Pour naviguer dans les petits ports, explorer les estuaires et disposer d’un bateau simple à échouer, un voilier compact en aluminium garde des arguments solides. L’OVNI 25 d’Alubat appartient à cette génération de bateaux conçus pour privilégier la robustesse et la liberté de navigation plutôt que le confort d’un croiseur moderne. Voici ses caractéristiques, ses qualités nautiques et les points à contrôler avant un achat d’occasion.
L’essentiel à retenir sur ce petit dériveur Alubat
- Construction en aluminium, pensée pour durer et supporter une navigation côtière exigeante.
- Longueur d’environ 7,5 mètres et déplacement proche de 1 700 kg.
- Tirant d’eau annoncé autour de 1,50 m sur les fiches disponibles.
- Plan intérieur avec cinq couchages, une cuisine et une hauteur sous barrots d’environ 1,70 m.
- Programme idéal pour la croisière côtière, les petits mouillages et les navigations en équipage réduit.

Un petit voilier qui a marqué les débuts d’Alubat
Lancé au milieu des années 1970, ce modèle fait partie des premiers voiliers construits par le chantier vendéen Alubat. Les documents disponibles le présentent comme un bateau d’environ 7,60 mètres hors tout, produit en petite série entre 1974 et 1980 selon les sources et les variantes recensées.
Il ne faut pas le confondre avec les OVNI plus récents de 35 à 50 pieds destinés au grand voyage océanique. Ici, l’ambition est plus modeste et plus cohérente avec la taille du bateau. On parle d’un croiseur côtier compact, capable de s’aventurer dans des zones peu profondes et de rester relativement simple à manœuvrer.
À mes yeux, son intérêt historique tient surtout à cette combinaison encore rare à l’époque. L’aluminium apporte une coque robuste, tandis que le concept de dériveur intégral permet de réduire les contraintes liées au tirant d’eau. C’est cette philosophie qui deviendra ensuite la signature de la gamme OVNI.Une fiche technique à lire avec prudence
Les fiches anciennes ne sont pas toujours parfaitement homogènes. Certaines indiquent une longueur de 7,60 mètres, d’autres environ 7,34 mètres, ce qui peut s’expliquer par une différence entre longueur hors tout et longueur de coque. Pour un achat, je recommande donc de vérifier les mesures sur le bateau et dans ses documents administratifs.
| Caractéristique | Valeur généralement indiquée |
|---|---|
| Longueur hors tout | Environ 7,60 m |
| Bau maximal | Environ 2,65 m |
| Tirant d’eau | Environ 1,50 m |
| Déplacement | Environ 1 700 kg |
| Hauteur sous barrots | Environ 1,70 m |
| Grand-voile | Environ 12,6 m² |
| Génois | Environ 21,3 m² |
| Spinnaker | Environ 44 m² en option ou selon configuration |
La surface de voilure reste raisonnable pour un équipage réduit. Elle ne transforme pas ce petit croiseur en bateau de régate, mais elle suffit pour profiter d’une brise normale sans multiplier les manœuvres. Le gréement, les voiles et le moteur auxiliaire doivent toutefois être étudiés au cas par cas, car l’âge des bateaux entraîne de nombreuses configurations différentes.
Ce que le dériveur intégral change vraiment en navigation
Un dériveur intégral possède une dérive qui se relève entièrement dans le plan de coque. Contrairement à un voilier à quille fixe, il peut donc accéder à des zones où la profondeur devient rapidement insuffisante. Avec un tirant d’eau annoncé autour de 1,50 m, le gain reste intéressant, même s’il ne faut pas imaginer un bateau capable de passer partout.
Un avantage pour les mouillages et les échouages
Le principal bénéfice concerne les petits fonds, les chenaux côtiers et les ports accessibles seulement à certaines heures de marée. Le bateau peut aussi être posé sur une plage adaptée ou sur un support stable, à condition que la structure, les appendices et la procédure d’échouage soient correctement maîtrisés.
