Le Biloup 109 est un croiseur biquille pensé pour naviguer sans complication inutile, avec peu de tirant d’eau, un volume intérieur sérieux et un cockpit réellement exploitable au mouillage comme en route. Dans cet article, je détaille son dessin naval, ce que la biquille change concrètement à la mer, le niveau de confort à bord et les points à contrôler avant un achat. L’objectif est simple : vous aider à voir si ce voilier correspond à une navigation familiale, côtière ou semi-hauturière en France.
Les points essentiels à retenir sur ce croiseur biquille
- Longueur hors tout de 10,98 m, largeur de 3,86 m et tirant d’eau de 1,40 m.
- Architecture pensée autour d’une biquille intégrée à la coque, avec un vrai intérêt pour l’échouage et les zones à marée.
- Volume habitable généreux pour la taille, avec 2 cabines doubles et une version 3 cabines en option.
- Motorisation annoncée à 55 ch, réservoir gasoil de 300 L et eau douce de 150 L.
- Production très limitée, avec 3 exemplaires annoncés, donc un marché d’occasion étroit et très dépendant de l’état réel du bateau.
Un croiseur biquille pensé pour la croisière familiale
Je lis ce bateau comme un voilier de programme, pas comme un exercice de style. Sa fiche technique annonce une longueur hors tout de 10,98 m, une largeur de 3,86 m, un déplacement lège de 6,5 tonnes et un tirant d’eau de 1,40 m. À cette échelle, le dessin vise clairement la croisière confortable, l’équilibre en mer et la facilité d’usage, pas la chasse au mille gagné au près.
| Donnée | Valeur | Ce que j’en retiens |
|---|---|---|
| Longueur hors tout | 10,98 m | Format facile à manœuvrer pour un équipage réduit, sans sacrifier le volume. |
| Largeur | 3,86 m | Largeur généreuse, utile pour l’habitabilité et la stabilité au mouillage. |
| Tirant d’eau | 1,40 m | Atout majeur pour les fonds peu profonds, les ports à marée et les mouillages abrités. |
| Déplacement lège | 6,5 t | Bateau plutôt porteur, rassurant, mais pas léger ni nerveux. |
| Voilure | 74 m² | Plan de voilure cohérent pour une croisière honnête, sans excès de complexité. |
| Moteur | 55 ch | Puissance adaptée à un croiseur de ce gabarit pour les entrées de port et les reprises de vitesse. |
| Réservoirs | 300 L gasoil, 150 L eau douce | Autonomie correcte pour des week-ends prolongés et des étapes côtières bien gérées. |
| Certification CE | Cat A/8 | Programme ambitieux pour un équipage limité, sous réserve de navigation raisonnée. |
| Cabines | 2 cabines doubles, 3 en option | La version standard privilégie l’espace de vie; la variante 3 cabines densifie le programme famille. |
| Hauteur sous barrot | 1,94 m | On circule debout sans se battre avec l’intérieur, ce qui change beaucoup au quotidien. |
La fiche technique diffusée au lancement annonçait une production de 3 exemplaires seulement, ce qui place ce modèle dans une logique de niche très assumée. C’est peu pour nourrir une cote standard, mais intéressant pour qui cherche un bateau identifié, cohérent et rare. Cette base technique explique déjà la suite : ce voilier n’essaie pas d’être tout à la fois, il choisit clairement le confort d’usage.

Pourquoi la biquille change la navigation
La vraie raison d’être de ce dessin, c’est la souplesse d’utilisation. Une biquille permet de poser le bateau à marée basse, d’approcher des zones peu profondes et de multiplier les mouillages où une quille profonde devient vite pénalisante. Sur un voilier de ce format, cette liberté change beaucoup la relation au littoral, surtout en Manche, en Atlantique et dans les secteurs à forts marnages.
| Critère | Biquille | Quille profonde |
|---|---|---|
| Échouage | Très favorable | Souvent contraignant, voire impossible selon le chantier |
| Accès aux zones peu profondes | Facilité réelle | Plus limité |
| Rendement au près | Souvent un peu moins incisif | Généralement meilleur |
| Stabilité au mouillage | Bonne tenue une fois posé | Dépend davantage du mouillage classique |
| Usage côtier familial | Très pertinent | Pertinent, mais moins souple |
Je préfère être clair sur ce point : une biquille n’est pas un raccourci magique vers un bateau plus performant. Elle apporte autre chose. En général, on accepte un peu plus de traînée hydrodynamique et un cap moins incisif pour gagner une exploitation plus large des fonds, des marées et des mouillages. Sur ce croiseur, c’est un compromis cohérent parce que le projet n’a jamais été celui d’un pur coureur.
