Voilier Souriceau 4,75 m - peut-on vraiment croiser à deux ?

Trois versions du voilier Souriceau 4.75m : standard, dériveur rétractable, ou quille en V.

Écrit par

Théodore Duval

Publié le

8 août 2026

Table des matières

Un petit voilier peut-il réellement offrir une expérience de croisière, voire affronter des navigations ambitieuses ? Le Souriceau 4,75 m répond par une conception étonnante, avec une quille relevable, un pont fermé et un aménagement pensé pour deux personnes. Je détaille ici ses caractéristiques, ses usages réels, ses limites et les points à vérifier avant de se lancer dans une construction ou un achat.

L’essentiel à retenir sur ce micro-croiseur en bois

  • Conception : un petit croiseur dessiné par l’architecte naval Éric Henseval.
  • Dimensions : 4,75 m de coque, 2,20 m de large et environ 530 à 580 kg selon la configuration.
  • Particularité : une quille relevable offrant un tirant d’eau réduit d’environ 0,57 m.
  • Programme : cabotage, raids côtiers et micro-croisière à deux, avec un confort volontairement minimaliste.
  • Construction : contreplaqué époxy, principalement destinée à la construction amateur sur plans.
  • Limite majeure : son faible volume intérieur et son comportement de petit bateau exigent une vraie expérience de la mer.

Trois versions du voilier Souriceau 4.75m : standard, dériveur, ou quillard. Choisissez votre configuration idéale !

Un voilier de 4,75 m conçu pour naviguer autrement

Le voilier Souriceau est un micro-croiseur en contreplaqué époxy imaginé par Éric Henseval au début des années 2000. Sa coque mesure 4,75 m, pour une longueur hors tout proche de 5 m et une largeur généreuse de 2,20 m. Cette largeur lui apporte une bonne stabilité initiale, mais elle contribue aussi à son allure atypique et à une certaine raideur dans les mouvements.

Ce qui m’intéresse le plus dans ce bateau, ce n’est pas seulement sa petite taille. C’est la manière dont le concepteur a essayé de transformer un volume très réduit en véritable plateforme de croisière. Le pont fermé, les deux postes de barre et la possibilité de manœuvrer depuis l’intérieur montrent une priorité claire, rester protégé lorsque la météo se dégrade.

Le projet a été présenté comme un bateau capable de s’aventurer au large, mais cette ambition doit être comprise avec prudence. Un bateau de moins de 5 m peut réaliser des navigations remarquables avec un équipage préparé, cependant il reste soumis à des mouvements rapides, à un espace restreint et à une faible capacité d’emport.

Une fiche technique à lire avec attention

Caractéristique Valeur indicative
Longueur de coque 4,75 m
Largeur maximale 2,20 m
Tirant d’eau Environ 0,57 m à 1,30 ou 1,35 m
Déplacement Environ 530 à 580 kg selon l’équipement
Lest Environ 120 à 140 kg
Surface de voilure au près Environ 18 m²
Couchettes 2
Propulsion auxiliaire Hors-bord

Les chiffres varient légèrement selon les fiches et les versions. Je retiendrais donc des fourchettes plutôt qu’une valeur unique, surtout pour le poids, le lest et le tirant d’eau. Sur un bateau aussi léger, quelques dizaines de kilos d’équipement changent sensiblement l’assiette et le comportement sous voile.

La quille relevable change vraiment son programme

La quille relevable est l’élément qui donne au Souriceau une grande partie de son intérêt. Relevée, elle permet d’approcher une plage, de remonter une rivière maritime ou de mettre le bateau à l’eau dans une zone peu profonde. Baissée, elle augmente la profondeur du plan antidérive et améliore la tenue du cap.

Le système n’a rien d’un gadget. Avec un tirant d’eau réduit à environ 0,57 m, le bateau peut explorer des mouillages inaccessibles à de nombreux croiseurs de taille supérieure. En contrepartie, il faut surveiller le mécanisme, les articulations, le lest et les éventuelles infiltrations autour du puits de quille.

Quille relevable ou biquille

Le projet a existé avec plusieurs configurations, notamment une quille verticale relevable et une version à biquille. La première offre généralement un plan antidérive plus efficace lorsqu’elle est complètement descendue. La seconde peut simplifier l’échouage, mais elle modifie les sensations à la barre et la manière dont le bateau se comporte dans la brise.

