Jeanneau Love Love - le petit croiseur côtier vaut-il le coup ?

Un voilier "love love" amarré au ponton, avec un moteur Suzuki prêt à l'action. Des pare-battages protègent la coque.

Écrit par

Benoît Faure

Publié le

15 mai 2026

Table des matières

Un bateau de 6,60 m peut-il encore offrir de vraies croisières sans devenir un chantier permanent ? Le voilier Love Love de Jeanneau reste une réponse intéressante pour qui cherche un petit croiseur côtier simple, transportable et accessible. Je détaille ici ses caractéristiques, son comportement en mer, ses limites, ainsi que les points à contrôler avant un achat d’occasion.

L’essentiel à retenir avant de regarder les annonces

  • Production : environ 780 exemplaires construits par Jeanneau entre 1970 et 1979.
  • Gabarit : 6,60 m de long, 2,45 m de large et 1,05 m de tirant d’eau.
  • Programme : croisière côtière, sorties à la journée et petites navigations de plusieurs jours.
  • Habitabilité : de 2 à 5 couchages selon l’aménagement et le niveau de confort accepté.
  • Marché de l’occasion : des annonces vues en 2026 entre environ 1 200 et 4 500 €, avec de grands écarts selon l’état.

Un voilier navigue sur une mer calme sous un ciel rose et bleu. Une douce brise, un voilier love love, emporte ce rêve.

Un petit croiseur Jeanneau né pour la côte

Le Love Love est un monocoque habitable lancé par Jeanneau au début des années 1970. Il appartient à cette génération de petits voiliers en polyester qui a rendu la croisière accessible à de nombreux plaisanciers français, avec une construction relativement simple et des coûts d’entretien raisonnables.

Sa longueur hors tout est annoncée à 6,60 m, pour une largeur d’environ 2,45 m. La coque en polyester armé de fibres de verre, la quille fixe et la barre franche donnent au bateau une architecture classique, facile à comprendre et à entretenir. C’est précisément ce qui me paraît encore séduisant aujourd’hui : on peut intervenir soi-même sur une grande partie du bateau.

La production s’est étendue de 1970 à 1979, avec environ 780 unités. Cette diffusion explique pourquoi on trouve encore des pièces, des plans, des retours d’expérience et des propriétaires capables d’aider sur les forums ou dans les associations de plaisanciers.

Des dimensions simples, mais encore cohérentes en mer

Les fiches techniques disponibles ne donnent pas toujours exactement les mêmes chiffres, notamment pour le déplacement à vide. Cela vient des méthodes de mesure et des équipements ajoutés au fil des années. Je retiens donc les valeurs suivantes comme des ordres de grandeur fiables.

Caractéristique Valeur indicative Ce que cela signifie
Longueur hors tout 6,60 m Gabarit adapté à de nombreux ports et mouillages côtiers
Largeur 2,45 m Un compromis entre stabilité et facilité de transport
Tirant d’eau 1,05 m Accès possible à des zones peu profondes, selon la marée
Déplacement lège Environ 1 100 à 1 200 kg Un bateau assez lourd pour sa taille, avec une bonne inertie
Lest Environ 450 à 470 kg Une stabilité correcte sous voiles
Surface de voilure au près Environ 25 m² Un plan de voilure orienté croisière plutôt que performance pure
Tirant d’air Environ 10,20 m À vérifier avant de passer sous un pont ou une ligne électrique
Couchettes 2 à 5 Capacité théorique, avec un confort meilleur à deux ou trois

Le rapport entre le lest et le déplacement se situe autour de 40 %, ce qui contribue à une bonne raideur à la toile. En clair, le bateau accepte une brise soutenue sans se coucher immédiatement, même si cela ne dispense jamais de réduire la voilure lorsque le vent monte.

Avec une grand-voile d’environ 11 m², un génois proche de 14 m² et un spi d’environ 30 m², le Love Love peut être vivant dans le petit temps lorsqu’il est correctement réglé. Je ne le présenterais toutefois pas comme un voilier rapide. Sa vitesse théorique de coque tourne autour de 5,8 nœuds, et son déplacement limite naturellement les accélérations spectaculaires.

Ce qu’il vaut en navigation au quotidien

Un bateau à l’aise dans son programme

Le domaine naturel de ce petit croiseur reste la navigation côtière. Il convient aux sorties à la journée, aux week-ends et aux croisières de quelques jours entre ports proches. Son faible tirant d’eau facilite l’exploration des estuaires, des abers et de certains mouillages accessibles uniquement à marée haute.

