Ocean Fifty Koesio et son évolution vers Plastic Odyssey Fifty

Le trimaran Koesio fend les vagues, une course intense près d'un phare.

Écrit par

Benoît Faure

Publié le

11 juin 2026

Table des matières

À la sortie d’un port, un Ocean Fifty ne passe jamais inaperçu. Le trimaran Koesio a marqué la course au large française par ses performances, son architecture très travaillée et son association avec le skipper Erwan Le Roux. Je présente ici ses caractéristiques, son parcours sportif, les contraintes de ce type de voilier et le changement de nom intervenu en 2026.

Ce qu’il faut retenir de cet Ocean Fifty

  • Catégorie : un trimaran de course Ocean Fifty de 15,24 m.
  • Conception : architecture VPLP Design et construction Persico Marine.
  • Particularité : une plateforme légère, large et adaptée aux foils.
  • Skipper associé : Erwan Le Roux, avec notamment une deuxième place à la Transat Jacques Vabre.
  • Actualité 2026 : le bateau a été reconstruit puis rebaptisé Plastic Odyssey Fifty.

Le trimaran Koesio fend les vagues bleues sous un ciel clair, ses voiles violettes et noires portant le logo de la course Ocean Fifty.

Le bateau qui se cachait derrière le nom Koesio

Le bateau a été mis à l’eau en 2020 avant de prendre le nom de Koesio en 2021, à l’occasion de la Transat Jacques Vabre. Il appartient à la classe Ocean Fifty, qui regroupe des multicoques océaniques de 50 pieds, soit environ 15 mètres de longueur.

Il ne s’agit donc pas d’un trimaran de plaisance destiné à la croisière familiale. Sa plateforme est conçue pour la régate et la course au large, avec un objectif simple à formuler mais difficile à atteindre : aller vite sur plusieurs jours tout en conservant suffisamment de contrôle pour préserver le bateau et l’équipage.

Caractéristique Donnée
Classe Ocean Fifty
Longueur 15,24 m
Largeur 15,20 m
Tirant d’eau 3,50 m
Architecte VPLP Design
Constructeur Persico Marine
Matériaux Fibre de verre et carbone
Surface de voile Environ 177 à 200 m² au près et 250 à 265 m² au portant

Les chiffres de surface de voile et de tirant d’air varient légèrement selon les fiches techniques et la configuration du bateau. Cela s’explique par les évolutions de gréement et les mises à jour réalisées au fil de sa carrière. La fiche de VPLP Design reste une bonne référence pour comprendre la plateforme d’origine.

Une architecture pensée pour la vitesse et la survie en mer

La largeur de 15,20 m impressionne, mais elle ne sert pas uniquement à rendre le bateau spectaculaire. Elle apporte une grande stabilité dynamique et permet de porter beaucoup de toile. En contrepartie, chaque accélération génère des efforts considérables sur les flotteurs, les bras de liaison et le mât.

Le plan de pont constitue l’une des réussites du projet. VPLP a retenu des bras de liaison en forme de K, dont le bras arrière remonte jusqu’au pied du mât. Cette disposition a libéré de l’espace pour un cockpit plus long et mieux protégé, un avantage important lorsque l’équipage navigue sous la pluie, dans le froid ou dans une mer désordonnée.

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Des foils, mais pas un bateau qui vole en permanence

Les foils génèrent une force verticale qui soulage une partie des flotteurs et augmente le potentiel de vitesse. Ils ne transforment toutefois pas l’Ocean Fifty en avion maritime capable de rester constamment hors de l’eau. La hauteur de mer, l’angle du vent et la capacité du skipper à régler la charge déterminent le comportement réel du bateau.

Le travail réalisé sur les volumes longitudinaux vise notamment à limiter le marsouinage, ce mouvement de tangage qui fait cabrer puis replonger le bateau. Ce détail d’architecture a une conséquence très concrète : une plateforme plus prévisible permet de conserver de la vitesse sans entrer trop souvent dans une zone dangereuse.

Pourquoi ce trimaran exige une maîtrise permanente

Un multicoque de course ne se comporte pas comme un monocoque à quille. Lorsqu’il gîte fortement, la quille ne ramène pas automatiquement le bateau à la verticale. Un chavirage peut donc devenir un événement majeur, avec des dégâts structurels, la perte du mât ou l’impossibilité de poursuivre la course.

La difficulté ne vient pas seulement de la vitesse maximale. Il faut gérer les transitions, réduire la toile au bon moment, surveiller les charges et accepter de ralentir lorsque la mer devient trop courte. À mes yeux, c’est là que se trouve la vraie différence entre un bon bateau et un bateau réellement performant : la capacité à rester exploitable pendant des heures, et non à afficher une pointe impressionnante pendant quelques minutes.

  • Réglage des voiles : la puissance doit rester compatible avec l’état de la mer.
  • Gestion de la fatigue : les manœuvres sont physiques et le sommeil est limité.
  • Surveillance structurelle : bras, foils, gréement et flotteurs encaissent des efforts importants.
  • Décision tactique : la route la plus courte n’est pas toujours la plus rapide ni la plus sûre.

Cette exigence explique pourquoi un Ocean Fifty mobilise une équipe complète à terre, avec des compétences en météo, électronique, mécanique, composite et préparation physique. Le skipper reste au centre du projet, mais il ne gagne jamais seul.

