Choisir un petit voilier pour naviguer en côtier, régater le week-end ou simplement apprendre à mieux régler ses voiles conduit souvent vers le Beneteau First 23. Derrière ses dimensions modestes se cache un bateau vif, transportable dans certaines configurations et étonnamment habitable, à condition d’accepter quelques compromis. Je détaille ici son histoire, ses caractéristiques, son comportement sous voiles, ses variantes et les points à contrôler avant un achat d’occasion.
Un petit voilier sportif pensé pour naviguer souvent
- Origine Le First 23 a rapidement pris le nom de First 235, un modèle dessiné par le Groupe Finot.
- Dimensions Il mesure environ 7,1 m de longueur pour 2,5 m de largeur.
- Performances Sa carène légère et son gréement fractionné offrent une navigation vive et précise.
- Versions On trouve une quille fixe et une quille relevable, cette dernière tirant entre 0,66 m et 1,75 m.
- Budget Les exemplaires d’occasion se situent souvent entre 7 000 et 15 000 euros, avec de fortes différences selon l’état et l’équipement.

Le First 23 devenu First 235 reste un modèle à part
Le nom First 23 correspond aux premiers exemplaires du petit croiseur lancé par Bénéteau en 1986. Le chantier l’a ensuite commercialisé sous l’appellation First 235, qui est aujourd’hui la désignation la plus courante. Cette nuance explique pourquoi deux annonces peuvent parler de First 23 et de First 235 pour des bateaux très proches, voire identiques.
Le bateau est signé Jean-Marie Finot et son équipe, un choix qui se remarque immédiatement dans les lignes de coque. L’étrave relativement fine, le tableau arrière dégagé et le safran suspendu donnent une silhouette plus sportive que celle d’un petit croiseur traditionnel des années 1980.
La production s’est étendue de 1986 au début des années 1990, avec environ 680 unités construites selon les bases de données nautiques spécialisées. Cette diffusion explique la présence régulière du modèle sur le marché de l’occasion et la disponibilité encore correcte de pièces adaptables, même si certains équipements d’origine deviennent difficiles à retrouver.
À mes yeux, son intérêt principal vient de cet équilibre entre apprentissage et plaisir de barre. Le bateau pardonne beaucoup à un équipage débutant, mais il permet aussi de progresser longtemps grâce au réglage du génois, de la grand-voile et de la quête du mât.
Les chiffres à connaître avant de monter à bord
Les données varient légèrement selon la version, la méthode de mesure et les équipements ajoutés au fil des ans. Pour éviter une fausse précision, je préfère donc présenter les valeurs généralement admises pour le First 235, avec une distinction claire entre quille fixe et quille relevable.
| Caractéristique | Valeur indicative |
|---|---|
| Longueur hors tout | 7,11 à 7,14 m |
| Longueur à la flottaison | Environ 6,20 m |
| Largeur maximale | 2,49 à 2,50 m |
| Tirant d’eau, quille fixe | Environ 1,15 m |
| Tirant d’eau, quille relevable | 0,66 m relevée, jusqu’à 1,75 m abaissée |
| Déplacement | Environ 1 200 à 1 280 kg |
| Surface de voile au près | Environ 23 à 24 m² |
| Motorisation | Hors-bord, jusqu’à environ 9,9 ch |
| Type de gréement | Sloop fractionné en tête partielle |
Le gréement fractionné signifie que l’étai avant ne rejoint pas le sommet du mât. Cette disposition donne davantage de contrôle sur la forme du mât et permet d’ajuster efficacement la puissance de la grand-voile. Sur un bateau de cette taille, le réglage du pataras et de la tension d’étai se ressent directement à la barre.
La version à quille fixe porte généralement un lest d’environ 374 à 420 kg, selon les documents et les configurations. La quille relevable embarque un lest un peu différent, mais elle offre surtout un avantage pratique pour les zones peu profondes, les échouages contrôlés et le stockage à terre.
Un petit bateau vif qui demande du réglage
Le First 235 n’est pas un voilier lourd qui avance tranquillement sur son erre. Il réagit rapidement aux variations de vent et de réglage. Par petit temps, sa légèreté l’aide à rester manœuvrant, tandis qu’au près il gagne beaucoup à être correctement équilibré plutôt qu’excessivement chargé.
Sa vitesse théorique de coque se situe autour de 6 nœuds. Dans la réalité, les performances dépendent davantage de l’état des voiles, de la propreté de la carène et de la répartition du poids que de quelques dixièmes de nœud annoncés sur une fiche technique.
Au près et dans les petits airs
Au près, je surveillerais d’abord la barre. Un bateau qui tire fortement dans le vent indique souvent une grand-voile trop creuse, un génois trop ouvert ou une mauvaise tension du gréement. Avec des voiles en bon état et une carène propre, le First 235 remonte correctement au vent pour un croiseur de cette génération.
Dans les vents faibles, il faut éviter de le charger inutilement. Les réserves d’eau, l’ancre surdimensionnée, les batteries lourdes et les équipements accumulés dans les équipets peuvent facilement dégrader la vivacité du bateau. Chaque dizaine de kilos compte davantage sur ce petit déplacement que sur un voilier de 10 mètres.
Au portant et par vent établi
Au portant, le bateau devient agréable et joueur. Un spi ou un gennaker bien maîtrisé peut transformer la navigation, mais il ne faut pas confondre plaisir sportif et capacité hauturière. Le First 235 reste un voilier de navigation côtière et de croisière légère, pas un bateau destiné à affronter systématiquement des conditions océaniques difficiles.