La quille fixe et le lest important lui donnent une assiette rassurante. La barre franche transmet bien les réactions de la coque, ce qui est appréciable pour apprendre à sentir le bateau. À mes yeux, c’est un bon support pour progresser sur les réglages, les virements et la gestion de la toile sans être noyé sous des systèmes complexes.

Des limites qu’il faut accepter

La hauteur sous barrots reste faible, autour de 1,50 m au maximum. L’intérieur est donc fonctionnel plutôt que confortable, et cinq couchages ne signifient pas cinq personnes à l’aise pendant une semaine. Pour une famille, je conseillerais plutôt deux adultes et un enfant, avec une organisation très rigoureuse du rangement.

La catégorie de navigation 3 mentionnée dans certaines fiches anciennes ne doit pas être interprétée comme une autorisation automatique pour toutes les conditions actuelles. La sécurité dépend de l’état réel du bateau, de son armement, de la météo et de l’expérience de l’équipage. Un Love Love bien entretenu peut aller loin, mais son programme raisonnable reste celui d’un croiseur côtier, pas celui d’un bateau de grand voyage.

Le moteur auxiliaire est généralement un hors-bord. C’est simple et économique, mais il faut vérifier son support, son accès depuis le cockpit et sa puissance réelle. Un moteur de 6 à 8 chevaux peut convenir à beaucoup d’usages, à condition d’être bien entretenu et adapté au poids du bateau.

Acheter un exemplaire d’occasion sans se faire piéger

Le prix affiché ne représente qu’une partie du budget. Les annonces consultées en 2026 montrent des montants allant d’environ 1 200 à 4 500 €, parfois davantage pour un bateau prêt à naviguer avec remorque et équipement. À l’inverse, un exemplaire très bon marché peut réclamer plusieurs milliers d’euros avant sa remise à l’eau.

État du bateau Budget d’achat indicatif Risque principal
À restaurer 500 à 1 500 € Gréement, voiles, moteur et sécurité souvent à remplacer
Navigable avec travaux 1 500 à 3 000 € Découvertes après démontage et contrôle de la coque
Prêt à naviguer 3 000 à 5 000 € Prix plus élevé, mais dépenses immédiates réduites

La coque et le lest d’abord

Je commence toujours par la coque, car une sellerie fatiguée se remplace facilement alors qu’un problème structurel peut ruiner le projet. Il faut inspecter les zones autour de la quille, du pied de mât, des cadènes et du tableau arrière. Des fissures profondes, des traces de délamination ou une déformation anormale doivent conduire à demander l’avis d’un professionnel.

Le lest et ses fixations méritent une attention particulière. On recherchera les infiltrations, les boulons très corrodés, les réparations anciennes et les traces de choc. Une coque sale n’est pas forcément inquiétante, mais une coque fraîchement repeinte qui masque les zones sensibles mérite davantage de prudence.

Le gréement coûte vite plus cher que le bateau

Un mât en aluminium peut rester en bon état après plusieurs décennies, mais les câbles, ridoirs, embouts et sertissages vieillissent. Si le gréement dormant est d’origine, je prévoirais son remplacement par précaution. Selon le professionnel, le diamètre des câbles et l’accessibilité, il faut souvent compter 800 à 1 500 € pour une remise à niveau sérieuse.

Les voiles sont tout aussi importantes. Une grand-voile et un génois très creux peuvent donner l’impression que la coque avance mal, alors que le problème vient simplement de la toile. Un jeu d’occasion adapté peut réduire la facture, mais il faut vérifier les ralingues, les coulisseaux, les points d’amure et l’état des tissus.

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Les équipements à contrôler avant la signature

  • Barre et safran : absence de jeu excessif, de fissures et de délamination.
  • Pompe et évacuations : fonctionnement réel, pas seulement une présence dans l’inventaire.
  • Hors-bord : démarrage à froid, refroidissement, marche avant et marche arrière.
  • Remorque : essieu, pneus, freins, éclairage et carte grise.
  • Électricité : batterie, coupe-circuit, feux de navigation et câblage.
  • Sécurité : gilets, extincteur, ligne de mouillage, fusées si nécessaires et moyens de communication.

Je déconseille de conclure une vente sur quelques photographies et une promesse de bateau « prêt à partir ». Une visite à sec, un essai du moteur et un contrôle du gréement valent largement le temps consacré. Pour un bateau de cet âge, l’historique d’entretien compte davantage que l’année exacte du modèle.

