Feeling 1090 - L'avis expert avant d'acheter votre voilier

Coupe intérieure d'un voilier, montrant la cabine, la cuisine et le poste de pilotage. Fiche technique Feeling 1090.

Écrit par

Théodore Duval

Publié le

28 mai 2026

Table des matières

Le Feeling 1090 appartient à cette génération de croiseurs français qui ont su garder une vraie personnalité en mer. Ici, je passe en revue ses dimensions, son gréement, ses aménagements et les points qui comptent vraiment quand on compare un exemplaire d’occasion. L’idée est simple: vous donner une lecture claire de sa fiche technique, sans noyer l’essentiel sous des chiffres isolés.

Les points clés à connaître avant de juger le bateau

  • Longueur hors tout d’environ 11,10 m, bau de 3,56 à 3,60 m et déplacement autour de 5,0 à 5,3 tonnes.
  • Plan de voilure de type sloop en tête, avec une surface globale qui tourne autour de 71 à 75 m² selon les sources et les versions.
  • Tirant d’eau variable selon la quille, ce qui change à la fois l’accès aux mouillages et le comportement au près.
  • Intérieur lumineux grâce au roof panoramique, avec un vrai volume utile pour la croisière familiale.
  • Sur le marché de l’occasion, la valeur dépend surtout du gréement, du moteur, des réservoirs et de l’historique d’entretien.

Coupe intérieure d'un voilier Feeling 1090, montrant la cuisine, le salon et le poste de pilotage. Fiche technique détaillée.

Les dimensions et la carène qui posent le décor

Quand je lis la fiche d’un voilier de cette époque, je commence toujours par trois repères: la longueur hors tout, le bau et le déplacement. C’est ce trio qui dit le plus vite si l’on a affaire à un croiseur volumineux, à un bateau nerveux ou à un compromis bancal. Le Feeling 1090, lui, reste sur une ligne assez nette: un 11 mètres qui cherche à la fois le volume et le tempérament.

Caractéristique Valeur de référence Ce que cela change à bord
Longueur hors tout 11,10 m La catégorie réelle du bateau se lit ici, pas seulement sur la longueur de coque.
Longueur de coque 10,81 m Base souvent reprise dans les documents techniques et les fiches de vente.
Longueur à la flottaison 8,76 à 8,80 m Influe directement sur la vitesse théorique et la manière dont le bateau porte sa charge.
Bau 3,56 à 3,60 m Explique le volume intérieur et une bonne stabilité initiale.
Déplacement 5,05 à 5,30 t Assez lourd pour croiser proprement, sans tomber dans l’inertie excessive.
Lest 2,0 à 2,15 t Participe à la rigidité au près et à la tenue dans la brise.
Construction Polyester / fibre de verre Classique de son époque, avec des contrôles d’osmose et de structure à ne pas négliger.
Architectes Philippe Harlé et Bernard Mortain Un dessin connu pour son équilibre entre rendement et habitabilité.

Je fais volontairement une distinction entre la longueur de coque et la longueur hors tout, parce que c’est souvent là que les annonces deviennent confuses. Le gain d’un peu plus de 30 centimètres ne change pas seulement la fiche administrative: il traduit aussi une plage arrière et une silhouette plus moderne que celle de certains croiseurs de la génération précédente. Autrement dit, le bateau n’a pas été dessiné pour “faire grand” sur papier, mais pour offrir un vrai volume exploitable.

Ces chiffres prennent tout leur sens dès qu’on regarde le plan de voilure, parce que c’est lui qui donne le rythme du bateau au près comme au portant.

Un plan de voilure qui donne du répondant

Le gréement du Feeling 1090 est celui d’un sloop en tête assez classique sur le papier, mais le bateau n’a rien d’ordinaire dans la manière dont il transforme la toile en avance. On trouve selon les sources une surface de voilure globale autour de 71 à 75 m². J’y vois moins une contradiction qu’un rappel utile: sur un voilier de cette génération, la mesure dépend parfois de la façon de compter la grand-voile, le génois ou les variantes d’équipement.

Élément de gréement Valeur de référence Usage pratique
I 16,19 m Hauteur utile pour dimensionner le génois et comprendre la puissance du plan de voilure.
J 5,01 m Base du triangle avant, utile pour les voiles d’avant et les recoupes de foc.
P 14,42 m Longueur de guindant de la grand-voile.
E 4,78 m Longueur d’écoute de la grand-voile, donc sa largeur de travail.
Surface de voilure 71 à 75 m² Bateau vif, surtout quand les réglages sont propres et que la voilerie n’est pas fatiguée.
Mât Environ 13,51 m à 13,68 m selon la version Le roof panoramique va de pair avec un gréement un peu plus haut que sur certaines variantes.
Propulsion d’origine Diesel inboard d’environ 30 ch Assez pour les manœuvres et la sécurité de passage au moteur, si l’installation est saine.

