Le First 265 est l’un de ces voiliers qui laisse rarement indifférent: il navigue avec du répondant, il reste facile à comprendre pour un équipage familial, et il cache un volume intérieur plus sérieux que sa longueur ne le laisse croire. Je passe ici en revue les retours d’expérience les plus utiles, les compromis de chaque version de quille, les points à contrôler avant achat et la place réelle de ce 26 pieds sur le marché de l’occasion. L’idée est simple: savoir s’il colle à un programme de croisière côtière, ou s’il faut regarder ailleurs.
Les points à retenir avant de regarder un First 265 de près
- Le bateau a été produit à 520 exemplaires entre 1991 et 1994, avec une vraie logique de croiseur rapide.
- Les retours sont globalement favorables: bateau sain, équilibré, agréable au près et rassurant en croisière.
- Le confort est réel pour 4 personnes, mais la cabine avant et l’ergonomie de solitaire imposent des limites.
- Les versions de quille changent beaucoup le programme: tirant d’eau, accès aux zones peu profondes et niveau d’entretien.
- Sur le marché de l’occasion, l’état du gréement, de la quille et des voiles pèse plus que l’année seule.
Ce que les retours disent vraiment du First 265
Quand je lis les retours de propriétaires et les discussions de ponton, trois mots reviennent sans cesse: sain, rapide, prévisible. Le chantier le présentait d’ailleurs comme un voilier pour la famille active, avec un goût marqué pour la vitesse, et c’est exactement ce que les avis confirment le plus souvent. On ne parle pas d’un bateau spectaculaire, mais d’un voilier cohérent, qui sait avancer sans devenir exigeant.
Ce qui ressort aussi, c’est sa capacité à faire beaucoup de choses correctement sans tomber dans le compromis mou. Il peut sortir en croisière familiale, faire un peu de régate de club, et rester agréable quand la météo se tend. À mon sens, c’est là qu’il marque des points: il n’essaie pas d’être un appartement flottant, mais il ne sacrifie pas non plus la vie à bord. Cette polyvalence explique pourquoi on le voit encore bien accueilli par les plaisanciers qui aiment naviguer, pas seulement passer du temps au port.
La limite la plus souvent citée reste plus terre-à-terre: l’ergonomie de manœuvre en solitaire. Les manœuvres reviennent bien au cockpit, mais les deux winchs placés sur le rouf demandent un peu d’organisation quand on reprend les écoutes seul. Ce n’est pas un défaut rédhibitoire, seulement un rappel utile: le First 265 est pensé pour bien naviguer, pas pour tout faire tout seul sans réfléchir. C’est justement ce compromis qui éclaire son comportement sous voile.
Sous voile, un petit croiseur plus vif qu’il n’en a l’air
Le First 265 appartient clairement à la famille des croiseurs performants. Avec ses 7,93 m de coque, 2,86 m de large, environ 2 000 kg lège et 650 kg de lest, il ne joue pas dans la catégorie des bateaux lourds et lents. Son gréement fractionné et sa voilure d’environ 38,5 m² donnent un ensemble équilibré, conçu pour rester lisible quand le vent monte et pour garder une bonne tenue au cap.
En pratique, cela se traduit par un bateau qui repart bien à la toile, reste assez vivant au prés et ne donne pas l’impression de subir le clapot. Sa vitesse de carène théorique tourne autour de 6,5 nœuds, ce qui suffit à situer l’ambition: on est sur un petit voilier qui sait marcher, pas sur un croiseur familial apathique. Le bateau profite aussi d’un plan de voilure et d’une architecture qui évitent les réactions brutales. J’apprécie ce type de comportement, parce qu’il rassure l’équipage sans ennuyer le barreur.
La profondeur de quille joue évidemment un rôle. La version à 1,50 m est celle qui donne le plus de mordant au près, tandis que la version à 1,15 m privilégie un usage plus polyvalent en croisière côtière. Dans les retours de navigation, le bateau est souvent décrit comme restant sain quand le vent fraîchit, avec une bonne capacité à passer le clapot sans partir dans tous les sens. C’est un vrai argument pour un programme de Bretagne, de Méditerranée ou de navigation de week-end un peu sérieuse. Une fois ce comportement posé, la vraie question devient celle du confort à bord.

À bord, le confort est réel mais le bateau reste compact
Le First 265 surprend souvent par son volume intérieur. Avec 1,90 m de hauteur sous barrots annoncée et une largeur qui frôle 2,86 m, on n’a pas la sensation d’un bateau étriqué dès qu’on passe la descente. Le carré est clair, la circulation reste correcte, et l’ensemble donne une impression de bateau pensé pour vivre à bord quelques jours sans se battre avec chaque centimètre.
Le point fort, c’est la cabine arrière. Elle est suffisamment vaste pour faire une vraie différence sur un 26 pieds, et c’est l’un des éléments qui expliquent l’intérêt durable pour ce modèle. En contrepartie, le triangle avant devient plus modeste. Je le vois plutôt comme une couchette d’appoint pour un enfant, un invité occasionnel ou du stockage de croisière que comme une vraie cabine principale pour deux adultes sur la durée.
