Choisir un First 30 ou préparer une navigation commence par une donnée simple, mais souvent mal interprétée : la génération du bateau. Je présente ici les dimensions, le déplacement, le tirant d’eau, le gréement, la motorisation et l’habitabilité des principales versions, avec les points qui changent réellement le comportement en mer.
Les chiffres à retenir avant de comparer les versions
- 9,35 m de longueur de coque pour le First 30 actuel, contre 9,81 m pour la génération 2010.
- Le modèle récent affiche 3 040 kg à vide, une largeur de 2,99 m et deux tirants d’eau disponibles.
- Son programme repose sur une coque planante, deux safrans et une certification A2/B6.
- L’autonomie annoncée atteint 40 l de carburant et 100 l d’eau douce.
- Le First 30 de 2010 est plus lourd, plus habitable et davantage orienté course-croisière classique.
Avant de lire les chiffres, identifiez la bonne génération
Le nom First 30 désigne plusieurs voiliers très différents. Le modèle historique lancé à la fin des années 1970 n’a pas la même coque que le First 30 produit autour de 2010, lui-même distinct du modèle actuel conçu avec Seascape.
La fiche officielle du First 30 actuel indique une conception par Samuel Manuard, avec Lorenzo Argento au design. La génération 2010 était signée Juan Kouyoumdjian et Michel Desjoyeaux pour l’approche technique. Cette différence d’architectes explique déjà les écarts de largeur, de poids et de comportement.
| Génération | Période | Longueur hors tout | Largeur | Déplacement annoncé | Tirant d’eau |
|---|---|---|---|---|---|
| First 30 historique | 1977 à 1981 environ | 8,95 m | 2,86 m | Environ 3 450 kg | 1,70 m |
| First 30 moderne | 2010 à 2016 | 9,81 m | 3,23 m | 3 750 kg | 1,90 m |
| First 30 actuel | Génération 2025-2026 | 9,35 m | 2,99 m | 3 040 kg à vide | 1,68 ou 1,98 m |
Je conseille donc de demander l’année de construction avant toute comparaison d’annonce. Deux bateaux portant exactement le même nom peuvent avoir des capacités, un plan de voilure et une valeur sur le marché de l’occasion complètement différents.

La fiche technique du First 30 actuel en chiffres
Le modèle récent est un voilier de 9,35 m de longueur de coque, pensé comme un cruiser rapide. Sa longueur hors tout atteint 10,33 m avec les appendices, tandis que la ligne de flottaison mesure 8,75 m. La largeur officielle est de 2,99 m, un choix qui conserve une bonne stabilité sans rendre le bateau difficile à manœuvrer au port.| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Architecte naval | Samuel Manuard |
| Longueur de coque | 9,35 m |
| Longueur hors tout | 10,33 m |
| Largeur hors tout | 2,99 m |
| Déplacement à vide | 3 040 kg |
| Déplacement MLC indiqué dans la fiche technique | 3 150 kg |
| Quille standard | 1,98 m, environ 1 070 kg |
| Quille peu profonde | 1,68 m, environ 1 320 kg |
| Tirant d’air | 14,70 m |
| Surface au près | Environ 58 m² |
| Moteur maximal | 14 CV |
| Carburant | 40 l |
| Eau douce | 100 l |
| Certification CE | A2/B6 |
La différence entre 3 040 kg à vide et 3 150 kg en condition MLC mérite de l’attention. Le premier chiffre correspond au bateau dépouillé, tandis que le second intègre une configuration de référence plus chargée. Pour estimer les performances, je retiens toujours le poids réel avec voiles, batteries, eau, équipement de sécurité et équipage.
La construction repose sur un sandwich en fibre de verre avec âme en PVC, infusion sous vide et résine vinylester. La quille en fonte à bulbe en T et les deux safrans composites favorisent le contrôle lorsque la coque accélère ou gîte fortement.
Ce que ces dimensions changent sur l’eau
Le First 30 actuel ne cherche pas seulement à être rapide au près. Sa carène large et légère vise le planing, c’est-à-dire la capacité à se soulever partiellement sur l’eau lorsque la vitesse augmente. En pratique, cette sensation dépend du vent, de l’état de la mer, du réglage des voiles et du poids embarqué.
Avec environ 58 m² de voilure au près pour un peu plus de 3 tonnes à vide, le rapport surface-poids est favorable. Le bateau peut donc accélérer dans un vent modéré, mais il demande un équipage attentif. Une grand-voile trop ouverte, un bateau trop chargé ou une mer désordonnée réduisent rapidement l’intérêt de la coque planante.
