À bord d’un Evasion 25, on ne choisit pas entre voile et moteur, on profite des deux. Ce croiseur-motor-sailer signé Bénéteau privilégie la protection, l’autonomie et la simplicité plutôt que la recherche de vitesse pure. Voici sa fiche technique détaillée, avec les chiffres essentiels, les performances à attendre et les points à contrôler sur un exemplaire d’occasion.
L’essentiel à retenir sur l’Evasion 25
- Longueur hors tout : environ 8,20 m, pour 7,30 m de longueur de coque.
- Largeur : 2,66 m, avec un tirant d’eau de 1,17 m.
- Déplacement : autour de 2 200 kg lège et jusqu’à 2 750 kg en charge selon les sources.
- Voilure au près : environ 37 m², complétée par un génois et une grand-voile.
- Équipage à bord : de 3 à 5 couchages selon l’aménagement.
- Point de vigilance : les équipements et les remotorisations créent des écarts importants entre les bateaux.

Les dimensions et le poids à connaître
L’Evasion 25 a été conçu par André Bénéteau et produit en France à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Les fiches disponibles indiquent généralement une longueur de coque de 7,30 m et une longueur hors tout proche de 8,20 m, cette dernière intégrant notamment le balcon avant et les appendices.
| Caractéristique | Valeur indicative |
|---|---|
| Type | Monocoque de croisière mixte, ou motor-sailer |
| Architecte | André Bénéteau |
| Longueur de coque | 7,30 m |
| Longueur hors tout | Environ 8,20 m |
| Longueur à la flottaison | Environ 6,00 m |
| Bau maximal | 2,66 m |
| Tirant d’eau | 1,17 m |
| Déplacement lège | Environ 2 200 kg |
| Déplacement en charge | Jusqu’à environ 2 750 kg |
| Poids du lest | Environ 800 kg |
La coque en polyester renforcé de fibres de verre repose sur une quille longue, un choix qui favorise la stabilité de route et la protection du safran. En contrepartie, le bateau est lourd pour sa taille et moins vif qu’un voilier moderne de 25 pieds. Les chiffres de déplacement doivent d’ailleurs être lus avec prudence, car certains exemplaires ont reçu des équipements supplémentaires, un moteur plus lourd ou des aménagements modifiés.
Un voilier pensé pour la croisière protégée
L’Evasion 25 appartient à la famille des bateaux dits fifty, capables de naviguer correctement à la voile tout en offrant une vraie place à la propulsion mécanique. Son poste de pilotage protégé est l’un de ses grands intérêts. Il permet de continuer à manœuvrer avec davantage de confort lorsque le vent fraîchit, que la pluie s’installe ou que la température baisse.
Je le vois surtout comme un bateau de croisière côtière tranquille, adapté aux sorties en famille, aux escales de plusieurs jours et aux mouillages abrités. Sa quille longue et son déplacement important donnent une navigation rassurante, mais il ne faut pas lui demander les accélérations ni les remontées au vent d’un petit course-croisière moderne.
Le tirant d’eau limité à 1,17 m facilite l’accès aux ports et aux zones peu profondes. Cette qualité est particulièrement intéressante sur les côtes bretonnes, dans le golfe du Morbihan ou dans certaines zones de Méditerranée. Elle ne dispense pas de vérifier la profondeur réelle sous la quille, surtout avec un bateau chargé et une marée descendante.
Plan de voilure et comportement sous voile
Le gréement est généralement un sloop en tête, avec un mât en aluminium et une grand-voile complétée par un génois. Les données les plus cohérentes donnent une surface de voilure au près d’environ 37 m² et une surface au portant proche de 60 m² avec les voiles adaptées.
| Élément de voilure | Surface indicative |
|---|---|
| Grand-voile | 13,5 m² |
| Génois | 23,6 m² |
| Solent | Environ 13,7 m² |
| Foc | Environ 8,1 m² |
| Tourmentin | Environ 3,4 m² |
| Spinnaker symétrique | Environ 47 m² |
Avec un rapport voilure-déplacement relativement modeste, l’Evasion 25 apprécie un vent établi. Dans les petits airs, il avance mieux avec des voiles en bon état et une carène propre qu’avec une accumulation d’électronique à bord. C’est un point que je regarde toujours sur les bateaux anciens, car un génois détendu ou trop lourd peut pénaliser fortement les performances.
La quille longue apporte une bonne inertie et une excellente tenue de cap, mais elle élargit le rayon de giration dans les ports. Les manœuvres au moteur demandent donc un peu d’anticipation. La marche arrière, en particulier, peut devenir moins précise selon le type d’hélice, l’état du safran et la configuration de la ligne d’arbre.
