Un dériveur compact qui mise sur la simplicité et le plaisir de barre
- Format : environ 4,88 m de long pour 1,95 à 2 m de large.
- Tirant d’eau : de 20 cm dérive relevée à 1 m dérive basse.
- Programme : sorties à la journée, navigation côtière abritée, découverte et régate.
- Équipage : utilisable en solo avec la grand-voile, ou à quatre pour une promenade.
- Construction : coque en polyester, espars en bois ou en carbone selon la configuration.

Un petit voilier classique qui n’est pas un catamaran
Le nom peut prêter à confusion, mais il ne s’agit pas d’un multicoque. Le terme « Cat » renvoie ici au gréement cat-boat, c’est-à-dire la possibilité de naviguer avec une seule grand-voile. Le bateau reste un monocoque à dérive pivotante, dessiné par l’architecte naval Jacques Fauroux et lancé à la fin des années 1990.
Son style repose sur une coque en polyester, des hiloires en teck et un gréement d’inspiration traditionnelle. Le mât et la bôme peuvent être réalisés en bois, tandis que la corne et certains espars existent aussi en carbone. Cette combinaison lui donne une allure de petit classique tout en conservant un entretien plus simple que celui d’un véritable bateau ancien.
La production originelle a été associée au chantier Munster Marine en Irlande. La fabrication a ensuite été relancée en Bretagne par Carboboa Concept, avec une série restée confidentielle d’environ 60 exemplaires. Cette rareté explique pourquoi les annonces sont peu fréquentes et pourquoi l’état de chaque unité compte davantage que la seule année de construction.
Des dimensions pensées pour les petits plans d’eau
La force de ce dériveur tient à son compromis entre largeur, faible tirant d’eau et poids contenu. Il ne possède pas le volume d’un croiseur, mais son cockpit offre une vraie place pour une sortie familiale. Les données publiées varient légèrement selon les fiches et les configurations, d’où l’intérêt de vérifier les mesures du bateau convoité.
| Caractéristique | Ordre de grandeur | Ce que cela change à bord |
|---|---|---|
| Longueur hors tout | 4,85 à 4,88 m | Transport et hivernage relativement faciles |
| Largeur | 1,95 à 2 m | Cockpit stable et confortable pour une petite famille |
| Tirant d’eau | 20 cm à 1 m | Accès aux rivières, grèves et mouillages peu profonds |
| Déplacement lège | Environ 200 kg | Transportable, mais mise à l’eau parfois exigeante seul |
| Surface de voilure | Environ 17,5 à 20 m² | Bonne vivacité dans le petit temps, avec réserve de puissance |
La dérive pivotante est un vrai atout. Relevée, elle réduit le tirant d’eau à environ 20 cm, ce qui facilite l’échouage et les approches de bord. Baissée, elle apporte une meilleure accroche latérale au près, indispensable pour remonter correctement face au vent.
Le poids annoncé autour de 200 kg concerne généralement le bateau nu. Avec la remorque, les voiles, le moteur, l’armement et les accessoires, l’ensemble devient sensiblement plus lourd. Je conseille donc de ne pas confondre « transportable » avec « facile à manipuler seul ».
Comment navigue-t-il en solo et en famille
Avec la grand-voile seule, le bateau reste simple à prendre en main. Cette configuration réduit le nombre de manœuvres et convient bien à une sortie rapide sur rivière, dans le golfe du Morbihan ou sur un plan d’eau côtier abrité. Pour débuter, c’est à mes yeux la manière la plus agréable de comprendre son équilibre avant d’ajouter la voile d’avant.
Avec son gréement houari et sa surface de voile généreuse pour la taille de la coque, il peut aussi se montrer très vivant. Il démarre dans le petit temps et accepte une navigation plus sportive lorsque le vent monte. Le spi ou le gennaker apportent davantage de vitesse, mais ils demandent une bonne coordination, surtout avec un équipage peu expérimenté.
Pour une sortie à quatre
La largeur du cockpit et les bancs dégagés permettent d’embarquer quatre personnes pour une promenade à la journée. Il faut cependant rester réaliste : ce chiffre correspond à un usage diurne, avec peu de bagages et des conditions raisonnables. Il n’y a pas de cabine, de couchage ni de véritable espace protégé.
