Berny Cat, le dériveur compact qui sait aussi régater

Un catamaran berny cat navigue sur une mer bleue, avec une voile orange et noire portant le numéro 42.

Écrit par

Théodore Duval

Publié le

15 juin 2026

Table des matières

Un petit voilier peut-il être à la fois élégant, transportable et assez vivant pour intéresser un équipage expérimenté ? Le Berny Cat répond à cette recherche avec un dériveur néo-classique de moins de 5 mètres, conçu pour les sorties à la journée, les plans d’eau peu profonds et les régates de proximité. Je présente ici ses caractéristiques, ses qualités réelles, ses limites et les points à contrôler avant un achat d’occasion.

Un dériveur compact qui mise sur la simplicité et le plaisir de barre

  • Format : environ 4,88 m de long pour 1,95 à 2 m de large.
  • Tirant d’eau : de 20 cm dérive relevée à 1 m dérive basse.
  • Programme : sorties à la journée, navigation côtière abritée, découverte et régate.
  • Équipage : utilisable en solo avec la grand-voile, ou à quatre pour une promenade.
  • Construction : coque en polyester, espars en bois ou en carbone selon la configuration.

Course de voiliers par temps clair. Un voilier avec une voile verte et beige, nommé

Un petit voilier classique qui n’est pas un catamaran

Le nom peut prêter à confusion, mais il ne s’agit pas d’un multicoque. Le terme « Cat » renvoie ici au gréement cat-boat, c’est-à-dire la possibilité de naviguer avec une seule grand-voile. Le bateau reste un monocoque à dérive pivotante, dessiné par l’architecte naval Jacques Fauroux et lancé à la fin des années 1990.

Son style repose sur une coque en polyester, des hiloires en teck et un gréement d’inspiration traditionnelle. Le mât et la bôme peuvent être réalisés en bois, tandis que la corne et certains espars existent aussi en carbone. Cette combinaison lui donne une allure de petit classique tout en conservant un entretien plus simple que celui d’un véritable bateau ancien.

La production originelle a été associée au chantier Munster Marine en Irlande. La fabrication a ensuite été relancée en Bretagne par Carboboa Concept, avec une série restée confidentielle d’environ 60 exemplaires. Cette rareté explique pourquoi les annonces sont peu fréquentes et pourquoi l’état de chaque unité compte davantage que la seule année de construction.

Des dimensions pensées pour les petits plans d’eau

La force de ce dériveur tient à son compromis entre largeur, faible tirant d’eau et poids contenu. Il ne possède pas le volume d’un croiseur, mais son cockpit offre une vraie place pour une sortie familiale. Les données publiées varient légèrement selon les fiches et les configurations, d’où l’intérêt de vérifier les mesures du bateau convoité.

Caractéristique Ordre de grandeur Ce que cela change à bord
Longueur hors tout 4,85 à 4,88 m Transport et hivernage relativement faciles
Largeur 1,95 à 2 m Cockpit stable et confortable pour une petite famille
Tirant d’eau 20 cm à 1 m Accès aux rivières, grèves et mouillages peu profonds
Déplacement lège Environ 200 kg Transportable, mais mise à l’eau parfois exigeante seul
Surface de voilure Environ 17,5 à 20 m² Bonne vivacité dans le petit temps, avec réserve de puissance

La dérive pivotante est un vrai atout. Relevée, elle réduit le tirant d’eau à environ 20 cm, ce qui facilite l’échouage et les approches de bord. Baissée, elle apporte une meilleure accroche latérale au près, indispensable pour remonter correctement face au vent.

Le poids annoncé autour de 200 kg concerne généralement le bateau nu. Avec la remorque, les voiles, le moteur, l’armement et les accessoires, l’ensemble devient sensiblement plus lourd. Je conseille donc de ne pas confondre « transportable » avec « facile à manipuler seul ».

Comment navigue-t-il en solo et en famille

Avec la grand-voile seule, le bateau reste simple à prendre en main. Cette configuration réduit le nombre de manœuvres et convient bien à une sortie rapide sur rivière, dans le golfe du Morbihan ou sur un plan d’eau côtier abrité. Pour débuter, c’est à mes yeux la manière la plus agréable de comprendre son équilibre avant d’ajouter la voile d’avant.

Avec son gréement houari et sa surface de voile généreuse pour la taille de la coque, il peut aussi se montrer très vivant. Il démarre dans le petit temps et accepte une navigation plus sportive lorsque le vent monte. Le spi ou le gennaker apportent davantage de vitesse, mais ils demandent une bonne coordination, surtout avec un équipage peu expérimenté.

Pour une sortie à quatre

La largeur du cockpit et les bancs dégagés permettent d’embarquer quatre personnes pour une promenade à la journée. Il faut cependant rester réaliste : ce chiffre correspond à un usage diurne, avec peu de bagages et des conditions raisonnables. Il n’y a pas de cabine, de couchage ni de véritable espace protégé.

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Pour la régate

Le bateau n’est pas seulement une unité de promenade. Sa carène légère et sa voilure relativement importante lui donnent une vraie vivacité en régate. La présence d’une flotte dans le golfe du Morbihan et autour de Bréhat est un avantage pour qui souhaite progresser, trouver des conseils et naviguer dans un cadre convivial.

Je le placerais toutefois dans la catégorie des régates locales et des parcours côtiers abrités. Ce n’est pas un voilier hauturier ni un petit croiseur familial. Sa stabilité et sa sécurité dépendent fortement de la maîtrise de l’équipage, du réglage de la dérive et de la capacité à réduire la voilure au bon moment.

