Quand on étudie un First 31.7, trois chiffres changent immédiatement la lecture du bateau : son tirant d’eau, son déplacement et sa surface de voilure. Cette fiche technique rassemble les dimensions, le gréement, la motorisation, les capacités à bord et les différences entre versions, avec les précautions utiles pour interpréter ces données sur un voilier d’occasion.
Les données essentielles du First 31.7 en un coup d’œil
- Longueur hors tout : 9,61 m pour une largeur de 3,23 m.
- Déplacement lège : environ 3 750 kg selon la définition constructeur.
- Tirant d’eau : 1,90 m en version GTE ou environ 1,45 m en version PTE.
- Voilure standard : grand-voile de 23,60 m² et génois de 28,90 m².
- Motorisation courante : diesel de 21 CV avec un réservoir de 30 l.
- Programme : course-croisière, avec six personnes en navigation dans la configuration homologuée la plus courante.

Les dimensions et les chiffres qui définissent le modèle
Le First 31.7 mesure 9,61 m hors tout, tandis que sa longueur de coque est d’environ 9,50 m. Sa longueur à la flottaison atteint 8,80 m, un chiffre qui compte beaucoup pour la vitesse potentielle et le comportement dans la mer formée. Avec 3,23 m de largeur, le bateau offre un cockpit confortable sans devenir difficile à manœuvrer dans un port français standard.
| Caractéristique | Valeur indicative | Ce que cela signifie en pratique |
|---|---|---|
| Longueur hors tout | 9,61 m | Gabarit d’un voilier de 31 pieds |
| Longueur de coque | 9,50 m | Dimension structurelle de la coque |
| Longueur à la flottaison | 8,80 m | Influence la vitesse et la stabilité dynamique |
| Largeur maximale | 3,23 m | Bon compromis entre habitabilité et performance |
| Déplacement lège | 3 750 kg | Valeur à distinguer du poids réellement chargé |
| Tirant d’air maximal | Environ 13,90 m | À vérifier avant de passer sous un pont |
Le déplacement annoncé correspond à un bateau lège. Une fois ajoutés le carburant, l’eau, les voiles de rechange, l’électronique, l’annexe et l’équipage, le poids réel augmente sensiblement. C’est une distinction importante, car un First 31.7 chargé pour la croisière sera moins vif qu’un bateau préparé pour la régate, même si les deux portent le même nom.
La coque en polyester et le dessin signé Finot Conq placent le modèle dans la famille des course-croisière. Le plan est issu d’une génération de carènes relativement fines et réactives, avec une quille à ailettes et un safran séparé. Je trouve que c’est précisément cet équilibre entre légèreté relative, volume intérieur et sensations à la barre qui explique la longévité du modèle.
GTE ou PTE, le tirant d’eau change vraiment le bateau
La version grand tirant d’eau, dite GTE, descend généralement à 1,90 m. Elle offre davantage de bras de levier au lest et conserve mieux son angle de navigation lorsque le vent monte. Pour la Manche, l’Atlantique ou la Méditerranée au large, c’est la configuration que je privilégierais si l’accès aux ports peu profonds n’est pas une priorité.
La version petit tirant d’eau, dite PTE, se situe autour de 1,45 m. Elle ouvre davantage de ports, de mouillages et de zones côtières, mais il ne faut pas la considérer comme une simple GTE raccourcie. La répartition du lest et le comportement à la gîte peuvent différer, surtout dans les conditions soutenues.| Version | Tirant d’eau | Avantage principal | Limite à accepter |
|---|---|---|---|
| GTE | Environ 1,90 m | Meilleure raideur à la toile et meilleur potentiel au près | Accès limité dans les ports et chenaux peu profonds |
| PTE | Environ 1,45 m | Navigation facilitée dans les zones à faible profondeur | Comportement potentiellement moins raide dans le vent fort |
Le piège classique consiste à comparer deux annonces sans vérifier la quille. Un First 31.7 PTE peut sembler plus pratique sur le papier, mais un acheteur habitué à la vivacité d’une GTE risque de le trouver différent au près. Avant une visite, je demande donc systématiquement le tirant d’eau réellement inscrit dans les documents du bateau, et pas seulement celui copié dans l’annonce.
Un gréement pensé pour naviguer vite sans devenir extrême
Le plan de voilure standard comprend une grand-voile d’environ 23,60 m² et un génois de 140 % proche de 28,90 m². Le spinnaker symétrique atteint environ 70,36 m². Ces chiffres donnent au bateau une bonne puissance dans le petit temps, mais ils rendent aussi l’état des voiles déterminant sur un modèle qui peut avoir plus de vingt ans.
| Élément du gréement | Dimension ou surface |
|---|---|
| Grand-voile | Environ 23,60 m² |
| Génois 140 % | Environ 28,90 m² |
| Spinnaker symétrique | Environ 70,36 m² |
| Hauteur I | 11,87 m |
| Longueur J | 3,44 m |
| Guindant de grand-voile P | 10,80 m |
| Bordure de grand-voile E | 3,90 m |
Sur un bateau de cet âge, remplacer un jeu de voiles fatigué peut transformer davantage les performances qu’une modification électronique coûteuse. Une grand-voile déformée augmente la gîte et rend le bateau plus pénible à équilibrer. À l’inverse, des voiles correctement taillées redonnent rapidement de la vitesse et du confort à la barre.