Le détail intéressant, ici, est que les appendices sont intégrés dans la logique de coque plutôt que traités comme une solution de fortune. La conception vise donc la cohérence globale du bateau, pas seulement la possibilité d’échouer. C’est ce qui fait la différence entre un voilier “pratique” et un vrai croiseur biquille pensé dès le départ pour ce type d’usage. Et c’est précisément ce que l’on ressent à bord quand on passe du dessin naval à la vie quotidienne.
À bord, tout est orienté vers la vie plus que vers la démonstration
Ce que j’aime dans cette carène, c’est la façon dont l’intérieur évite l’effet tunnel. La superstructure lumineuse, le toit panoramique et le volume du carré donnent une impression d’espace supérieure à ce qu’on attend souvent d’un 11 mètres. On n’est pas dans un bateau de parade ; on est dans un bateau où l’on vit vraiment, où l’on mange, lit, prépare la route et attend une fenêtre météo sans se sentir comprimé.
Le cockpit suit la même logique. Il est large, dégagé et pensé pour circuler facilement. La barre franche, relevable contre le pataras, libère complètement l’espace quand le pilote automatique prend le relais. C’est un choix très intelligent pour la croisière, parce qu’il permet de passer d’un mode manœuvre à un mode farniente sans reconfigurer tout le poste de pilotage. La barre à roue existe en option, mais la version à barre franche conserve à mon avis une vraie cohérence d’usage.
Le poste de veille abrité est un autre détail révélateur. On comprend tout de suite que le bateau a été pensé pour des navigations où le froid, le vent ou la pluie font partie du décor. Ce n’est pas un abri gadget : c’est un espace utile qui permet de tenir la veille plus longtemps, avec l’électronique protégée et une assise tournée vers l’avant. Sur une croisière en sortie de Manche, ce genre de détail finit par compter davantage qu’un gadget de catalogue.
- Deux cabines doubles pour conserver de vrais volumes de rangement et de circulation.
- Version 3 cabines possible si l’on privilégie la capacité d’accueil sur l’espace de vie.
- Hauteur sous barrot de 1,94 m, suffisante pour ne pas transformer le carré en compromis permanent.
- 150 L d’eau douce et 300 L de gasoil, ce qui soutient des sorties de plusieurs jours sans obsession logistique.
- 74 m² de voilure, un chiffre cohérent pour un croiseur de ce déplacement, à condition d’accepter une allure posée.
Cette ergonomie ne prend tout son sens que si l’on rattache le bateau à un programme précis, ce qui m’amène au point suivant : à qui s’adresse réellement ce voilier, et dans quelles eaux il donne le meilleur de lui-même.
Pour quels programmes de navigation il prend tout son sens
Je le vois comme un excellent bateau de navigation côtière étendue, de croisière familiale et de mouillages choisis. Là où il devient intéressant, c’est quand on veut naviguer sans se priver d’escales peu profondes, entrer dans des ports plus contraints ou profiter d’une plage de marée pour poser le bateau au bon endroit. Pour les navigateurs de l’Atlantique nord et de la façade manche, c’est un vrai argument. En Méditerranée, l’intérêt existe aussi, mais il est moins évident que dans un environnement à marées.
