Le First 24 est un petit voilier qui oblige à regarder les chiffres avec soin: selon que l’on parle du modèle historique ou de la version contemporaine, la coque, le poids et l’usage visé ne racontent pas la même histoire. Ici, je reprends la fiche technique utile pour comprendre ses vraies dimensions, son plan de voilure, son tirant d’eau et ce que cela change sur l’eau. L’idée est simple: vous aider à lire ce bateau comme un marin, pas comme un catalogue.
Les points essentiels à retenir sur le First 24
- Le nom couvre deux générations: un First 24 historique des années 1980 et un First 24 SE actuel, plus léger et plus sportif.
- Le modèle ancien mesure 7,50 m pour environ 1 634 kg, avec une quille pivotante et une vraie vocation de petit croiseur côtier.
- La version contemporaine affiche 7,29 m de long, 2,50 m de bau et un déplacement lège autour de 960 à 985 kg selon la version.
- Le First 24 SE est certifié C8, donc pensé pour la navigation côtière, pas pour un programme hauturier ambitieux.
- En France, le prix public du SE démarre à 74 400 € TTC, hors options et variations de TVA.
- Les chiffres de voilure varient légèrement selon le gréement et le millésime, ce qui explique certaines fiches contradictoires en ligne.

Deux voiliers se cachent derrière le même nom
Je préfère commencer par une mise au point, parce qu’elle évite beaucoup de confusions. Le First 24 historique et le First 24 SE actuel partagent une philosophie de bateau compact, vif et transportable, mais ils ne jouent pas dans la même catégorie d’usage. Le premier est un petit croiseur de son époque, pensé pour loger une famille et naviguer à coût contenu; le second est une plateforme moderne plus légère, plus nerveuse et plus orientée plaisir de barre.
| Point de comparaison | First 24 historique | First 24 SE actuel |
|---|---|---|
| Lecture générale | Petit croiseur familial | Sport cruiser moderne |
| Logique de conception | Volume et polyvalence | Légèreté et performance |
| Poids | Plus lourd, plus posé | Plus léger, plus réactif |
| Programme | Croisière côtière, sortie familiale | Journée rapide, régate locale, transport facile |
| Marché | Occasion | Neuf ou occasion récente |
Cette distinction est importante, car elle conditionne tout le reste: la vitesse perçue, le comportement dans la brise, le confort à bord et même la manière d’acheter le bateau. Une fois cette base posée, on peut regarder la version historique sans lui prêter les qualités de la version moderne, puis l’inverse.
La fiche technique du First 24 historique
Le First 24 d’origine porte bien l’idée d’un petit voilier de croisière facile à comprendre. Sur le papier, on est sur une coque d’environ 7,50 m de long pour 2,50 m de bau, avec un déplacement de 1 634 kg et un lest de 500 kg. Le gréement est un sloop fractionné, avec une quille relevable de type swing keel, ce qui donne un tirant d’eau compris entre 0,76 m quille haute et 1,46 m quille basse.| Caractéristique | Valeur | Ce que cela signifie en pratique |
|---|---|---|
| Architecte | Groupe Finot | Une école de dessin connue pour des coques simples, efficaces et marines |
| Longueur hors tout | 7,50 m | Le bateau reste facile à manœuvrer et à remorquer |
| Bau | 2,50 m | Largeur suffisante pour la stabilité sans basculer dans l’encombrant |
| Déplacement | 1 634 kg | Un volume déjà sérieux pour 24 pieds, avec une inertie rassurante |
| Lest | 500 kg | Une stabilité correcte, sans tomber dans la lourdeur d’un croiseur plus gros |
| Tirant d’eau | 0,76 à 1,46 m | Bonne polyvalence entre chenaux peu profonds et remontée au vent |
| Voilure annoncée | Environ 23,97 m² | Une surface cohérente avec un petit croiseur nerveux mais pas radical |
| Couchages | Jusqu’à 5 | Le constructeur visait une vraie utilisation familiale, au moins ponctuellement |
| Production | Environ 677 unités | Assez diffus pour alimenter le marché de l’occasion, sans être omniprésent |
Le plan intérieur d’origine combinait une couchette avant en V et des banquettes de carré allongeables, ce qui explique les cinq couchages annoncés. On ne parle pas d’un grand confort de croisière au sens moderne, mais d’un aménagement habitable pour un bateau de cette taille. Ce que je retiens surtout, c’est l’équilibre entre simplicité et capacité d’embarquement. Le First 24 historique n’est pas un voilier de régate pure, mais il n’a rien d’un bouchon lent non plus: son gabarit, son plan de voilure et sa quille pivotante en font un bateau qui accepte la croisière courte, les plans d’eau variables et les navigations sans sophistication excessive. C’est aussi pour cela qu’il reste intéressant en occasion quand l’état structurel est bon. La version moderne pousse la même idée beaucoup plus loin.