Le coin cuisine reste simple mais fonctionnel, la table à cartes existe encore, même si elle n’a rien d’immense, et la salle d’eau paraît généreuse pour la taille du bateau. L’ensemble respire mieux que bien des voiliers de la même génération. Les 65 litres d’eau douce rappellent cependant que l’on parle d’un bateau de croisière côtière, pas d’un programme de grande autonomie. C’est d’ailleurs ce qui le rend crédible: il promet une vie à bord honnête, pas un faux luxe. Cette cohérence se lit encore mieux quand on compare les versions disponibles.
Quillard profond, bulbe ou quille relevable
Le choix de la quille change beaucoup plus le programme qu’on ne l’imagine au premier abord. Les fiches techniques consultées donnent trois logiques de tirant d’eau: 1,50 m pour le quillard profond, 1,15 m pour la version à bulbe ou à petit tirant d’eau, et une version relevable autour de 0,84/1,85 m selon les synthèses techniques. En clair, il ne s’agit pas seulement d’un détail de fiche, mais d’un vrai filtre d’usage.
| Version | Tirant d’eau | Ce qu’elle apporte | Ce qu’elle demande |
|---|---|---|---|
| Quillard profond | 1,50 m | Meilleur cap, plus de mordant au près, comportement plus tranché | Accepter plus de contrainte dans les zones peu profondes |
| Quillard à bulbe | 1,15 m | Bon compromis pour la croisière côtière et les escales variées | Un peu moins d’accroche que la version la plus profonde |
| Quille relevable | 0,84/1,85 m | Polyvalence maximale dans les zones à marées et les mouillages contraints | Surveillance sérieuse du mécanisme, du jeu et de l’entretien |
Si je devais résumer mon avis de sélection, je dirais ceci: le quillard profond s’adresse à ceux qui veulent avant tout du cap et un comportement plus sec dans le bon sens du terme; le bulbe court vise les plaisanciers qui veulent de la souplesse sans trop perdre en tenue; la quille relevable se justifie surtout si votre terrain de jeu l’impose vraiment. Sur un bateau ancien, la mécanique de relevage ne doit jamais être achetée sur la foi d’une simple promesse. Quand une version a bougé, c’est l’état réel du système qui compte, pas l’idée qu’on s’en fait. Et c’est précisément ce point qu’il faut vérifier avant de signer.
Ce que j’inspecterais en priorité sur un exemplaire d’occasion
Sur un First 265, je commence toujours par la quille et tout ce qui lui est lié. Sur un quillard, je cherche les traces de choc, les fissures autour du puits, les défauts de carénage, les boulons de quille si le démontage a déjà été fait, et la cohérence entre l’état visible et l’historique annoncé. Sur une version relevable, j’ajoute le mécanisme de remontée, les jeux parasites, les points d’usure, les traces de corrosion et la fluidité réelle du système. C’est souvent là que se joue la différence entre un bon achat et un chantier déguisé.
Ensuite, je regarde le gréement dormant. Sur un voilier de cette génération, un jeu de haubans fatigué, des embouts marqués ou des ridoirs douteux doivent être considérés comme un poste prioritaire, pas comme un détail cosmétique. J’examine aussi les zones de pont où les efforts se concentrent, en particulier autour des winchs, des cadènes et des passages de manœuvres. Le fait que tout soit bien ramené au cockpit ne dispense pas de surveiller l’usure des pièces qui encaissent les efforts.
Le troisième bloc, ce sont les voiles et la mécanique. Un First 265 n’exprime son potentiel que si la grand-voile et le génois gardent une forme correcte. Des voiles rincées, même sur une coque saine, changent immédiatement la perception du bateau. Côté moteur, je vérifie le démarrage, le refroidissement, les vibrations, la transmission et l’accès aux pièces d’entretien. Le petit moteur inboard de cette taille peut très bien faire le travail, mais il ne doit pas être acheté à l’aveugle. Enfin, je termine par les fuites, l’électricité, les équipements de sécurité et l’état général des aménagements. Un bateau bien entretenu vieillit correctement; un bateau négligé additionne les petits défauts jusqu’à devenir lourd à remettre à niveau. C’est ce qui fait toute la différence quand on s’intéresse encore au bateau en 2026.
Ce qu’il vaut encore en 2026 pour la croisière côtière
En 2026, le First 265 garde une vraie logique d’achat pour qui cherche un voilier de croisière côtière vivant, habitable et encore raisonnable à exploiter. Sur les annonces consultées, les repères de prix tournent souvent autour de 18 000 à 25 000 €, avec des écarts nets selon l’état, la version de quille, les voiles, le moteur et les travaux récents. Un exemplaire refait proprement peut sortir de cette zone, mais ce n’est pas l’année seule qui fait la valeur: c’est la qualité du suivi.
- Je le recommande à un équipage de 2 à 4 personnes qui veut naviguer souvent et pas seulement dormir à bord.
- Je le trouve pertinent pour des sorties à la journée, des week-ends prolongés et des croisières côtières de quelques semaines.
- Je le vois comme un bon choix pour qui accepte un bateau ancien, à condition qu’il soit suivi avec rigueur.
À mes yeux, le First 265 reste une proposition très cohérente parce qu’il ne ment pas sur sa nature: c’est un petit voilier nerveux, marin, familial, avec des limites claires mais honnêtes. Bien choisi, il offre encore beaucoup de plaisir pour un budget maîtrisé; mal choisi, il rappelle vite que sur un 26 pieds ancien, la quille, le gréement et l’entretien valent plus que la brochure.