Beneteau First 345 d’occasion, que vérifier avant l’achat ?

Voilier blanc sur bers, prêt pour la saison. Les premiers 345 avis sont positifs pour ce bateau.

Écrit par

Patrick Marchand

Publié le

19 juin 2026

Table des matières

Choisir un voilier de quarante ans demande de regarder au-delà de la réputation du modèle. Le Beneteau First 345 séduit encore par sa vitesse, sa stabilité et son caractère marin, mais son état réel compte davantage que son année de construction. Je passe en revue les avis de propriétaires, les données techniques, les points à contrôler et le prix cohérent sur le marché français.

Un croiseur rapide qui reste intéressant sous certaines conditions

  • Programme : excellent compromis entre croisière côtière, régate amateur et navigation hauturière préparée.
  • Comportement : bateau réactif, raide à la toile et agréable dans le vent soutenu.
  • Construction : série produite de 1983 à 1988, avec environ 460 unités construites.
  • Budget observé : environ 17 500 à 33 000 € selon l’état, le gréement et l’équipement.
  • Point décisif : l’humidité du pont, l’état du gréement et les éventuels travaux structurels doivent être vérifiés par un professionnel.

Voilier blanc

Ce que disent vraiment les propriétaires du First 345

Les avis sur le First 345 sont remarquablement cohérents. Je retrouve souvent les mêmes qualités : une barre vivante, une bonne vitesse dans les allures portantes et un bateau qui accepte de naviguer dans une mer formée sans donner l’impression de subir chaque rafale.

Son comportement vient en grande partie de son dessin signé Jean Berret. Le bateau possède une quille longue avec lest, un safran suspendu et un gréement de sloop en tête. En pratique, cela donne un voilier qui répond rapidement aux réglages et qui conserve une bonne assiette lorsque le vent monte.

Qualité souvent citée Ce que cela signifie en navigation
Réactivité Le bateau accélère facilement après un réglage de voile ou un changement d’allure.
Raideur à la toile Il supporte bien la brise avant de devenir vraiment inconfortable.
Vitesse Il reste compétitif face à de nombreux croiseurs plus récents de longueur comparable.
Barre sensible Le barreur ressent mieux les variations de vent, mais doit rester attentif dans les rafales.

Je nuancerais toutefois l’enthousiasme de certains témoignages. Un First 345 bien entretenu peut être très plaisant, tandis qu’un exemplaire négligé devient rapidement un chantier coûteux. À cet âge, l’historique d’entretien vaut souvent plus que le modèle lui-même.

Des caractéristiques qui expliquent sa réputation

Le First 345 mesure environ 10,55 mètres de longueur pour 3,50 mètres de largeur. Selon la version, le tirant d’eau se situe autour de 1,35 mètre en version peu profonde ou de 1,87 à 1,90 mètre pour le grand tirant d’eau. Cette dernière configuration offre généralement un meilleur comportement au près, mais limite le choix des mouillages.

Caractéristique Valeur indicative Conséquence pratique
Longueur hors tout 10,55 à 11 mètres selon les fiches Format adapté aux ports français, avec des frais qui restent raisonnables face à un 12 mètres.
Largeur Environ 3,50 mètres Bon équilibre entre stabilité et volume intérieur.
Tirant d’eau Environ 1,35 ou 1,90 mètre La version profonde est plus efficace au près, la version courte accède à davantage de ports.
Déplacement Environ 4,6 à 5,5 tonnes selon la configuration Un bateau suffisamment lesté pour rester stable, mais pas conçu comme un lourd croiseur traditionnel.
Surface de voilure Environ 48 à 64 m² selon le calcul retenu Une garde-robe généreuse qui permet de bien exploiter les petits airs.
Réservoir d’eau Environ 400 litres Autonomie confortable pour la croisière, à condition que les réservoirs et les canalisations soient en bon état.