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Pour la régate
Le bateau n’est pas seulement une unité de promenade. Sa carène légère et sa voilure relativement importante lui donnent une vraie vivacité en régate. La présence d’une flotte dans le golfe du Morbihan et autour de Bréhat est un avantage pour qui souhaite progresser, trouver des conseils et naviguer dans un cadre convivial.
Je le placerais toutefois dans la catégorie des régates locales et des parcours côtiers abrités. Ce n’est pas un voilier hauturier ni un petit croiseur familial. Sa stabilité et sa sécurité dépendent fortement de la maîtrise de l’équipage, du réglage de la dérive et de la capacité à réduire la voilure au bon moment.
Ce qu’il faut vérifier avant un achat d’occasion
La coque en polyester demande généralement moins de travail qu’une construction traditionnelle en bois, mais elle n’est pas exempte de contrôles. Je commencerais par inspecter le gelcoat, les fonds, le puits de dérive et le tableau arrière. Une réparation ancienne mal réalisée peut coûter plus cher que quelques défauts esthétiques visibles.- Dérive et safran : vérifier leur fonctionnement sur toute la course, l’absence de jeu excessif et l’état des ferrures.
- Gréement dormant : examiner câbles, ridoirs, cadènes et fixations du mât.
- Espars en bois : rechercher fissures, zones molles, vernis décollé et traces d’humidité.
- Voiles : contrôler les coutures, les bandes de renfort et la tenue du tissu près des points d’écoute.
- Remorque : inspecter freins, roulements, éclairage, pneus et treuil.
- Équipement moteur : vérifier la fixation et l’état du hors-bord fourni avec le bateau.
Le mâtage mérite une attention particulière. Une personne expérimentée peut y parvenir seule avec une installation bien préparée, mais la longueur des pièces et le poids réel de l’ensemble rendent l’opération moins anodine qu’une simple mise à l’eau de dériveur léger. Sur ce point, une démonstration par le vendeur vaut mieux qu’une promesse dans l’annonce.
Pour l’entretien courant, je privilégierais un rinçage régulier, une protection des bois et une inspection annuelle des pièces d’accastillage. Le polyester pardonne beaucoup, mais les éléments en bois et les ferrures sont ceux qui vieillissent le plus visiblement et qui influencent directement la sécurité.
Quel budget prévoir et pour quel programme
Il n’existe pas de cote simple pour ce modèle produit en petit nombre. Un exemplaire d’occasion présenté par Bateaux.com avait été acheté 10 000 € avec sa remorque et son moteur, mais ce montant publié en 2023 ne constitue pas une moyenne actuelle. En 2026, le prix dépendra surtout de l’état des voiles, du gréement, de la remorque et de la qualité des éventuelles rénovations.
| Votre priorité | Le modèle est adapté si... | Il vaut mieux regarder ailleurs si... |
|---|---|---|
| Sortie familiale | Vous naviguez à la journée sur un plan d’eau abrité | Vous voulez dormir à bord ou stocker beaucoup de matériel |
| Navigation en solo | Vous acceptez de naviguer avec la grand-voile seule | Vous cherchez une mise à l’eau totalement sans effort |
| Régate | Vous aimez un bateau léger, réactif et peu courant | Vous recherchez une série très diffusée avec beaucoup d’occasion |
| Transport | Vous disposez d’un véhicule et d’un espace de stockage adaptés | Vous devez manipuler tout l’ensemble sans aide |
Son meilleur terrain reste la sortie côtière à la journée, la rivière, le golfe et les zones où la dérive relevable fait la différence. Pour une famille qui souhaite simplement profiter de la voile sans cabine ni systèmes complexes, il offre une expérience plus directe qu’un petit croiseur.
Le bon réflexe avant de prendre la mer
Avant de signer, je demanderais un essai complet avec montée et descente de la dérive, virement de bord, prise de ris et contrôle de la remorque. Le bateau doit être évalué dans la configuration où vous naviguerez réellement, car une unité légère avec un gréement bien entretenu ne donnera pas la même impression qu’un exemplaire chargé, équipé de bois fatigués et de voiles déformées.Ce dériveur séduit par une association devenue rare : une silhouette classique, une vraie simplicité d’usage et un comportement suffisamment sportif. Il ne remplace ni un catamaran de croisière ni un voilier habitable, mais pour apprendre, partager une sortie ou régater près de la côte, il constitue une option attachante et cohérente.