Ce qu’il faut vérifier avant un achat d’occasion

La coque en polyester demande généralement moins de travail qu’une construction traditionnelle en bois, mais elle n’est pas exempte de contrôles. Je commencerais par inspecter le gelcoat, les fonds, le puits de dérive et le tableau arrière. Une réparation ancienne mal réalisée peut coûter plus cher que quelques défauts esthétiques visibles.
  • Dérive et safran : vérifier leur fonctionnement sur toute la course, l’absence de jeu excessif et l’état des ferrures.
  • Gréement dormant : examiner câbles, ridoirs, cadènes et fixations du mât.
  • Espars en bois : rechercher fissures, zones molles, vernis décollé et traces d’humidité.
  • Voiles : contrôler les coutures, les bandes de renfort et la tenue du tissu près des points d’écoute.
  • Remorque : inspecter freins, roulements, éclairage, pneus et treuil.
  • Équipement moteur : vérifier la fixation et l’état du hors-bord fourni avec le bateau.

Le mâtage mérite une attention particulière. Une personne expérimentée peut y parvenir seule avec une installation bien préparée, mais la longueur des pièces et le poids réel de l’ensemble rendent l’opération moins anodine qu’une simple mise à l’eau de dériveur léger. Sur ce point, une démonstration par le vendeur vaut mieux qu’une promesse dans l’annonce.

Pour l’entretien courant, je privilégierais un rinçage régulier, une protection des bois et une inspection annuelle des pièces d’accastillage. Le polyester pardonne beaucoup, mais les éléments en bois et les ferrures sont ceux qui vieillissent le plus visiblement et qui influencent directement la sécurité.

Quel budget prévoir et pour quel programme

Il n’existe pas de cote simple pour ce modèle produit en petit nombre. Un exemplaire d’occasion présenté par Bateaux.com avait été acheté 10 000 € avec sa remorque et son moteur, mais ce montant publié en 2023 ne constitue pas une moyenne actuelle. En 2026, le prix dépendra surtout de l’état des voiles, du gréement, de la remorque et de la qualité des éventuelles rénovations.

Votre priorité Le modèle est adapté si... Il vaut mieux regarder ailleurs si...
Sortie familiale Vous naviguez à la journée sur un plan d’eau abrité Vous voulez dormir à bord ou stocker beaucoup de matériel
Navigation en solo Vous acceptez de naviguer avec la grand-voile seule Vous cherchez une mise à l’eau totalement sans effort
Régate Vous aimez un bateau léger, réactif et peu courant Vous recherchez une série très diffusée avec beaucoup d’occasion
Transport Vous disposez d’un véhicule et d’un espace de stockage adaptés Vous devez manipuler tout l’ensemble sans aide

Son meilleur terrain reste la sortie côtière à la journée, la rivière, le golfe et les zones où la dérive relevable fait la différence. Pour une famille qui souhaite simplement profiter de la voile sans cabine ni systèmes complexes, il offre une expérience plus directe qu’un petit croiseur.

Le bon réflexe avant de prendre la mer

Avant de signer, je demanderais un essai complet avec montée et descente de la dérive, virement de bord, prise de ris et contrôle de la remorque. Le bateau doit être évalué dans la configuration où vous naviguerez réellement, car une unité légère avec un gréement bien entretenu ne donnera pas la même impression qu’un exemplaire chargé, équipé de bois fatigués et de voiles déformées.

Ce dériveur séduit par une association devenue rare : une silhouette classique, une vraie simplicité d’usage et un comportement suffisamment sportif. Il ne remplace ni un catamaran de croisière ni un voilier habitable, mais pour apprendre, partager une sortie ou régater près de la côte, il constitue une option attachante et cohérente.

Questions fréquentes

Le Berny Cat est un monocoque à dérive pivotante. Le terme « Cat » désigne son gréement cat-boat, qui permet de naviguer avec une seule grand-voile.

Avec la dérive relevée, son tirant d’eau est d’environ 20 cm, ce qui facilite l’accès aux grèves, rivières et mouillages peu profonds. Dérive basse, il atteint environ 1 m et remonte mieux au près.

Le cockpit permet d’embarquer jusqu’à quatre personnes pour une sortie à la journée, avec peu de bagages et par conditions raisonnables. En solo, la grand-voile seule simplifie les manœuvres et la prise en main.

Il faut inspecter le gelcoat, les fonds, le puits de dérive, le tableau arrière, la dérive, le safran, le gréement dormant, les espars en bois, les voiles et la remorque. Un essai complet avec manœuvre de la dérive, virement de bord et prise de ris permet aussi d’évaluer l’état réel du bateau.

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dériveurs régate voiliers transportables berny cat dérive pivotante

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Théodore Duval

Théodore Duval

Je m'appelle Théodore Duval et j'ai trois ans d'expérience dans le domaine de la navigation, de la culture et de l'ingénierie maritime. Mon intérêt pour ces sujets a commencé dès mon plus jeune âge, lorsque je passais des heures à explorer les côtes et à m'émerveiller devant la complexité des navires. Ce qui me passionne, c'est d'expliquer les enjeux liés à la mer et aux technologies maritimes, tout en rendant ces thèmes accessibles à tous. Au fil de mes expériences, j'ai développé une approche rigoureuse pour vérifier les sources et comparer les informations. J'aime simplifier des sujets parfois complexes et suivre les tendances actuelles pour offrir un contenu utile, précis et à jour. Je m'efforce de partager mes connaissances de manière claire, afin d'aider mes lecteurs à mieux comprendre les défis et les opportunités du monde maritime.

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