nœuds. Sa vitesse moyenne courante se situe plutôt entre 5 et 6 nœuds, tandis que ses performances sont modestes dans le petit temps en raison de son déplacement d’environ 5,5 tonnes.

Il faut inspecter la coque, le pont sandwich, les cadènes, le mât, les hublots et les éventuelles traces d’osmose ou d’infiltration. Contrôlez aussi le mécanisme de dérive selon la version, l’âge du gréement, l’état des voiles, le moteur, la ligne d’arbre, l’électricité, le gaz, les réservoirs et les passe-coques.

Les exemplaires présentés en France sont généralement affichés entre 31 000 et 39 000 €, selon leur état et leur équipement. Avant de comparer les prix, demandez les factures récentes, l’historique des carénages, l’entretien moteur et les preuves de remplacement du gréement ou des voiles.

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timonerie gréement osmose moteur evasion 34

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Patrick Marchand

Patrick Marchand

Je m'appelle Patrick Marchand et j'ai 13 ans d'expérience dans le domaine de la navigation, de la culture et de l'ingénierie maritime. Mon intérêt pour ces sujets a débuté dès mon plus jeune âge, lorsque je passais des heures à explorer les côtes et à rêver de voyages en mer. Aujourd'hui, je me consacre à partager mes connaissances et à aider les lecteurs à comprendre les enjeux complexes qui entourent notre rapport à la mer. Dans mes écrits, je m'efforce de rendre accessibles des concepts parfois difficiles, en vérifiant soigneusement mes sources et en comparant les informations pour offrir une perspective claire et précise. Je suis passionné par l'actualité maritime et je m'engage à fournir des informations utiles, exactes et à jour, afin que chacun puisse apprécier la richesse de notre patrimoine maritime et les défis de l'ingénierie qui l'accompagnent.

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