La fiche technique du First 24 SE actuel
La génération actuelle change le langage du bateau. Le First 24 SE est plus léger, plus affûté et plus sportif. La brochure technique le décline selon les configurations, avec une version à mât aluminium et une version SE à mât carbone. Dans les deux cas, la longueur hors tout est de 7,29 m pour un bau de 2,50 m, mais le déplacement lège descend à 985 kg en aluminium et 960 kg en carbone. Le bateau est aussi prévu pour être simple à transporter, avec une hauteur sur remorque annoncée à 2,80 m et 2,10 m mât déposé.
| Caractéristique | Version aluminium | Version SE carbone |
|---|---|---|
| Longueur hors tout | 7,29 m | 7,29 m |
| Bau | 2,50 m | 2,50 m |
| Déplacement lège | 985 kg | 960 kg |
| Tirant d’eau | 2,00 m quille basse, 0,25 m quille haute | 2,00 m quille basse, 0,25 m quille haute |
| Option quille courte | 1,10 m à 0,30 m | 1,10 m à 0,30 m |
| Poids de quille | 320 kg ou 430 kg selon version | 320 kg ou 430 kg selon version |
| Hauteur de mât depuis le pont | 9,85 m | 10,05 m |
| Hauteur aérienne | 11,05 m | 11,26 m |
| Voilure | 19 m² de grand-voile, 13 m² de foc, 50 m² d’asymétrique | 24 m² de grand-voile à corne, 16 m² de foc, 63 m² d’asymétrique |
| Catégorie CE | C8 | C8 |
| Prix public en France | À partir de 74 400 € TTC pour le First 24 SE | |
La conception est signée Manuard YD pour l’architecture navale et GIGODESIGN pour l’aménagement. La brochure emploie parfois des bases de calcul différentes pour le poids, ce qui explique les écarts entre certaines fiches commerciales et les documents techniques; je conserve ici les valeurs de déplacement lège par configuration, car elles sont les plus parlantes pour comparer les versions. À bord, on est sur un salon ouvert pensé pour 4 adultes au maximum, avec une architecture légère, un bout-dehors rétractable et une vraie vocation de bateau transportable. C’est précisément cette combinaison qui fait basculer le sujet du simple petit voilier vers un outil de navigation très ciblé.
Ce que ces chiffres disent sur le comportement à la voile
Un petit voilier léger ne raconte jamais la même histoire qu’un bateau plus chargé. Sur le First 24 historique, le déplacement plus élevé et la vitesse de coque théorique d’environ 6 nœuds donnent un comportement honnête, prévisible et assez tolérant. En pratique, je le vois comme un bateau qui accepte la croisière tranquille, qui pardonne davantage les réglages imparfaits, mais qui ne cache pas sa limite dès que l’on cherche de la vivacité pure.
- Le poids plus faible du SE facilite le départ au petit temps et rend les accélérations plus franches.