Dans une mer formée, sa petite longueur impose un rythme plus sec et davantage de vigilance. Je privilégierais une réduction précoce de la grand-voile plutôt qu’une lutte permanente avec un bateau surtoilé. C’est plus confortable, plus sûr et souvent plus rapide sur l’ensemble du parcours.
À bord, le confort reste celui d’un 7 mètres
Le plan intérieur est intelligent, mais il ne faut pas attendre le volume d’un croiseur familial moderne. Le First 235 propose généralement quatre couchettes, parfois une capacité administrative de quatre à six personnes selon la configuration, ainsi qu’un cabinet de toilette séparé ou cloisonné sur certaines versions.
La hauteur sous barrots est limitée et le rangement devient vite le point faible d’une croisière à plusieurs. Pour deux personnes, le bateau peut être confortable pendant plusieurs jours. À quatre adultes, il faut accepter de vivre surtout dans le cockpit et de garder un équipement très compact.
Le cockpit constitue le véritable espace de vie. Il est adapté à la navigation à la journée, aux repas au mouillage et aux manœuvres en équipage réduit. L’absence de volume superflu est même un avantage pour ceux qui veulent un bateau simple à préparer et rapide à sortir du port.Un programme réaliste
- Sortie à la journée Le modèle est particulièrement convaincant pour apprendre, régater en club ou explorer le littoral.
- Week-end côtier Deux personnes peuvent embarquer avec un équipement raisonnablement compact.
- Croisière familiale Elle reste possible, mais le confort baisse rapidement au-delà de deux adultes et un ou deux enfants.
- Navigation en eaux peu profondes La quille relevable apporte un vrai avantage dans les estuaires, les mouillages et certaines zones de Bretagne ou de Méditerranée.
La motorisation habituelle est un hors-bord de 4 à 6 ch, suffisant pour les manœuvres portuaires et les calmes. Un moteur plus puissant peut être autorisé, mais il ajoute du poids à l’arrière et ne transforme pas ce voilier en bateau à moteur. L’état du support, de la nourrice et du système de relevage compte souvent davantage que la puissance nominale.
Quelle version choisir et que vérifier à l’achat
La quille fixe est le choix le plus simple pour qui navigue principalement dans une zone suffisamment profonde. Elle offre une sensation de stabilité plus constante et moins de mécanique à surveiller. La quille relevable gagne en polyvalence, mais son puits, son axe, son câble ou son système de relevage doivent être inspectés avec soin.
| Version | Atouts | Points de vigilance |
|---|---|---|
| Quille fixe | Stabilité, simplicité, moins de pièces mobiles | Tirant d’eau plus important, transport moins pratique |
| Quille relevable | Accès aux petits fonds, échouage possible selon le site, manutention facilitée | Mécanisme, corrosion, jeu dans l’axe et état du puits |
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Les contrôles qui évitent les mauvaises surprises
Je commencerais par la structure, pas par l’électronique. Il faut examiner les fonds, les zones autour de la quille, le pied de mât, les cadènes et les éventuelles traces d’humidité. Une réparation ancienne n’est pas forcément inquiétante si elle est documentée et correctement réalisée, alors qu’un bateau brillant mais mal entretenu sous les planchers peut coûter très cher.
- Gréement dormant Vérifier l’âge des haubans, de l’étai et des sertissages. Après plusieurs décennies, un remplacement doit être intégré au budget.
- Voiles Contrôler le tissu, les coutures, les lattes et la forme générale. Des voiles très creuses réduisent fortement les performances.
- Safran et barre Rechercher du jeu, des fissures et des infiltrations autour des ferrures.
- Quille Sur une version relevable, vérifier le fonctionnement complet en charge et l’absence de choc ancien.
- Coque et pont Inspecter les zones molles, les cloques, les fissures de gelcoat et les infiltrations autour des cadènes.
- Remorque Contrôler le PTAC, les essieux, les freins, les roulements et la compatibilité réelle avec la forme de la coque.
En 2026, les annonces observées placent souvent les exemplaires navigables entre 7 000 et 15 000 euros. Un bateau très bien équipé, avec moteur récent, remorque et gréement rénové, peut dépasser 20 000 euros. À l’inverse, une unité peu chère peut nécessiter rapidement plusieurs milliers d’euros pour le gréement, les voiles, le moteur ou la quille.
Je déconseille de comparer uniquement les prix affichés. Sur un voilier de près de quarante ans, l’état du gréement et de la structure vaut bien plus que l’année inscrite sur la carte de circulation. Une expertise avant achat est particulièrement pertinente si la quille, le pied de mât ou la coque présentent des traces de réparation.
Le bon projet pour profiter d’un voilier sans le surdimensionner
Le First 23 devenu First 235 garde une vraie pertinence pour qui veut naviguer régulièrement sans gérer un bateau lourd, coûteux et complexe. Il offre assez de sensations pour progresser, assez de confort pour quelques nuits à bord et une taille qui limite les frais de port et d’entretien.
Ses limites sont tout aussi claires. Le rangement est réduit, la mer formée devient vite exigeante et l’équipement d’un exemplaire ancien peut coûter plus cher que prévu. Pour un programme côtier, un couple ou un équipage léger, je le considère encore comme un excellent compromis entre apprentissage, performance et simplicité, à condition de choisir un bateau sain plutôt qu’une bonne affaire en apparence.