Le First 25 occupe une place intéressante dans la gamme des voiliers de 8 mètres : assez compact pour rester simple à mener, mais assez sérieux pour sortir du pur day-boat et entrer dans la croisière côtière. Dans cet article, je reprends les cotes utiles, l’impact de la quille relevable, le plan de voilure, l’aménagement intérieur et les points que je regarderais en priorité avant un achat.
Les repères utiles avant d’entrer dans le détail
- Longueur hors tout : 7,90 m, pour une largeur de 2,75 m et un déplacement lège de 2 150 kg.
- Tirant d’eau : 0,85 à 1,85 m en quille relevable, ou environ 1,45 m en version quillard selon les configurations.
- Voilure de référence : grand-voile de 24,5 m², génois de 14,3 m², code 0 de 24,9 m² et spi asymétrique de 56 m².
- Motorisation : Yanmar diesel de 14 ch, avec 30 L de carburant et 40 L d’eau douce.
- Programme : navigation côtière, cabotage et sorties sportives, pas croisière hauturière au long cours.
- Point d’attention : ne pas confondre ce modèle avec le First 25S ou l’ancien First 25 des années 1980.
La fiche technique du First 25 en chiffres
Je commence par ce qui compte vraiment : les dimensions et les volumes. Le First 25 documenté par Beneteau dans sa version Performance affiche une longueur hors tout de 7,90 m, une largeur de 2,75 m et un déplacement lège de 2 150 kg. Pour un voilier de cette taille, cela dessine déjà un programme clair : un bateau assez vif, mais encore cohérent pour la croisière à deux ou à quatre.| Élément | Valeur de référence | Ce que cela dit du bateau |
|---|---|---|
| Longueur hors tout | 7,90 m | Un format facile à loger et à manœuvrer, mais déjà crédible pour la navigation côtière. |
| Longueur de coque | 7,50 m | La longueur réellement utile pour comprendre le comportement marin du bateau. |
| Longueur à la flottaison | 7,35 m | Un bon indice de vitesse potentielle à allure de croisière. |
| Largeur | 2,75 m | Assez de stabilité initiale sans tomber dans la lourdeur d’un croiseur très large. |
| Déplacement lège | 2 150 kg | Un bateau contenu en masse, donc sensible au réglage de voiles et au placement des équipiers. |
| Tirant d’eau | 0,85 à 1,85 m | La version relevable ouvre l’accès aux mouillages peu profonds ; la version quillard simplifie la vie à bord. |
| Lest | 620 kg environ en version relevable | Un compromis pensé pour la stabilité et l’usage côtier. |
| Air draft | 12,50 m | Un point à vérifier pour les ponts, ports à cabine basse et zones très contraintes. |
| Grand-voile | 24,5 m² | Une toile principale déjà sérieuse pour un 8 mètres. |
| Génois 120 % | 14,3 m² | Le plan de voilure reste simple, mais efficace. |
| Code 0 | 24,9 m² | Très utile dans le petit temps et sur les allures portantes ouvertes. |
| Spi asymétrique | 56 m² | La vraie option plaisir quand on veut aller chercher de la vitesse sans compliquer exagérément le bateau. |
| Moteur | Yanmar 14 ch | Une motorisation d’appoint cohérente pour les manœuvres et les étapes courtes. |
| Carburant / eau | 30 L / 40 L | Autonomie volontairement limitée, adaptée au cabotage plus qu’aux longues traversées au moteur. |
| Certification CE | C8 / D8 | Le bateau reste dans une logique de navigation côtière et de zones abritées. |
Je précise un point utile : selon les millésimes et les versions, certaines cotes bougent légèrement. Quand on lit une annonce, je recommande donc de vérifier la configuration exacte, surtout pour la quille et le plan de voiles. C’est à partir de là qu’on comprend vraiment ce que le bateau sait faire, et ce qu’il ne faut pas lui demander.
Ce que la quille relevable change vraiment
La grande force du First 25, c’est sa version à quille relevable. Avec un tirant d’eau qui passe de 0,85 m à 1,85 m, on gagne à la fois en accessibilité et en performance. Quille basse, le bateau remonte mieux au vent et garde un appui plus net. Quille relevée, il accède à des mouillages plus maigres et devient beaucoup plus souple à utiliser dans les plans d’eau à faibles fonds.