Les chiffres varient légèrement entre les fiches techniques, notamment pour le déplacement et la surface de voilure. Cela vient des versions, des méthodes de mesure et des équipements ajoutés au fil des années. Pour une décision d’achat, je privilégie toujours les mesures relevées sur le bateau inspecté plutôt qu’une donnée générale trouvée dans une annonce.

Les points faibles à contrôler avant l’achat

Le pont en sandwich balsa revient régulièrement dans les discussions de propriétaires. Le balsa n’est pas un défaut en soi, mais une infiltration ancienne peut créer des zones humides et molles autour des chandeliers, des winchs, du pied de mât ou des cadènes. Un simple coup d’œil ne suffit pas. Il faut un contrôle au son, une mesure d’humidité et, si nécessaire, une ouverture localisée.

La structure et le pont

  • Pont et roof : rechercher les zones souples, les auréoles et les réparations mal reprises.
  • Cadènes : vérifier les déformations, les fissures et les traces de corrosion autour des points de reprise.
  • Quille : examiner la liaison coque-quille après un échouement ou un talonnage connu.
  • Varangues et renforts : contrôler les signes de décollement ou de fissure dans les fonds.
  • Hublots et plexiglas : les fuites anciennes peuvent avoir endommagé les vaigrages et les structures voisines.

Le gréement et les voiles

Sur un voilier de cet âge, le gréement dormant est un poste prioritaire. Si les haubans, les embouts ou l’étai n’ont pas été remplacés depuis longtemps, il faut demander un devis avant de négocier le prix. Des voiles fatiguées peuvent aussi donner l’impression que le bateau est lent alors que la carène reste parfaitement saine.

Je regarderais en particulier l’état du mât, des barres de flèche, des ridoirs, des cadènes et du pied de mât. Une grande-voile déformée ou un génois trop creux ne sont pas seulement des problèmes de performance. Ils augmentent la gîte et rendent le bateau plus difficile à contrôler dans les rafales.

Lire aussi : Surprise d’Archambault - le guide pour bien choisir son modèle

Le moteur et les systèmes

Les First 345 rencontrés aujourd’hui n’ont pas tous leur motorisation d’origine. On trouve des remotorisations avec des historiques très différents. Le nombre d’heures affiché est utile, mais il ne remplace pas un essai à froid, une vérification du refroidissement et un contrôle de l’échappement.

Il faut aussi tester le pilote automatique, le guindeau, les pompes, le circuit électrique, le chargeur et les instruments. Un bateau bien équipé n’est pas forcément un bateau bien entretenu. Un GPS récent peut masquer une installation électrique ancienne et fragile.

Quel programme lui convient le mieux

Le First 345 convient très bien à un équipage qui veut naviguer vite sans sacrifier complètement le confort. Son intérieur offre généralement deux ou trois cabines selon l’aménagement, avec une capacité annoncée pouvant atteindre six à huit couchages. En croisière familiale, je le trouve plus agréable à quatre ou cinq personnes qu’à pleine capacité.

Programme Avis Conditions de réussite
Croisière côtière Très adapté Choisir le faible tirant d’eau si les ports et mouillages peu profonds sont prioritaires.
Croisière hauturière Possible et crédible Prévoir un gréement contrôlé, une bonne sécurité à bord et une électronique fiable.
Régate amateur Encore intéressant Des voiles en bon état et un accastillage correctement réglé font une différence considérable.
Vie à bord permanente Plus discutable Le volume reste inférieur à celui d’un croiseur moderne conçu d’abord pour l’habitable.

Il ne faut pas confondre capacité hauturière et préparation hauturière. Le modèle a les qualités nautiques pour envisager des traversées, mais une unité destinée à la Manche ou à l’Atlantique devra disposer d’un gréement fiable, d’un radeau révisé, d’un moyen de communication indépendant et d’une installation électrique capable de tenir plusieurs jours.