Pour une navigation dans les pertuis, les estuaires et les baies peu profondes, le faible tirant d’eau est un avantage concret. Pour les longues étapes exposées, je donnerais davantage de poids à la fiabilité du système de quille et à la qualité de sa maintenance qu’à la seule possibilité de gagner quelques centimètres.

À quoi peut-on réellement l’utiliser en France

Le programme le plus cohérent est celui d’une micro-croisière côtière à deux. Le bateau peut convenir à un couple ou à un navigateur solitaire qui accepte de vivre simplement, avec peu de rangements et une organisation très rigoureuse à bord.

  • Croisière côtière de quelques jours dans des zones abritées.
  • Raid nautique avec nuits au mouillage ou dans de petits ports.
  • Navigation fluvio-maritime lorsque le plan d’eau et la réglementation l’autorisent.
  • Apprentissage avancé de la météo, du réglage des voiles et de la gestion de l’autonomie.
  • Projet de construction amateur pour un marin attiré par le bois et la personnalisation.

Sa fiche le rattache à la catégorie de conception C, ce qui correspond à une navigation dans des conditions côtières, avec des vents et une mer modérés. Cette classification ne doit pas être confondue avec une autorisation générale de traverser l’Atlantique ou de partir dans n’importe quelle météo.

Des navigations hauturières ont été associées à ce modèle, et une traversée océanique a même servi de démonstration de ses possibilités. Cela prouve surtout ce qu’un équipage expérimenté peut accomplir avec une préparation exceptionnelle. Pour un propriétaire débutant, le programme raisonnable reste le cabotage bien préparé, avec échappatoires et abris identifiés.

Un intérieur ingénieux mais très éloigné d’un croiseur classique

À l’intérieur, on trouve deux couchettes, une petite cuisine et une table à cartes. La hauteur sous barrots tourne autour de 1,22 à 1,25 m, ce qui permet de s’asseoir et de se déplacer partiellement, mais pas de vivre debout comme dans un voilier familial.

Le poste de barre intérieur est une idée particulièrement pertinente pour ce type de bateau. Il protège le navigateur des embruns et permet de conserver un minimum de confort dans le mauvais temps. En revanche, la visibilité, la ventilation et l’accès aux manœuvres doivent être contrôlés sur l’exemplaire considéré, car ces détails comptent davantage que la simple présence d’un poste intérieur.

Ce qu’il faut accepter à bord

La vie à deux demande une discipline presque militaire. Les vêtements mouillés, la nourriture, l’eau douce et le matériel de sécurité occupent rapidement les quelques volumes disponibles. J’ai toujours tendance à considérer la capacité de rangement comme le vrai facteur limitant des micro-croiseurs, bien avant la place pour dormir.

Le cockpit est surtout adapté au beau temps. Par mer formée, la protection du poste intérieur devient précieuse, mais elle ne transforme pas le bateau en salon flottant. Il faut prévoir des sacs étanches, limiter les objets mobiles et conserver un accès immédiat à la VHF, au moyen de remontée à bord et aux équipements de sécurité.

Construire ou acheter un exemplaire demande une vérification sérieuse

Le Souriceau a été pensé pour la construction amateur en contreplaqué époxy, avec des plans et, selon les versions, des fichiers de découpe numérique. Cette méthode peut réduire le coût de la main-d’œuvre, mais elle ne rend pas le projet bon marché pour autant.

Le budget dépend du prix des plans, du bois, de l’époxy, de l’accastillage, du gréement, du moteur, de l’électronique et du temps passé. Je me méfierais d’une estimation basée uniquement sur le prix de la coque. Sur un petit voilier, le gréement, la quille, les voiles et les équipements de sécurité peuvent représenter une part très importante du budget final.

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Les points à contrôler sur un bateau existant

  • Coque : cloques, délamination, zones molles et état des joints époxy.
  • Quille : jeu anormal, corrosion, fissures, état du puits et fonctionnement sur toute la course.
  • Structure : varangues, cloisons, cadènes et points de reprise des efforts.
  • Gréement : âge des câbles, état du mât, des ridoirs et des voiles.
  • Électricité : installation protégée, batterie fixée et panneaux solaires correctement intégrés.
  • Papiers : conformité, catégorie de conception, déclaration de construction et historique des travaux.