En pratique, je vois deux usages très différents :
- la version relevable convient mieux à ceux qui naviguent sur des zones changeantes, cherchent des mouillages faciles ou aiment multiplier les escales peu profondes ;
- la version quillard rassure les utilisateurs qui privilégient la simplicité mécanique et des qualités constantes sous voile, avec moins de pièces mobiles à surveiller.
Le bon choix dépend surtout du terrain de jeu. Si je navigue en Atlantique nord, sur des plans d’eau à vasières, ou dans une logique de cabotage varié, je regarde d’abord la quille relevable. Si je veux un bateau plus simple à maintenir, avec moins de compromis, je m’oriente plus volontiers vers la quille fixe. Le piège classique, c’est de choisir en ne regardant que le tirant d’eau maximal, alors que le vrai sujet est l’usage réel du bateau.
Ce point mène naturellement au gréement, parce que la quille ne fait pas tout : la manière dont le First 25 porte sa toile change autant sa personnalité que ses appendices.

Gréement et voilure, le vrai caractère du bateau
Le First 25 n’est pas un voilier timide. Son gréement sans pataras arrière libère l’arrière du bateau, facilite les déplacements vers l’avant et autorise un plan de voilure plus ouvert. Selon les millésimes, Beneteau a communiqué une grand-voile à corne ou une grand-voile square-top, mais l’idée reste la même : chercher de la puissance utile sans compliquer la manœuvre.
Sur la fiche 2018-2019, le plan standard annonce :
- grand-voile : 24,5 m² ;
- génois 120 % : 14,3 m² ;
- code 0 : 24,9 m² ;
- spi asymétrique : 56 m².
Ce qu’il faut retenir, ce n’est pas seulement la surface totale, c’est la logique du plan. Le code 0 améliore les allures portantes ouvertes et le petit temps. Le spi asymétrique, lui, donne du souffle quand on veut vraiment faire vivre le bateau au portant. Pour un voilier de cette taille, c’est un programme déjà riche, à condition d’accepter de régler proprement. Ici, les performances viennent plus du couple coque-voilure que de la brute force.
Les dimensions de mâture confirment cette logique : I 9,17 m, J 3 m, P 9,50 m, E 3,90 m. Ce sont des valeurs qui placent le First 25 dans une zone très intéressante pour la croisière rapide : ni trop petit pour être anodin, ni assez gros pour exiger un équipage nombreux. Je le lis comme un bateau qui aime la justesse de réglage, surtout quand le vent monte et qu’il faut garder du contrôle.
Autrement dit, ce n’est pas un voilier qui demande de la force, mais de l’attention. C’est précisément ce qui le rend agréable à skipper en duo, à condition de ne pas surcharger le programme. Cette logique de bateau rapide mais accessible se retrouve clairement dans l’aménagement intérieur.
Habitabilité et vie à bord sur une sortie côtière
À l’intérieur, le First 25 cherche à faire entrer un vrai programme de croisière dans un format compact. On trouve une cabine avant double fermée, des toilettes marines séparées, un espace cuisine, une table de carré modulable et des couchages supplémentaires dans le carré. Sur un 7,90 m, c’est cohérent, et surtout bien pensé pour une navigation de week-end ou de quelques jours.
Les hauteurs sous barrots indiquées dans la fiche de 2018-2019 donnent un bon aperçu du volume disponible :
- descente : 1,77 m ;
- cabine avant : 1,56 m ;
- carré : 1,70 m ;
- cuisine : 1,62 m.
Je trouve ces valeurs honnêtes pour la taille du bateau. On ne parle pas d’un croiseur de grand volume, mais d’un intérieur qui permet de vivre à bord sans tout empiler sur le plancher. La couchette avant mesure environ 1,90 m x 1,50 m, ce qui n’est pas négligeable sur un bateau de cette gamme. Le carré peut aussi offrir un vrai couchage double sur tribord, tandis que le bâbord reste exploitable en lit simple selon l’aménagement.
