Un petit voilier peut afficher des qualités très différentes selon son tirant d’eau, son lest et l’état de son gréement. L’ETAP 23 reste intéressant pour qui cherche un croiseur côtier compact, habitable à quatre et capable d’accéder à des zones peu profondes. Voici sa fiche technique, ses performances attendues, ses limites et les points à contrôler avant un achat en France.
Les repères essentiels sur l’ETAP 23
- Longueur hors tout : 7,38 m, pour une largeur de 2,50 m.
- Déplacement : environ 1 506 kg, dont près de 470 kg de lest.
- Tirant d’eau variable : environ 0,70 à 0,79 m quille relevée, jusqu’à 1,45 à 1,55 m quille basse.
- Gréement : sloop fractionné, avec une surface vélique publiée autour de 17,7 à 19,9 m² selon la méthode de calcul.
- Programme : croisière côtière, cabotage et navigation sur lac ou plan d’eau abrité.
Une fiche technique cohérente pour un petit croiseur polyvalent
Dessiné par Jacques de Ridder et construit par le chantier belge ETAP Yachting, l’ETAP 23 a été produit principalement entre 1982 et 1989. Ce n’est donc plus un bateau récent, mais sa conception répond encore à une vraie demande : disposer d’un voilier transportable, habitable et capable de varier son tirant d’eau.
| Caractéristique | Valeur indicative |
|---|---|
| Longueur hors tout | 7,38 m |
| Longueur à la flottaison | 5,79 m |
| Largeur maximale | 2,50 m |
| Déplacement | Environ 1 506 kg |
| Lest | Environ 470 kg |
| Tirant d’eau quille relevée | Environ 0,70 à 0,79 m |
| Tirant d’eau quille basse | Environ 1,45 à 1,55 m |
| Type de coque | Monocoque en fibre de verre |
| Type de gréement | Sloop fractionné |
| Motorisation habituelle | Petit moteur hors-bord |
Les valeurs diffèrent légèrement selon les fiches, notamment pour le tirant d’eau et la surface de voilure. Sailboatdata indique par exemple 1,55 m quille basse, tandis que certaines annonces parlent plutôt de 1,45 m. Cette variation peut venir de la méthode de mesure, du modèle exact ou de la position réelle du lest relevable. Sur un bateau d’occasion, je me fie toujours à la mesure du bateau inspecté plutôt qu’à un chiffre isolé.
Quille relevable et construction double peau
La quille relevable est l’élément qui donne à l’ETAP 23 son intérêt principal. Une fois remontée, elle permet d’approcher une plage, de mouiller dans une faible profondeur ou de faciliter la mise à l’eau. Une fois descendue, elle fournit le lest et la stabilité nécessaires à une navigation côtière normale.
Le système n’est pas magique pour autant. Le mécanisme de relevage est un point critique sur un exemplaire ancien. Il faut examiner la quille, son axe, son puits, le câble ou la tringlerie, ainsi que les traces d’infiltration autour du système. Une manœuvre dure, des bruits métalliques ou une quille qui ne se bloque pas correctement doivent pousser à demander un contrôle professionnel.
La coque en fibre de verre à double peau, associée à une âme en mousse à cellules fermées selon les descriptions disponibles, participe à la réputation de sécurité du modèle. Cette construction est souvent présentée comme insubmersible en cas d’envahissement, mais elle ne dispense pas de contrôler les passe-coques, les bouchains, les cloisons et les éventuelles réparations anciennes.
En pratique, je considère cette architecture comme un avantage pour la croisière familiale. Elle apporte une sensation de sécurité appréciable, mais elle peut aussi compliquer la détection d’humidité ou l’accès à certaines zones techniques. Une inspection soigneuse reste indispensable, surtout après plusieurs décennies de service.
Gréement, voilure et comportement sous voile
L’ETAP 23 reçoit un sloop fractionné, c’est-à-dire un gréement où l’étai avant ne monte pas jusqu’au sommet du mât. Cette configuration permet une bonne maîtrise du plan de voilure et facilite généralement la réduction de la grand-voile lorsque le vent fraîchit.
Les données de gréement couramment publiées donnent un mât d’environ 7,25 m de guindant avant, une base de triangle avant proche de 2,47 m et une grand-voile dont la chute atteint environ 7,38 m. La surface annoncée varie selon les sources, de 17,65 m² à près de 19,9 m² pour la grand-voile et le génois réunis.
- Grand-voile : environ 10,9 m² dans les configurations courantes.
- Foc ou génois à 100 % : environ 9 m².
- Voilure au près : autour de 19 à 20 m² selon le plan de voilure retenu.