Motorisation, réservoirs et autonomie
La fiche technique d’origine est souvent associée à un moteur diesel inboard d’environ 12 à 25 ch. On trouve toutefois des bateaux équipés de moteurs différents, parfois remplacés plusieurs décennies après leur construction. La puissance seule ne suffit pas à juger l’installation : l’état du refroidissement, de la ligne d’arbre, de l’échappement et des silentblocs compte davantage.
| Équipement | Valeur généralement annoncée |
|---|---|
| Motorisation | Diesel intérieur |
| Puissance indicative | 12 à 25 ch |
| Transmission | Ligne d’arbre sur de nombreux exemplaires |
| Réservoir de carburant | Environ 50 à 55 l |
| Réservoir d’eau douce | Environ 90 à 100 l |
Avec un diesel entretenu et une vitesse de croisière raisonnable, le bateau peut couvrir de bonnes distances entre deux ports. Je conseille néanmoins de considérer ces capacités comme des ordres de grandeur. Un réservoir remplacé, une jauge imprécise ou un aménagement ajouté peuvent modifier les données de la documentation.
La motorisation est particulièrement importante pour ce modèle, car son déplacement élevé rend les faibles puissances moins à l’aise dans le courant ou face à un vent soutenu. À l’inverse, installer un moteur surdimensionné augmente le poids à l’arrière, les vibrations et parfois la consommation. Le bon compromis dépend du programme de navigation et de l’état réel de la coque.
Aménagement intérieur et vie à bord
L’intérieur propose généralement une cabine, un carré transformable et entre trois et cinq couchages selon la version. La hauteur sous barrots annoncée se situe autour de 1,72 à 1,75 m. Ce n’est pas le volume d’un croiseur familial récent, mais l’espace reste exploitable pour des croisières côtières de quelques jours.
Le poste de pilotage protégé fait une vraie différence au quotidien. Il permet de prendre un repas, de surveiller la route ou de préparer une manœuvre sans rester exposé en permanence. En revanche, les bateaux de cet âge ont souvent des rangements, des sanitaires et une ventilation plus simples que les modèles actuels.
Avant une acquisition, j’inspecterais en priorité les zones humides, les fonds de cale, les vaigrages et les assemblages autour du roof. Les infiltrations ne sont pas toujours spectaculaires au premier coup d’œil. Une odeur persistante, du contreplaqué gonflé ou des traces anciennes autour des hublots peuvent signaler plusieurs années de maintenance différée.
Les points à vérifier sur un Evasion 25 d’occasion
Les annonces et les bases nautiques ne donnent pas toutes les mêmes valeurs. La différence entre 7,30 m de coque et 8,20 m hors tout explique déjà une partie des écarts. Il faut aussi tenir compte des versions, des équipements ajoutés et des erreurs recopiées d’une fiche à l’autre.
- Comparer les dimensions avec la plaque constructeur et les documents du bateau.
- Mesurer le tirant d’eau réel si la quille ou les œuvres vives ont été modifiées.
- Contrôler l’osmose, les réparations de stratification et l’état du pont sandwich.
- Examiner le gréement dormant, les cadènes, le pied de mât et les barres de flèche.
- Vérifier la date, la coupe et l’état des voiles, souvent coûteuses à remplacer.
- Faire tourner le moteur à froid puis à chaud et contrôler la transmission.
- Peser mentalement les équipements ajoutés, car ils réduisent la marge de charge.
Les mentions de catégorie de navigation que l’on retrouve dans certaines anciennes documentations correspondent à la réglementation de leur époque. Elles ne remplacent pas une vérification des règles françaises actuellement applicables, ni l’évaluation de l’état de l’équipement de sécurité. Un bateau ancien peut être parfaitement fiable, mais seulement si sa rénovation a été suivie avec méthode.
Ce que les chiffres disent vraiment de ce croiseur
L’Evasion 25 n’est pas un voilier léger destiné à battre des records. C’est un bateau robuste, stable et polyvalent, dont les qualités apparaissent surtout dans une navigation côtière régulière, avec une météo changeante et des escales recherchées pour leur confort.
Pour juger un exemplaire, je donnerais plus de poids à l’état du gréement, du moteur, de la coque et des installations électriques qu’à une différence de quelques centaines de kilos annoncée sur une fiche. La meilleure fiche technique reste celle qui correspond au bateau réellement inspecté, avec ses modifications, son entretien et son équipement de sécurité.