Les ratios que j’examine en premier

Je lis ce bateau comme un croiseur rapide, pas comme un paquebot de confort pur. Les ratios le confirment: un rapport surface de voilure/déplacement élevé, autour de 25, un ballast rapporté au déplacement proche de 38 %, un confort ratio d’environ 22 et un capsize screening formula à 2,06. Je ne prends jamais ces chiffres comme un verdict absolu, mais comme un signal: le bateau a du répondant, tout en restant dans une logique de croisière raisonnable.

  • SA/D autour de 25 signifie que le bateau sait partir tôt et ne demande pas un vent violent pour avancer.
  • Ballast/displacement proche de 38 % indique une rigidité correcte, utile quand la brise monte.
  • Comfort ratio autour de 22 place le Feeling 1090 dans la zone des croiseurs côtiers vivants, pas des unités lourdes et lentes.
  • CSF à 2,06 montre un dessin sain, mais je ne le lis pas comme une promesse de grand large sans préparation.

La vitesse théorique de coque autour de 7,2 nœuds donne un ordre de grandeur, pas une limite. En pratique, le bateau devient intéressant parce qu’il reste propre dans ses accélérations et qu’il garde une bonne qualité de barre quand l’équipage sait alléger tôt. C’est justement ce qui le distingue des croiseurs plus sages de la même période. Après la question du rendement, la vraie différence se joue alors dans la vie à bord.

La vie à bord explique une grande partie de son attrait

Le succès du Feeling 1090 ne vient pas seulement de sa carène. Il doit beaucoup à son roof panoramique, à sa luminosité et à une distribution intérieure qui reste lisible même après des années de navigation. Quand on monte à bord, on comprend vite pourquoi il a gardé une cote solide: l’espace n’est pas spectaculaire seulement sur fiche, il se ressent au quotidien.

Ce que la lumière et la hauteur changent au quotidien

Le roof panoramique apporte une clarté franchement supérieure à celle de nombreux croiseurs contemporains. Dans le carré, cela change la perception du volume, mais aussi la fatigue à bord lors des longues journées. J’aime aussi la hauteur sous barrot, qui tourne autour de 1,90 à 1,95 m selon les aménagements: sur un 11 mètres, ce n’est pas un luxe, c’est un vrai confort de croisière.

L’agencement le plus courant place la table à carte sur tribord, avec la zone sanitaire derrière et une cabine arrière sur l’autre bord. La cuisine en U est l’un des points les plus réussis du bateau: elle permet de cuisiner en mer sans multiplier les gestes inutiles, et elle offre un rangement correct pour un programme familial. C’est exactement le genre de détail qui fait la différence au bout de dix jours de croisière.

Les aménagements qu’il faut lire avec réalisme

On voit des configurations à 2 cabines comme des versions à 3 cabines. En théorie, certaines fiches vont plus loin dans le nombre de couchages, mais je préfère rester prudent: en usage réel, 4 à 6 places vraiment confortables me semblent plus représentatives que des chiffres théoriques plus généreux. Les réservoirs aussi varient selon les unités et les refits, avec environ 300 à 370 litres d’eau douce et 100 à 120 litres de carburant.

  • La cabine arrière est souvent celle qui donne la meilleure impression de volume.
  • La cabine avant reste honorable pour un 11 mètres, surtout pour un couple ou des enfants.
  • Le carré est lumineux, mais la qualité des boiseries et des selleries influe beaucoup sur l’ambiance générale.
  • La capacité réelle dépend autant de l’usage prévu que du nombre de cabines affiché dans l’annonce.

Cette organisation intérieure n’a de sens que parce que le bateau accepte de naviguer vite sans punir l’équipage. C’est là qu’on comprend sa réputation sur l’eau.

Sur l’eau, c’est un croiseur rapide plus qu’un bateau sage

Le Feeling 1090 a été pensé pour avancer proprement, et cela se sent dès que le vent s’établit. Au près, il garde une bonne tenue et un cap honnête pour un croiseur de cette taille. Au portant, il reste plaisant, surtout quand on sait le régler sans le surcharger de toile. J’apprécie aussi sa stabilité à la barre: le bateau ne donne pas l’impression de lutter contre lui-même.

  • Au près, la carène parle vite et le bateau récompense les réglages précis.
  • Au portant, il reste agréable, avec un comportement qui inspire confiance à l’équipage.
  • En croisière familiale, le cockpit et les hiloires sécurisantes facilitent la vie à bord.
  • En solitaire, la barre d’écoute au pied de la descente demande un peu plus d’anticipation, mais elle rassure en navigation avec des enfants ou des équipiers peu expérimentés.

Le cockpit est suffisamment spacieux pour que plusieurs personnes y travaillent sans se gêner, et la barre à roue de série donne un ressenti très “grand bateau” pour l’époque. C’est un vrai avantage à la remontée de chenal ou lors des manœuvres de port, à condition de ne pas oublier qu’un poste de barre à roue exige une surveillance plus soignée des retours de barre et du réglage des voiles.