- La quille relevable ouvre des plans d’eau peu profonds, mais impose de vérifier jeu, verrouillage et entretien du mécanisme.
- Le bau de 2,50 m donne de la stabilité de forme sans transformer le bateau en plate-forme lourde.
- Les deux safrans améliorent le contrôle quand le bateau gîte, ce qui compte beaucoup sur une carène de ce type.
- La catégorie C8 confirme un programme côtier et abrité, pas une vocation hauturière à discuter hors contexte.
La carène plate et la quille profonde de la version actuelle changent clairement la perception: ce n’est plus seulement un petit croiseur, c’est une coque pensée pour accélérer et garder de la stabilité quand elle prend de la vitesse. Le vrai compromis est donc clair: plus on descend dans le tirant d’eau et le poids, plus on gagne en maniabilité, en transport et en réactivité, mais plus on demande au barreur et à l’équipage d’être précis. C’est un bateau qui récompense les réglages propres, surtout sur la version moderne. Et c’est exactement pour cela que l’achat d’occasion mérite un regard méthodique.
Les points à vérifier avant un achat d’occasion
Sur un First 24, le piège n’est pas le prix affiché, c’est l’état caché derrière la coque. J’insiste là-dessus parce qu’un petit voilier apparemment simple peut devenir coûteux si la quille, le gréement ou les appendices ont été négligés. Je regarderais toujours les mêmes zones en priorité, dans cet ordre.
- La quille et son mécanisme, avec contrôle du jeu, de la corrosion, des points d’appui et des traces de choc.
- Les safrans et leurs fixations, surtout sur la version moderne où la direction est un poste de précision.
- Le gréement dormant, parce qu’un jeu de haubans fatigué fait perdre bien plus qu’un peu de performance.
- Le pont autour des cadènes et du mât, où les infiltrations d’eau, l’osmose ou un délaminage local peuvent passer inaperçus.
- La remorque et les accessoires de transport, indispensables si vous comptez utiliser le côté trailerable du bateau.
- L’intérieur, en particulier les hublots, les mousses, les joints et la ventilation, qui disent beaucoup sur la vie réelle du bateau.
- Le moteur hors-bord et son support, souvent modestes mais déterminants à l’usage sur un 24 pieds.
Mon conseil est simple: sur ce format, il vaut mieux un exemplaire sain, suivi et complet qu’un bateau séduisant sur les photos mais bancal dans les détails. La différence se voit rarement le jour de la visite, mais elle se paie toujours au moment de naviguer. C’est ce qui mène naturellement à la vraie question: quel First 24 choisir selon son programme?
Le choix que je ferais selon le programme de navigation
Si je cherchais un bateau à tracter, à mettre à l’eau facilement et à utiliser souvent à la journée, je regarderais d’abord le First 24 SE. Il est plus léger, plus vif et plus lisible dans sa vocation. Si mon objectif était plutôt une petite croisière côtière avec une vraie tolérance à la vie à bord et un budget d’achat plus doux, je considérerais aussi le First 24 historique, à condition d’accepter son âge et d’inspecter sérieusement la structure.
- Pour la vitesse et les sensations, l’avantage va à la version moderne.
- Pour la simplicité de principe et le charme d’un petit croiseur classique, l’historique garde sa place.
- Pour la navigation très peu profonde, la quille relevable et le transport, le SE est plus logique.
- Pour un achat rationnel, l’état du bateau compte plus que le nom exact du millésime.
En 2026, le First 24 reste pertinent parce qu’il a toujours su tenir un équilibre rare sur 24 pieds: assez compact pour rester pratique, assez marin pour donner envie de sortir souvent, et assez typé pour ne pas être interchangeable avec un autre petit voilier. La bonne lecture de sa fiche technique commence donc par une chose très concrète: savoir quelle génération vous regardez, puis choisir celle qui colle vraiment à votre manière de naviguer.