La quille standard de 1,98 m offre le meilleur potentiel au près et davantage de couple de redressement. La version de 1,68 m facilite l’accès aux ports peu profonds, mais elle implique un compromis sur le cap et la puissance disponible contre la gîte. Pour une navigation régulière en Méditerranée ou en Atlantique, je privilégierais la quille profonde, sauf contrainte réelle de tirant d’eau.La certification A2/B6 doit aussi être lue correctement. Elle indique les limites de catégorie et de charge selon la configuration homologuée, mais ne transforme pas automatiquement le bateau en voilier adapté à toutes les conditions océaniques. La préparation de l’équipage, l’équipement de sécurité et la météo restent déterminants.
Habitabilité, autonomie et motorisation
À l’intérieur, le modèle actuel propose deux cabines et un aménagement conçu pour quatre personnes. La hauteur sous barrots atteint environ 1,85 m, ce qui est appréciable sur un voilier de cette taille. La cuisine dispose d’une gazinière sur cardan, d’un espace de travail correct et d’un réfrigérateur disponible selon la configuration.Les 100 litres d’eau douce conviennent à des sorties de quelques jours, à condition de surveiller la consommation. Pour une croisière familiale prolongée, je prévoirais une gestion stricte de l’eau, surtout si la douche et le rinçage de cockpit sont utilisés fréquemment.
Le réservoir de 40 litres et le moteur de 14 CV sont cohérents avec un programme côtier. Le moteur sert surtout à entrer au port, sortir d’un mouillage ou progresser dans le calme. Ce n’est pas un bateau pensé pour parcourir de longues distances au moteur, et l’autonomie réelle dépendra fortement du régime utilisé et de la charge.
Le cockpit existe en version croisière ou régate. La première privilégie la circulation et le confort, tandis que la seconde ajoute un contrôle plus direct de l’écoute de grand-voile. Ce choix est loin d’être décoratif, car il modifie la façon de barrer, de régler et de vivre à bord.
Le First 30 de 2010 reste un cas à part
La génération produite autour de 2010 est plus longue et plus lourde. Elle mesure 9,81 m de longueur hors tout, 3,23 m de large et affiche environ 3 750 kg à vide. Son tirant d’eau maximal atteint 1,90 m, avec 30 litres de carburant et 160 litres d’eau douce.
Ce modèle offre généralement plus de volume intérieur et une orientation course-croisière très marquée. Il possède aussi un tirant d’air supérieur, annoncé à 15,53 m. En contrepartie, son poids réduit les accélérations par rapport au First 30 actuel, surtout dans le petit temps.
Sur le marché de l’occasion, je vérifierais avant tout l’état du gréement dormant, des voiles, des safrans et de la quille. Une unité de 2011 bien entretenue peut être plus intéressante qu’un bateau plus récent négligé, mais le coût d’un remplacement de voiles ou d’un gréement complet change vite l’équation financière.
Le First 30 historique des années 1970 répond encore à une logique différente. Plus étroit, plus traditionnel et doté d’un lest important, il privilégie la stabilité et la robustesse plutôt que le planing. Les données peuvent varier selon les séries et les modifications apportées au bateau, ce qui rend l’inspection de l’unité indispensable.
Quelle version choisir selon votre programme
| Programme | Version la plus cohérente | Pourquoi |
|---|---|---|
| Régate et sensations modernes | First 30 actuel | Coque légère, deux safrans, planing et gréement très polyvalent |
| Course-croisière familiale | First 30 de 2010 | Volume intérieur supérieur et capacités d’eau plus généreuses |
| Navigation classique à budget maîtrisé | First 30 historique | Prix d’achat souvent plus accessible et mécanique simple |
| Ports à faible profondeur | Version à quille peu profonde | Tirant d’eau réduit, avec un potentiel au près légèrement inférieur |
Mon choix dépendrait moins du prestige du millésime que du programme réel. Pour naviguer souvent en équipage réduit et profiter des accélérations, le modèle actuel est le plus convaincant. Pour vivre plusieurs semaines à bord, ses volumes et ses réservoirs imposent davantage de discipline qu’un croiseur plus lourd.
La bonne fiche technique est celle qui correspond à votre projet
Avant un achat ou une location, je comparerais systématiquement l’année, la quille, le déplacement réel, le plan de voilure et l’équipement inclus. Il faut aussi demander la version exacte du moteur, la présence d’un pilote automatique, l’état des voiles et la catégorie CE figurant sur les documents du bateau.
Les chiffres donnent le cadre, mais ils ne remplacent pas un essai. Une sortie par vent faible révèle l’accélération et le poids du bateau, tandis qu’un essai dans une brise plus soutenue permet de juger la maîtrise de la gîte, le travail des deux safrans et la facilité des manœuvres.