Cette liberté demande du discernement. Un échouage sur un sol irrégulier, vaseux ou jonché de pierres peut endommager la coque, le safran ou le mécanisme de dérive. La dérive intégrale facilite la navigation en eaux peu profondes, mais elle ne dispense jamais de consulter la carte et la marée.Des compromis sous voile
Une quille profonde offre généralement davantage de stabilité latérale et de puissance au près. Le petit Alubat privilégie la polyvalence, ce qui peut se traduire par un comportement moins performant dans le vent fort et une remontée au vent moins incisive qu’avec un quillard moderne de même longueur.
En revanche, son déplacement modéré et son gréement simple rendent les sorties côtières agréables dans les conditions raisonnables. Je le verrais surtout sur des programmes de cabotage, de rias, de Bretagne sud, de Charente ou de Méditerranée abritée, plutôt que comme un véritable bateau hauturier familial.
Une vie à bord fonctionnelle, mais sans illusion
Les aménagements annoncés comprennent généralement cinq couchages, une cuisine et un espace de navigation. Pour un bateau de cette taille, c’est appréciable, mais la capacité théorique ne doit pas être confondue avec le confort réel. Cinq personnes peuvent dormir à bord, mais elles ne vivront pas toutes avec la même aisance pendant plusieurs jours.
La hauteur sous barrots proche de 1,70 m est correcte pour un petit croiseur ancien, sans être comparable à celle d’un voilier contemporain. La ventilation, l’état des coussins, l’humidité et la capacité de rangement auront souvent plus d’importance que le nombre de couchettes annoncé.
Le charme de cet intérieur réside dans sa simplicité. Il y a moins d’équipements complexes à entretenir, moins de systèmes énergivores et souvent une meilleure lisibilité des installations. En contrepartie, l’isolation, la salle d’eau, l’électricité et la cuisine peuvent demander une modernisation sérieuse sur un exemplaire âgé de près de cinquante ans.
Les points à vérifier avant un achat d’occasion
Le prix d’un exemplaire ne peut pas être déduit de la seule cote historique du modèle. Deux bateaux portant le même nom peuvent présenter des écarts considérables selon l’état de la coque, du gréement, du moteur et des aménagements. Un bateau en aluminium ancien peut sembler abordable, puis réclamer un budget important de remise à niveau.
La coque et les assemblages
- Inspecter les soudures, les fonds et les zones ayant pu subir un échouage brutal.
- Rechercher les traces de corrosion, notamment autour des pièces métalliques rapportées et des installations électriques.
- Contrôler les passe-coques, les fixations du gréement et les éventuelles réparations anciennes.
- Vérifier le fonctionnement complet de la dérive et l’état de son puits.
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Le gréement et le moteur
Sur un bateau de cet âge, le gréement dormant mérite une attention prioritaire. Des câbles anciens, des ridoirs marqués ou des embouts corrodés peuvent transformer une sortie banale en problème de sécurité. Le moteur, qu’il soit in-bord ou hors-bord selon la version, doit être évalué avec ses factures d’entretien et non avec une simple mise en route à quai.Je conseille aussi de prévoir une expertise indépendante avant la signature, surtout si le bateau a été modifié plusieurs fois. Le coût de cette inspection est faible par rapport à celui d’un remplacement de gréement, d’une réfection du système de dérive ou d’une reprise de corrosion mal identifiée.
À qui ce modèle convient-il encore en 2026
Ce voilier reste pertinent pour un navigateur qui cherche une unité compacte, réparable et capable de fréquenter des zones côtières variées. Il peut constituer un excellent bateau-école pour apprendre la préparation d’un bateau ancien, la gestion des marées et les manœuvres en équipage réduit.
Il convient moins à une famille qui souhaite un grand confort, à un équipage chargé de matériel ou à un programme de traversées océaniques régulières. Dans ces cas, un OVNI plus récent ou un autre dériveur intégral de 30 à 35 pieds offrira davantage de stabilité, de volume et d’autonomie.
Le bon achat n’est donc pas forcément l’exemplaire le moins cher. C’est celui dont la coque est saine, dont la dérive fonctionne sans réserve et dont les travaux nécessaires sont clairement chiffrés. Sur ce type de bateau, l’état réel compte beaucoup plus que l’année de construction.