Quel prix payer pour un First 345 en 2026

Les annonces françaises consultées récemment montrent une fourchette très large, d’environ 17 500 à 33 000 €. Cette différence ne reflète pas seulement l’état esthétique. Elle dépend surtout du moteur, du gréement, des voiles, de l’électronique, du tirant d’eau et des travaux déjà réalisés.

Situation du bateau Positionnement cohérent Lecture à avoir
Prix bas Autour de 17 500 à 22 000 € Prévoir probablement des travaux, même si l’annonce parle de bateau navigable.
Unité entretenue Environ 23 000 à 29 000 € Zone souvent intéressante si le gréement, le moteur et les voiles sont suivis.
Exemplaire très équipé Jusqu’à 30 000 à 33 000 € Le prix se justifie seulement avec des factures récentes et un dossier technique clair.

Je déconseille de négocier uniquement sur le prix affiché. Une expertise complète et un devis de gréement peuvent révéler plusieurs milliers d’euros de différence entre deux bateaux visuellement comparables. Le bon achat est celui qui laisse encore une marge pour les voiles, les batteries, les passe-coques et la sécurité.

Le verdict pour un acheteur exigeant

Le Beneteau First 345 reste un excellent choix de voilier d’occasion pour qui recherche un bateau vivant, polyvalent et capable de couvrir rapidement des milles. Il procure davantage de sensations qu’un croiseur familial plus récent de même taille, tout en restant assez habitable pour une vraie croisière.

Je le recommanderais à un plaisancier prêt à suivre techniquement son bateau et à accepter quelques travaux. En revanche, je passerais mon chemin devant une unité dont le pont est humide, le gréement ancien ou l’historique incomplet, même si le prix semble séduisant.

La meilleure approche consiste à comparer trois éléments ensemble : le comportement en mer, l’état structurel et le budget de remise à niveau. Lorsque ces trois critères sont alignés, le First 345 offre encore un rapport plaisir-prix particulièrement convaincant sur le marché français.

Questions fréquentes

Le pont en sandwich balsa doit être inspecté autour des chandeliers, des winchs, du pied de mât et des cadènes. Recherchez les zones souples et les infiltrations avec un contrôle au son, une mesure d’humidité et, si nécessaire, une ouverture localisée.

Les prix observés vont d’environ 17 500 à 33 000 €. Une unité située entre 23 000 et 29 000 € peut être intéressante si le moteur, le gréement et les voiles sont suivis, tandis que les exemplaires moins chers nécessitent souvent des travaux.

Le faible tirant d’eau mesure environ 1,35 m et facilite l’accès aux ports et mouillages peu profonds. Le grand tirant d’eau, autour de 1,87 à 1,90 m, améliore généralement le comportement au près mais réduit le choix des mouillages.

Oui, à condition de préparer sérieusement le bateau. Il faut notamment contrôler le gréement, disposer d’un radeau révisé, d’un moyen de communication indépendant et d’une installation électrique fiable pour plusieurs jours.

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Patrick Marchand

Patrick Marchand

Je m'appelle Patrick Marchand et j'ai 13 ans d'expérience dans le domaine de la navigation, de la culture et de l'ingénierie maritime. Mon intérêt pour ces sujets a débuté dès mon plus jeune âge, lorsque je passais des heures à explorer les côtes et à rêver de voyages en mer. Aujourd'hui, je me consacre à partager mes connaissances et à aider les lecteurs à comprendre les enjeux complexes qui entourent notre rapport à la mer. Dans mes écrits, je m'efforce de rendre accessibles des concepts parfois difficiles, en vérifiant soigneusement mes sources et en comparant les informations pour offrir une perspective claire et précise. Je suis passionné par l'actualité maritime et je m'engage à fournir des informations utiles, exactes et à jour, afin que chacun puisse apprécier la richesse de notre patrimoine maritime et les défis de l'ingénierie qui l'accompagnent.

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