Le bois époxy vieillit bien lorsque l’eau ne s’installe pas dans les assemblages. Une inspection par un professionnel connaissant les constructions bois vaut donc largement son coût, surtout autour du puits de quille et des cadènes. Une belle peinture peut masquer des réparations anciennes, mais elle ne remplace jamais un contrôle structurel.

Ses qualités face à ses limites

Atouts Limites
Faible tirant d’eau et accès à des mouillages peu profonds Manœuvres de quille à entretenir et à contrôler régulièrement
Deux couchettes et protection intérieure Volume habitable très réduit, surtout à deux
Construction bois personnalisable Qualité finale très dépendante du constructeur
Transport et mise à l’eau plus simples qu’avec un croiseur classique Confort limité par rapport à un bateau de 7 à 8 m
Programme original de raid et de micro-croisière Comportement plus exigeant dans une mer courte et formée

Le Souriceau n’est donc pas un petit voilier familial qui aurait été simplement raccourci. C’est un bateau spécialisé, pensé pour des marins qui privilégient l’accès aux petits mouillages, la simplicité et l’aventure plutôt que l’espace et le confort.

Je le recommanderais à un navigateur autonome, soigneux et réaliste sur son programme. Je serais beaucoup plus réservé pour une première acquisition sans expérience de la météo, des manœuvres de port et de la maintenance d’une quille relevable.

Le bon choix dépend surtout du programme de navigation

Le Souriceau 4,75 m a du sens si l’objectif est de naviguer léger, de construire soi-même et d’explorer les côtes françaises avec un bateau peu profond et très personnel. Il devient moins pertinent dès que l’on recherche de longs séjours confortables, une grande autonomie ou une navigation hauturière régulière.

Avant de signer pour les plans ou un exemplaire d’occasion, je commencerais par définir trois éléments très concrets, le nombre de nuits à bord, les zones fréquentées et le niveau de mer accepté. Ces réponses permettent de vérifier si le bateau correspond réellement au projet, au lieu de se laisser séduire par son apparence originale.

Bien préparé et correctement entretenu, ce micro-croiseur peut offrir des navigations remarquables. Sa vraie force n’est pas de rivaliser avec les grands voiliers, mais de rendre accessibles des itinéraires où la simplicité, le faible tirant d’eau et l’attention portée aux conditions font toute la différence.

Questions fréquentes

Le tirant d’eau est d’environ 0,57 m quille relevée, contre 1,30 à 1,35 m lorsqu’elle est abaissée. Cette configuration facilite l’accès aux mouillages peu profonds, mais le puits, les articulations, le lest et les éventuelles infiltrations doivent être régulièrement contrôlés.

Son programme le plus cohérent est la micro-croisière côtière à deux, les raids nautiques et la navigation dans des zones abritées. Sa catégorie de conception C correspond à des conditions côtières avec vents et mer modérés, et ne constitue pas une autorisation générale pour les traversées hauturières.

L’aménagement comprend deux couchettes, une petite cuisine, une table à cartes et un poste de barre intérieur. Avec une hauteur sous barrots d’environ 1,22 à 1,25 m et peu de rangements, la vie à deux exige une organisation stricte pour les vêtements, l’eau, la nourriture et le matériel de sécurité.

Inspectez la coque, les joints époxy, les zones molles, le puits et le mécanisme de quille, puis les varangues, cloisons, cadènes, mât, câbles, ridoirs, voiles et installation électrique. Vérifiez aussi les papiers, la catégorie de conception et l’historique des travaux, idéalement avec un professionnel habitué aux constructions en bois.

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quille relevable contreplaqué époxy cabotage micro-croiseur construction amateur

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Théodore Duval

Théodore Duval

Je m'appelle Théodore Duval et j'ai trois ans d'expérience dans le domaine de la navigation, de la culture et de l'ingénierie maritime. Mon intérêt pour ces sujets a commencé dès mon plus jeune âge, lorsque je passais des heures à explorer les côtes et à m'émerveiller devant la complexité des navires. Ce qui me passionne, c'est d'expliquer les enjeux liés à la mer et aux technologies maritimes, tout en rendant ces thèmes accessibles à tous. Au fil de mes expériences, j'ai développé une approche rigoureuse pour vérifier les sources et comparer les informations. J'aime simplifier des sujets parfois complexes et suivre les tendances actuelles pour offrir un contenu utile, précis et à jour. Je m'efforce de partager mes connaissances de manière claire, afin d'aider mes lecteurs à mieux comprendre les défis et les opportunités du monde maritime.

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