Les réservoirs restent modestes, et c’est normal : 30 L de carburant et 40 L d’eau douce obligent à penser le bateau comme un voilier de cabotage, pas comme un petit appartement flottant. Pour moi, c’est une limite saine si l’on sait ce qu’on achète. Le Yanmar de 14 ch suffit pour les manœuvres de port, les entrées de rade et les relais courts, mais il ne doit pas être considéré comme une solution d’autonomie prolongée.
La certification CE C8/D8 va dans le même sens : le bateau est clairement taillé pour la navigation côtière et les eaux abritées. C’est rassurant, mais cela fixe aussi le cadre d’usage. On comprend alors pourquoi le First 25 plaît à ceux qui veulent un voilier vivant, simple à habiter quelques jours et agréable à faire avancer sans transformer chaque sortie en expédition. Cette lecture pratique devient encore plus importante quand on examine un exemplaire d’occasion.
Ce que je contrôlerais sur un First 25 d’occasion
En 2026, le First 25 se rencontre surtout sur le marché de l’occasion, et c’est là que la rigueur paie. Un exemplaire propre peut être très séduisant, mais je ne m’arrêterais jamais à la sellerie ou au vernis. Sur ce type de voilier, les points techniques qui comptent le plus sont souvent ceux qu’on voit mal au premier regard.
Je contrôlerais en priorité :
- le mécanisme de quille relevable : absence de points durs, usure des pièces mobiles, fonctionnement régulier de la montée et de la descente ;
- le gréement dormant : âge des haubans, état des ridoirs, des terminaisons et des ancrages ;
- le pont et les ouvertures : traces d’infiltration autour des capots, hublots et passages de pont ;
- la motorisation : démarrage, refroidissement, état de l’inverseur et de la ligne d’arbre ;
- les voiles : surtout la grand-voile et le génois, car un bateau bien né mais mal voilé perd vite son intérêt ;
- le système de code 0 ou de spi : enrouleur, bout-dehors éventuel, accastillage et sécurité des manœuvres.
Le piège le plus courant, sur ce genre de bateau, c’est de sous-estimer les coûts de remise à niveau des éléments invisibles. Un First 25 bien entretenu reste séduisant, mais un mécanisme de quille fatigué ou un gréement à renouveler peuvent changer totalement le budget réel. Je préfère un exemplaire techniquement sain avec une décoration moyenne qu’un bateau reluisant qui cache des travaux lourds.
Il faut aussi garder en tête la question du programme. Si le bateau a passé sa vie à naviguer en côtier régulier, avec entretien suivi, il peut rester très cohérent. S’il a surtout été stocké sans usage ou exploité sans méthode, je me méfie davantage des joints, du gréement et des organes mobiles. C’est ce tri-là qui fait la différence entre une bonne affaire et une coque à reprendre.
Ce que cette fiche raconte encore à un marin de 2026
Ce que j’aime dans le First 25, c’est son positionnement net. Il ne prétend pas tout faire, et c’est précisément pour cela qu’il fonctionne. Il offre assez de performance pour donner du plaisir à la barre, assez d’habitabilité pour sortir en famille ou en duo, et assez de polyvalence pour passer d’un mouillage à une journée vive sous voile sans changer de bateau.
Si je devais résumer sa logique en une phrase, je dirais que c’est un croiseur sportif de cabotage plus qu’un petit voilier de promenade. La quille relevable élargit son terrain de jeu, le plan de voilure le rend vivant, et l’intérieur permet de rester à bord avec un minimum de confort réel. En revanche, ses volumes d’eau et de carburant rappellent qu’il n’est pas conçu pour effacer les contraintes de la vie en mer.
Pour un navigateur qui cherche en 2026 un bateau cohérent, maniable et encore moderne dans son esprit, le First 25 garde une vraie pertinence. Je le conseille surtout à ceux qui veulent un voilier simple à comprendre, plaisant à barrer et suffisamment marin pour faire de la croisière côtière sans lourdeur. C’est ce mélange de clarté technique et de tempérament qui lui donne encore, à mes yeux, une place très défendable dans la catégorie des 8 mètres.