Rénover intelligemment sans transformer le bateau en gouffre financier

La meilleure rénovation n’est pas forcément la plus moderne. Sur ce type de voilier, je privilégie d’abord la sécurité et l’étanchéité, puis la fiabilité du gréement et du moteur. Les équipements de confort viennent après, car un chauffage ou un pilote automatique ne compensera jamais une cadène douteuse.

Une remise en état raisonnable peut se répartir ainsi :

  • Contrôle et petites réparations de coque : 300 à 1 000 €.
  • Gréement dormant : 800 à 1 500 €.
  • Voiles d’occasion en bon état : 500 à 1 500 €.
  • Hors-bord révisé ou remplacé : 600 à 2 000 €.
  • Équipement de sécurité et mouillage : 400 à 1 000 €.

Ces montants restent indicatifs et ne comprennent pas la main-d’œuvre lourde, le transport ou une place de port. Ils montrent surtout pourquoi un bateau acheté 1 000 € peut rapidement atteindre 4 000 à 7 000 € de budget total. Dans beaucoup de cas, acheter un exemplaire déjà suivi est plus rationnel qu’acquérir une coque abandonnée à bas prix.

Je conserverais aussi les équipements d’origine lorsqu’ils sont sains. Une électronique minimaliste, une bonne carte papier en complément, un sondeur simple et un moteur fiable correspondent mieux à l’esprit du bateau qu’une installation coûteuse et difficile à dépanner.

Le bon choix pour apprendre et naviguer sans suréquiper

Le Love Love est intéressant pour un plaisancier qui veut un premier habitable simple, un bateau de week-end ou une petite unité à remettre progressivement en état. Il offre assez de stabilité et de volume pour découvrir la croisière, tout en restant plus accessible qu’un croiseur moderne de taille comparable.

Je le choisirais avec trois conditions. La coque et le lest doivent être sains, le gréement doit avoir été contrôlé récemment et le budget de remise à niveau doit être défini avant l’achat. Avec ces précautions, ce petit Jeanneau peut encore offrir de belles navigations côtières, à condition de respecter ses limites et de ne pas lui demander le confort d’un voilier contemporain.

Questions fréquentes

Le Love Love est adapté à la croisière côtière, aux sorties à la journée, aux week-ends et aux navigations de quelques jours entre ports proches. Son tirant d’eau d’environ 1,05 m facilite l’accès à certains mouillages peu profonds, mais il reste préférable de respecter ses limites plutôt que de l’utiliser comme bateau de grand voyage.

Le bateau propose théoriquement de 2 à 5 couchages, avec une hauteur sous barrots pouvant atteindre environ 1,50 m. En pratique, le confort est meilleur à deux ou trois, et une configuration familiale raisonnable correspond plutôt à deux adultes et un enfant avec un rangement très organisé.

Les annonces se situent environ entre 1 200 et 4 500 €, selon l’état et l’équipement. En ajoutant la coque, le gréement, les voiles, le hors-bord et la sécurité, le budget total peut atteindre 4 000 à 7 000 € pour un exemplaire acheté à bas prix.

Il faut inspecter la coque autour de la quille, du pied de mât, des cadènes et du tableau arrière, puis vérifier le lest, le safran et les éventuelles traces de délamination. Contrôlez aussi le gréement dormant, les voiles, le démarrage à froid du hors-bord, la remorque, l’électricité et l’équipement de sécurité, idéalement lors d’une visite à sec et d’un essai.

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croisière côtière gréement hors-bord remorque love love

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Benoît Faure

Benoît Faure

Je m'appelle Benoît Faure et j'ai trois ans d'expérience dans le domaine de la navigation, de la culture et de l'ingénierie maritime. Mon intérêt pour ces sujets a commencé dès mon enfance, lorsque je passais mes étés à explorer les côtes et à m'émerveiller devant la beauté des navires. Aujourd'hui, je m'efforce de partager cette passion à travers mes écrits, en aidant mes lecteurs à mieux comprendre les enjeux contemporains de la mer et des technologies maritimes. Je m'engage à fournir des informations utiles, précises et accessibles. Pour cela, je vérifie minutieusement mes sources et compare les informations disponibles afin de simplifier des sujets parfois complexes. J'aime suivre les tendances du secteur et organiser mes connaissances de manière claire, afin que chacun puisse en tirer profit. Mon objectif est de rendre la culture maritime et l'ingénierie accessibles à tous, en rendant ces thèmes captivants et pertinents.

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