| Programme | Pertinence | Pourquoi |
|---|---|---|
| Croisière familiale de week-end | Très bonne | Confort, simplicité d’usage et volume de vie bien calibrés. |
| Navigation à marée et échouage | Excellente | Le faible tirant d’eau et la biquille rendent ce terrain naturel. |
| Longues étapes côtières | Bonne | Autonomie correcte et cockpit protecteur, à condition d’accepter une allure de croiseur. |
| Vie à bord prolongée | Bonne à très bonne | Habitabilité sérieuse, mais il faut surveiller l’état du chauffage, de l’humidité et des équipements. |
| Régate ou recherche de performance pure | Faible | Ce n’est pas son langage ; la priorité va au confort et à la polyvalence. |
Le point à ne pas surinterpréter, c’est la certification CE Cat A/8. Elle indique un niveau de conception ambitieux, mais elle ne transforme pas le bateau en machine de grand large rapide. En pratique, cela veut surtout dire qu’on dispose d’une base sérieuse pour la croisière, à condition de rester lucide sur le poids, le plan de voilure et la logique biquille. La bonne question n’est donc pas “est-ce un bateau marin ?”, mais “est-ce le bon bateau pour la manière dont je veux naviguer ?”.
Ce qu’il faut vérifier avant d’acheter ou de refiter ce voilier
Le marché est trop étroit pour raisonner en chiffres abstraits. Avec seulement quelques unités produites, il faut juger chaque exemplaire comme une pièce unique. La valeur ne dépend pas seulement du nom du modèle, mais de l’historique réel, de l’entretien moteur, de l’état des voiles, de l’électronique et de la qualité des réparations passées. Je conseille d’être encore plus vigilant que d’habitude, justement parce qu’on a affaire à un bateau rare.
- L’état des biquilles et de leurs liaisons : je cherche les traces de talonnage, les réparations hâtives et tout signe de délaminage ou de choc sous la ligne de flottaison.
- La coque polyester : contrôle de l’osmose, des reprises de gelcoat et des éventuelles zones de fatigue autour des appendices.
- Le gréement sloop fractionné : tension des haubans, âge du dormant, état de l’enrouleur et cohérence entre mât, bastaques et chariots.
- Le moteur de 55 ch : heures, refroidissement, vibrations, entretien de l’inverseur et factures réelles, pas seulement un carnet incomplet.
- L’électronique et le poste de veille : étanchéité de la capote, lisibilité des instruments, qualité de l’implantation et protection des connexions.
- Les réserves d’eau et de carburant : propreté des cuves, odeurs, contamination possible et accessibilité des trappes d’inspection.
- Les traces de vie à bord : humidité, menuiseries, ventilation, sellerie et état des joints, parce qu’un bateau habitable se juge aussi à cela.
Pour cadrer le budget, je garde en tête un repère simple : la fiche technique diffusée au lancement annonçait une version de base autour de 150 000 € HT. Ce n’est pas une cote actuelle, mais un bon rappel du positionnement initial du bateau. En occasion, la réalité dépend beaucoup plus de l’état, du niveau d’équipement et du volume de refit que d’une grille théorique. C’est d’autant plus vrai que la rareté du modèle rend toute comparaison directe assez fragile.
Si vous devez trancher vite, ma règle est simple : je préfère un exemplaire sain, suivi et un peu sobre à un bateau très équipé mais dont l’historique reste flou. Sur un voilier aussi rare, la qualité documentaire vaut presque autant que les équipements visibles. C’est le meilleur moyen d’éviter les mauvaises surprises au moment où l’on voudra vraiment partir.
Le profil qui en profite vraiment en 2026
Je recommande ce croiseur à un navigateur qui veut un bateau marin, habitable et tolérant, avec une vraie capacité à explorer les zones à marée et les mouillages peu profonds sans se compliquer la vie. Il convient très bien à une famille, à un couple qui navigue souvent à deux ou à un propriétaire qui cherche un voilier de croisière avec un caractère bien marqué, mais sans radicalité.
En revanche, si votre priorité est la vitesse au près, la régate ou le plaisir d’un bateau très léger et très vif, il faut regarder ailleurs. Ici, la promesse est ailleurs : du volume, de la souplesse, une biquille cohérente et une vraie facilité d’usage. C’est précisément pour cela que ce type de bateau garde une identité forte, même plusieurs années après son lancement.
Si je devais résumer mon avis en une phrase, je dirais que ce voilier réussit là où beaucoup de croiseurs hésitent : il assume un programme clair, et c’est cette clarté qui en fait encore un choix crédible pour naviguer en France avec confort et liberté.