Le trimaran Flo n’est pas seulement un nom de bateau: c’est un morceau de l’histoire de la course au large, avec une vraie vie d’aujourd’hui entre mémoire, sorties en mer et sensations très concrètes. Dans cet article, je reprends son origine, ses caractéristiques utiles, ce qu’il apporte vraiment sur l’eau et la façon la plus réaliste de le vivre à bord. Si vous vous demandez ce qui distingue ce multicoque des trimarans de croisière plus sages, vous aurez ici une réponse nette et pratique.
L’essentiel à retenir sur ce trimaran de légende
- Flo est l’ex-Pierre 1er, le trimaran qui a porté Florence Arthaud à la victoire sur la Route du Rhum 1990.
- C’est un ORMA 60 pensé pour la vitesse, pas pour le confort de croisière.
- Sa plateforme très large, son mât-aile et ses trois coques expliquent ses accélérations spectaculaires.
- Le bateau a changé de vie, mais il reste un objet de course très vivant, pas une pièce de musée.
- En 2026, il est proposé pour des sorties encadrées au départ de la baie de Quiberon, avec des formats à la demi-journée, à la journée ou en privatisation.
Un bateau né pour gagner
Pour comprendre Flo, il faut repartir de son ADN. Conçu par VPLP pour Florence Arthaud, le bateau appartient à cette génération de multicoques qui a fait basculer la course au large dans une autre dimension: plus de largeur, plus de puissance, plus de vitesse, et une vraie logique de vol sur l’eau plutôt que de simple glisse. Selon VPLP, le bateau a été lancé en 1990 sous le nom de Pierre 1er, avec une coque principale en kevlar/carbone, trois safrans et une voilure pensée pour exploiter le moindre souffle.
Ce n’est pas un détail historique: cette architecture explique tout le reste. Un trimaran de ce type ne pardonne ni l’approximation dans les manœuvres ni l’excès de confiance. En revanche, bien mené, il délivre une sensation très pure de performance, celle qui a marqué toute une époque de la voile française. C’est précisément ce lien entre design et victoire qui fait encore la force du bateau aujourd’hui. Pour lire Flo correctement, il faut maintenant regarder ses chiffres, parce qu’ils racontent le bateau mieux qu’un long discours.
Les chiffres qui comptent vraiment

| Élément | Donnée | Ce que cela change sur l’eau |
|---|---|---|
| Longueur | 18,28 m | Une plateforme assez grande pour encaisser de la puissance, avec des accélérations franches. |
| Largeur | 15 m | La stabilité vient de l’écartement des coques, pas d’un comportement « doux » de voilier de croisière. |
| Catégorie | ORMA 60 | Un standard historique de trimaran de course au large, né pour la performance pure. |
| Gréement | Mât-aile et 230 m² de voilure | Le bateau transforme très vite le vent en vitesse; le réglage des voiles compte énormément. |
| Tirant d’eau | 1,54 m à 2,88 m | Une plage utile selon la configuration, mais qui ne change pas sa logique de bateau rapide. |
| Construction | Jeanneau Techniques Avancées | Un chantier habitué aux solutions techniques ambitieuses de l’époque. |
Pourquoi ce multicoque fascine encore les marins
Flo garde une place à part parce qu’il rassemble trois dimensions rares dans un seul objet. D’abord, il a une signature sportive immédiate: quand un bateau de ce gabarit accélère, on comprend en quelques secondes la logique des grandes heures ORMA. Ensuite, il porte une mémoire très forte, celle d’une victoire de Florence Arthaud qui a marqué la voile française bien au-delà du résultat sportif. Enfin, il n’a pas été figé dans le passé: sa carrière s’est prolongée, remaniée, déplacée, puis réactivée pour l’expérience embarquée.
Je préfère d’ailleurs le regarder comme un cas d’école. Face à un trimaran de croisière moderne, Flo est plus brut, plus exigeant et nettement moins indulgent. C’est un bateau qui récompense la précision, pas le confort. Pour un passionné, c’est une qualité. Pour quelqu’un qui attend une promenade paisible, c’est une erreur de casting. Cette distinction compte, parce qu’elle évite de vendre un mythe comme une simple sortie en mer. Et c’est justement ce que son usage actuel montre le mieux.