Avec un déplacement d’environ 1,5 tonne, le bateau n’est pas un dériveur léger. Sa vitesse théorique de coque se situe autour de 5,8 nœuds, ce qui donne un bon ordre de grandeur pour la croisière. Je ne chercherais pas à le faire planer ni à lui attribuer des performances de régate. Son intérêt se trouve plutôt dans une allure régulière, une bonne stabilité et une navigation confortable par vent modéré.
Le bilan réel dépendra beaucoup de l’état des voiles. Un vieux génois déformé, un mât mal réglé ou un gréement dormant fatigué peuvent faire croire que le bateau est lent alors que le problème vient de l’équipement. Avant de juger la carène, je contrôlerais donc la tension du gréement, la forme des voiles et la liberté de fonctionnement de la quille.
Habitabilité et programme de navigation
À l’intérieur, l’ETAP 23 propose généralement quatre couchages, avec une couchette double à l’avant et deux banquettes dans le carré. L’aménagement comprend aussi un petit espace cuisine, une table à cartes et des toilettes installées vers l’avant selon les configurations.
Cette capacité convient à une famille pour un week-end ou à deux adultes pour une croisière de plusieurs jours. En revanche, le volume de rangement reste limité. Quatre personnes, leurs vêtements, l’eau, la nourriture et le matériel de sécurité remplissent vite le bateau. Pour moi, il faut considérer le quatrième couchage comme une possibilité ponctuelle, pas comme une promesse de confort équivalent à celle d’un croiseur de 26 ou 27 pieds.
Le faible tirant d’eau quille relevée ouvre des programmes intéressants dans les pertuis, les estuaires et certaines zones de Bretagne ou de Méditerranée. Il faut cependant tenir compte de la météo, du clapot et des courants. Une quille relevée réduit la profondeur disponible sous la coque, mais elle ne transforme pas l’ETAP 23 en bateau amphibie.
La motorisation habituelle est un hors-bord installé dans un puits arrière. Une puissance de quelques chevaux suffit souvent aux manœuvres de port, mais le choix dépend de l’état de charge, du courant et du programme. Un moteur de 4 à 6 ch peut être pratique pour un usage côtier tranquille, tandis qu’un moteur plus puissant ajoute du poids et ne compense pas une mauvaise préparation du bateau.
Les points à contrôler avant d’acheter un ETAP 23
Un exemplaire bien suivi peut rester une plateforme de croisière très attachante. L’âge du modèle impose toutefois de raisonner en coût global. Le prix d’achat n’est qu’une partie de l’équation si le gréement, la quille ou le moteur doivent être remis à niveau.
La quille et son mécanisme
Je commencerais par vérifier que la quille monte et descend sans point dur. Il faut rechercher les jeux anormaux, les fissures autour du puits, les anciennes réparations et la corrosion des pièces métalliques. Une quille relevable mal entretenue peut devenir le poste de dépense principal.
La coque et le pont
Le double revêtement ne doit pas conduire à négliger les contrôles classiques. Inspectez les cadènes, le pied de mât, les chandeliers, les hublots, les passe-coques et les zones de pont soumises aux efforts. Une réparation visible n’est pas forcément inquiétante, à condition qu’elle soit documentée et correctement réalisée.
Le gréement dormant
Sur un bateau des années 1980, l’âge des haubans et de l’étai compte davantage que leur aspect brillant. Recherchez les torons cassés, les sertissages marqués, les ridoirs grippés et les traces de rouille. Si l’historique est inconnu, il est prudent de prévoir un contrôle du gréement par un professionnel.
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Le moteur et la remorque
Le hors-bord doit démarrer à froid, refroidir correctement et passer les rapports sans difficulté. Pour la remorque, vérifiez le PTAC, l’état des essieux, des freins, des pneus et de la tête d’attelage. Avec un bateau d’environ 1 500 kg avant ajout des équipements, le transport routier demande une vraie vérification administrative et technique.
Ce que l’ETAP 23 vaut réellement en 2026
Je vois l’ETAP 23 comme un choix pertinent pour un plaisancier qui privilégie la polyvalence à la vitesse pure. Sa quille relevable, sa construction robuste et ses quatre couchages forment un ensemble cohérent pour le cabotage, les escales courtes et la navigation sur plan d’eau abrité.
Il faut simplement acheter l’état du bateau, pas seulement son nom. Un modèle avec voiles récentes, gréement contrôlé, mécanisme de quille révisé et moteur fiable peut être bien plus intéressant qu’un exemplaire moins cher mais immobilisé par plusieurs travaux lourds.
Enfin, prenez soin de distinguer l’ETAP 23 des versions 23i et 23iL. Ces modèles proches portent des caractéristiques différentes, notamment en longueur, en tirant d’eau et en surface de voilure. Cette vérification évite de comparer une annonce avec la mauvaise fiche technique et permet de chiffrer correctement les pièces, les voiles et la remorque nécessaires.