Motorisation, autonomie et vie à bord
La motorisation d’origine est généralement un diesel d’environ 21 CV, souvent associé à un moteur Yanmar ou Volvo Penta selon le bateau et son millésime. Le réservoir de carburant annoncé tourne autour de 30 l, tandis que la capacité d’eau douce est proche de 160 l dans les fiches techniques disponibles.
| Équipement | Valeur courante | Point de contrôle |
|---|---|---|
| Puissance moteur | Environ 21 CV | Heures, refroidissement, échappement et transmission |
| Carburant | Environ 30 l | État du réservoir et accessibilité du filtre |
| Eau douce | Environ 160 l | Réservoir, pompe et éventuelles modifications |
| Cabines | Deux espaces séparés selon l’aménagement | Humidité, ventilation et état des équipets |
| Capacité de couchage | Environ 4 à 6 personnes | Confort réel très dépendant de la charge et de la durée |
L’intérieur propose habituellement une cabine avant, une cabine arrière, un carré convertible, une cuisine et un cabinet de toilette. La capacité annoncée peut atteindre six personnes, mais je réserverais ce niveau d’occupation aux sorties courtes. Pour une croisière d’une semaine, quatre personnes offrent un bien meilleur confort, notamment pour conserver des rangements et limiter la surcharge.
La puissance de 21 CV paraît modeste à côté de certains voiliers modernes, mais elle suffit généralement pour les manœuvres portuaires et la progression au moteur dans des conditions normales. Elle ne compense pas une hélice mal adaptée, une carène sale ou un moteur mal entretenu. Une visite technique doit donc porter sur l’ensemble de la chaîne propulsive, pas uniquement sur le nombre de chevaux.
Ce que ces caractéristiques disent du programme de navigation
Avec son déplacement contenu, son grand tirant d’eau disponible et sa voilure généreuse, le First 31.7 vise clairement la course-croisière. Il peut accélérer rapidement dans les brises légères et reste agréable à barrer lorsque le réglage des voiles est soigné. Sa longueur à la flottaison lui donne aussi une vitesse théorique proche de 7 nœuds, sans que cette valeur puisse être prise comme une vitesse garantie dans toutes les conditions.
Le bateau se prête bien aux régates amateurs, aux croisières côtières et aux traversées entre ports suffisamment équipés. Il est moins adapté à celui qui recherche un voilier très volumineux, un tirant d’eau minimal ou un intérieur conçu pour vivre à six personnes pendant plusieurs semaines.
- Pour la régate côtière, privilégier une GTE bien réglée, des voiles récentes et un gréement contrôlé.
- Pour le cabotage en Bretagne sud ou en Charente-Maritime, la PTE peut apporter une vraie liberté de mouillage.
- Pour la croisière familiale, vérifier l’autonomie en eau, le rangement et la charge embarquée plutôt que la seule capacité homologuée.
- Pour une traversée hauturière, contrôler la structure, les passe-coques, le gréement et la stabilité de l’installation électrique avant de se fier aux performances annoncées.
Le modèle est souvent comparé au Sun Fast 32, au X-302 ou à d’autres course-croisière de la même génération. Je ne choisirais pas uniquement sur la longueur ou la surface de voilure. Le First 31.7 marque des points par sa diffusion, son comportement équilibré et la disponibilité de pièces, mais l’état de chaque unité compte aujourd’hui davantage que la fiche d’origine.
Les contrôles à faire avant d’acheter un First 31.7
Une fiche technique décrit un bateau neuf ou conforme à une configuration donnée. Elle ne révèle ni les réparations, ni les modifications, ni l’usure accumulée. Sur un modèle d’occasion, je commence par demander les factures du moteur, du gréement dormant, des voiles et des travaux de quille, car ces postes peuvent modifier fortement la valeur réelle du bateau.
- Identifier la version de quille et mesurer le tirant d’eau réel.
- Inspecter la jonction quille-coque pour repérer déformation, fissures ou traces d’infiltration.
- Examiner le gréement, les cadènes, le pied de mât et les barres de flèche.
- Tester le moteur à froid, puis contrôler fumée, refroidissement, vibrations et marche arrière.
- Vérifier l’humidité du pont, surtout autour des cadènes, winches, chandeliers et hublots.
- Comparer le matériel à bord avec la configuration annoncée, car les options de régate et l’électronique ne sont pas toujours incluses.
Les capacités d’eau et de carburant peuvent aussi changer après remplacement des réservoirs. De même, la surface de voilure varie selon les voiles réellement fournies, les ris ajoutés et le choix d’un génois plus ou moins recouvrant. Pour moi, la meilleure fiche technique d’un bateau d’occasion est donc celle que l’on complète avec les mesures et l’historique de l’unité visitée.
La bonne lecture des chiffres avant de prendre la mer
Le First 31.7 reste un voilier cohérent pour qui veut associer sensations à la barre, confort côtier et potentiel de régate. Ses dimensions de 9,61 m, son déplacement d’environ 3,75 tonnes et ses deux options de tirant d’eau permettent de cibler précisément son programme.
Je retiendrais surtout ceci : la GTE favorise la raideur et la performance, la PTE facilite l’accès aux petits fonds, et l’état du gréement fera souvent plus de différence que quelques centaines de kilogrammes annoncés sur une brochure. Une unité bien entretenue peut encore offrir un excellent compromis, à condition d’évaluer le bateau réel plutôt que de se contenter des chiffres d’origine.