Naviguer à bord aujourd’hui
En 2026, l’intérêt de Flo ne tient pas seulement à son passé. Nautic Sport l’intègre à une offre de navigation encadrée au départ de La Trinité-sur-Mer, Quiberon ou Lorient, avec des formats pensés pour faire vivre le bateau sans le dénaturer. On n’est pas sur une location libre de voilier habitable, mais sur une expérience de course au large, avec skipper, matériel complet et capacité limitée à bord.
| Format | Navigation minimale | Prix indicatif | Capacité | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| Demi-journée | 2 heures sous voiles | 350 € par personne | 10 personnes maximum | Curieux, passionnés, cadeau ponctuel |
| Demi-journée XL | 3 h 30 sous voiles | 525 € par personne | 10 personnes maximum | Ceux qui veulent davantage de temps à la barre et aux manœuvres |
| Privatisation | Journée ou demi-journée | Sur devis | 10 personnes maximum | Groupes, séminaires, événements privés |
Il faut lire ces chiffres avec lucidité. On paie ici un bateau rare, une histoire forte et une vraie intensité de navigation, pas seulement une place sur un pont. Le format convient très bien à ceux qui veulent sentir la vitesse, participer aux manœuvres et vivre un multicoque de course dans de bonnes conditions d’encadrement. En revanche, si vous cherchez une journée de détente au sens classique, il existe des bateaux mieux adaptés. C’est précisément pour éviter cette confusion qu’il faut préparer la sortie correctement.
Comment bien préparer une sortie sans se tromper
La préparation change beaucoup l’expérience, surtout sur un bateau aussi vivant. Je conseille toujours de raisonner en termes de confort utile, pas d’équipement superflu. Le but n’est pas d’arriver chargé comme pour une croisière, mais d’être prêt pour le vent, les embruns et les changements de rythme.
- Prévoyez une veste coupe-vent légère, même par beau temps.
- Choisissez des chaussures fermées à semelle claire, qui tiennent bien sur le pont.
- Évitez les sacs encombrants; un petit sac souple suffit largement.
- Si vous êtes sensible au mal de mer, mangez léger avant d’embarquer et anticipez votre traitement habituel.
- Demandez dès le départ si la sortie vise plutôt la découverte, la vitesse ou la participation aux manœuvres.
Les erreurs les plus fréquentes sont très simples: sous-estimer le froid en mer, surestimer son confort sur un multicoque rapide, ou imaginer que tout se passe comme sur un voilier de balade. Sur Flo, le bateau accélère vite, remue l’air et l’eau, et demande une certaine disponibilité physique. C’est d’ailleurs ce qui fait sa valeur pédagogique. Il montre très concrètement ce qu’un trimaran de course peut offrir quand on l’emploie pour ce pour quoi il a été conçu. Cette lecture nous mène naturellement à ce qu’il raconte encore de la voile française.
Ce que Flo dit encore de la voile française
Flo n’est pas intéressant seulement parce qu’il a gagné. Il l’est parce qu’il relie trois histoires qui se répondent bien: l’audace technique des années ORMA, le talent de Florence Arthaud, et l’envie actuelle de transmettre la voile autrement. On voit rarement un bateau de course aussi chargé d’histoire rester exploité de manière aussi lisible et active. C’est ce qui le distingue d’un simple objet patrimonial.
Si je devais retenir une idée, ce serait celle-ci: Flo rappelle que la voile de performance n’est pas faite que de chiffres ou de trophées. Elle tient aussi à des formes, à des sensations et à des lieux. Dans la baie de Quiberon, ce trimaran continue de faire exactement ce qu’un grand bateau doit faire: attirer les regards, donner envie d’embarquer et transmettre une culture maritime vivante. Et c’est sans doute pour cela qu’il reste, encore aujourd’hui, bien plus qu’un nom célèbre sur une coque.