Les résultats qui ont construit sa réputation

La première grande référence reste la Transat Jacques Vabre disputée en double. Erwan Le Roux et Xavier Macaire y ont terminé deuxièmes dans la catégorie Ocean Fifty après environ 5 800 milles de course. Malgré d’importants problèmes d’énergie en fin de traversée, le duo est resté aux avant-postes et a conservé sa lucidité.

Ce résultat est intéressant parce qu’il montre une qualité parfois moins visible que la vitesse pure : la capacité à préserver les ressources. Dans une transatlantique, l’eau, le gasoil, l’énergie électrique et l’état du matériel deviennent progressivement aussi importants que le classement du moment.

Le bateau s’est également illustré lors de la Med Max, où Erwan Le Roux et Pablo Santurde del Arco ont décroché la deuxième place. Les conditions, avec du vent fort et une mer formée, ont mis en évidence la réactivité de la plateforme, mais aussi la nécessité de naviguer avec retenue lorsque les vagues deviennent difficiles à lire.

Je me méfie des palmarès réduits à une suite de podiums. Dans le cas de ce trimaran, les résultats racontent surtout une progression faite de vitesse, de stratégie et de gestion des avaries. C’est cette régularité dans des contextes différents qui donne de la valeur à son parcours.

Ce que change le nouveau nom Plastic Odyssey Fifty

Le 16 avril 2026, le bateau a été remis à l’eau à La Rochelle après une reconstruction complète, consécutive à un chavirage survenu lors de la Transat Café L’Or. À cette occasion, il a été rebaptisé Plastic Odyssey Fifty.

Le changement est à la fois sportif et symbolique. Koesio reste un partenaire majeur, mais la visibilité principale est désormais accordée à Plastic Odyssey, organisation engagée dans la lutte contre la pollution plastique en mer. Erwan Le Roux devient également ambassadeur du projet.

Pour le lecteur qui cherche encore des informations sous l’ancien nom, la règle est simple : les articles consacrés à la période 2021-2025 parlent de Koesio, tandis que les actualités postérieures à sa remise à l’eau en 2026 utilisent le nom Plastic Odyssey Fifty. Il s’agit bien de la même plateforme reconstruite, et non d’un nouveau bateau sans lien avec le précédent.

Cette évolution donne aussi une dimension nouvelle au projet. La course au large reste le moteur sportif, mais le bateau sert désormais de support à un message environnemental concret. Selon Koesio, cette décision vise à associer la notoriété de la voile à la réduction de la pollution plastique.

Ce que ce voilier révèle de la course au large moderne

L’ancien Koesio illustre parfaitement l’évolution des trimarans océaniques français. La performance ne repose plus seulement sur un grand mât et des voiles généreuses, mais sur un équilibre fin entre poids, foils, électronique, protection de l’équipage et fiabilité structurelle.

Ce que je retiens surtout, c’est qu’un Ocean Fifty est une machine de compromis. Il doit être assez léger pour accélérer, assez robuste pour encaisser, assez puissant pour gagner des milles et assez contrôlable pour éviter l’accident. Rebaptisé Plastic Odyssey Fifty, ce trimaran poursuit cette recherche de performance tout en portant désormais une cause qui dépasse le classement.

Questions fréquentes

Ce trimaran de course mesure 15,24 m de long et 15,20 m de large, avec un tirant d’eau de 3,50 m. Il a été conçu par VPLP Design et construit par Persico Marine en fibre de verre et en carbone. Sa surface de voile atteint environ 177 à 200 m² au près et 250 à 265 m² au portant.

Les foils produisent une force verticale qui soulage une partie des flotteurs et augmente le potentiel de vitesse. Ils ne permettent toutefois pas au bateau de voler en permanence : son comportement dépend notamment de la hauteur de mer, de l’angle du vent et des réglages du skipper. L’architecture cherche aussi à limiter le marsouinage, c’est-à-dire les mouvements de tangage répétés.

Avec Xavier Macaire, Erwan Le Roux a terminé deuxième de la Transat Jacques Vabre en catégorie Ocean Fifty, après environ 5 800 milles de course. Il a également obtenu une deuxième place lors de la Med Max avec Pablo Santurde del Arco. Ces résultats reflètent autant la vitesse du bateau que sa gestion de l’énergie, des avaries et des conditions difficiles.

Le bateau a été entièrement reconstruit après un chavirage survenu lors de la Transat Café L’Or, puis remis à l’eau à La Rochelle. Il a alors été rebaptisé Plastic Odyssey Fifty, tandis qu’Erwan Le Roux est devenu ambassadeur de Plastic Odyssey. Les contenus de la période 2021-2025 parlent donc de Koesio, alors que les actualités postérieures à 2026 utilisent le nouveau nom.

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Benoît Faure

Benoît Faure

Je m'appelle Benoît Faure et j'ai trois ans d'expérience dans le domaine de la navigation, de la culture et de l'ingénierie maritime. Mon intérêt pour ces sujets a commencé dès mon enfance, lorsque je passais mes étés à explorer les côtes et à m'émerveiller devant la beauté des navires. Aujourd'hui, je m'efforce de partager cette passion à travers mes écrits, en aidant mes lecteurs à mieux comprendre les enjeux contemporains de la mer et des technologies maritimes. Je m'engage à fournir des informations utiles, précises et accessibles. Pour cela, je vérifie minutieusement mes sources et compare les informations disponibles afin de simplifier des sujets parfois complexes. J'aime suivre les tendances du secteur et organiser mes connaissances de manière claire, afin que chacun puisse en tirer profit. Mon objectif est de rendre la culture maritime et l'ingénierie accessibles à tous, en rendant ces thèmes captivants et pertinents.

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