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La version à tirant réduit ne raconte pas exactement la même histoire

Les déclinaisons de quille changent le programme. Une version plus profonde offrira généralement un meilleur rendement au près et une sensation de rigidité plus nette. Une version à tirant réduit ouvre davantage l’accès aux mouillages et aux zones peu profondes, mais elle demande d’accepter un compromis sur l’angle de remontée au vent. Si j’achetais un exemplaire, je vérifierais ce point avant même de discuter de la sellerie ou de l’électronique.

Une fois ce comportement en tête, la question suivante devient très concrète: qu’est-ce qu’il faut contrôler pour éviter un mauvais achat?

Avant l’achat, les points qui changent vraiment la note

Sur un voilier de cette génération, la belle photo d’annonce ne vaut pas grand-chose face à un historique d’entretien clair. Le Feeling 1090 est robuste dans son principe, mais sa valeur réelle dépend énormément de ce qui a été refait ou non. Je regarderais les points ci-dessous avant tout.

Point à vérifier Pourquoi c’est important Ce que je veux voir
Gréement dormant Le bateau aime la toile, donc le mât et les cadènes doivent être irréprochables. Date du dernier remplacement, factures, contrôle des embouts et des ridoirs.
Quille et liaison coque-quille Le tirant d’eau et la rigidité du bateau en dépendent directement. Absence de jeu, traces de choc, contrôle des boulons et de la stratification.
Safran et mèche Un jeu anormal change la précision de barre et peut devenir coûteux. Barre ferme, pas de vibration, pas d’humidité suspecte dans la structure.
Moteur et ligne d’arbre Sur un 11 mètres, un diesel fatigué pèse très vite sur le budget. Relevé d’heures, entretien régulier, état de l’arbre, du presse-étoupe ou du joint.
Réservoirs et plomberie Les capacités sont correctes, mais le vieillissement des circuits crée souvent des surprises. Tanks propres, absence d’odeur, pompes et vannes fonctionnelles.
Défauts d’humidité sur le pont Le roof panoramique et les ouvrants apportent de la lumière, mais demandent un contrôle sérieux. Pas d’infiltration autour des vitrages, des capots et des passes de pont.
État des voiles Le bateau est assez puissant pour que la qualité de la garde à la voile compte réellement. Grand-voile non déformée, génois pas cuit, coutures encore nettes.

Je me méfie surtout des annonces qui se concentrent sur les accessoires visibles et laissent de côté le reste. Une sellerie refaite ne compense pas un gréement fatigué, et un joli intérieur n’efface pas un moteur qui démarre mal. Sur ce modèle, les dépenses invisibles font souvent la différence entre un bon bateau et un bateau à problèmes.

Ce réalisme devient encore plus utile quand on regarde la place du Feeling 1090 sur le marché actuel.

Ce que son marché en 2026 dit de sa vraie valeur

En 2026, le Feeling 1090 reste recherché, et ce n’est pas seulement pour des raisons de nostalgie. Les unités bien entretenues gardent une vraie présence sur le marché de l’occasion, avec des annonces que l’on voit souvent entre 38 000 et 60 000 €. Les exemplaires particulièrement suivis, modernisés ou bien équipés peuvent monter au-dessus de cette zone.

État du bateau Ordre de prix observé Lecture pratique
Exemplaire à remettre au goût du jour Autour de 38 000 à 45 000 € Prix d’entrée, mais budget travaux souvent à prévoir.
Bateau propre et entretenu Autour de 45 000 à 55 000 € Zone la plus cohérente pour une unité navigable sans gros chantier immédiat.
Unité refitée ou très suivie Au-delà de 55 000 €, parfois plus La valeur tient alors surtout à la qualité du refit, pas seulement au modèle.

Je trouve que cette cote s’explique assez bien. Le bateau a un dessin reconnu, une vraie habitabilité et une réputation de voilier sain. Il sort aussi d’une période où les croiseurs savaient encore avoir du caractère sans sacrifier complètement le confort. Les archives du Club Feeling évoquent d’ailleurs une production d’un peu plus de 200 unités, ce qui renforce sa présence durable sur le marché sans en faire un modèle rare à l’excès.

Autrement dit, sa valeur tient moins à l’effet de mode qu’à une équation simple: un bateau cohérent, identifiable, et encore pertinent pour la croisière d’aujourd’hui.

Ce que je retiens pour comparer un Feeling 1090 aujourd’hui

Si je devais résumer le Feeling 1090 en une phrase, je dirais qu’il s’agit d’un 11 mètres encore très cohérent pour qui veut un croiseur rapide, lumineux et honnête dans sa manière de naviguer. Je lui accorde davantage de crédit quand l’historique d’entretien est limpide que lorsque l’annonce insiste seulement sur la décoration; sur ce modèle, ce sont le gréement, le moteur, les réservoirs et la version de tirant d’eau qui font la différence.

Pour un acheteur, le bon réflexe consiste donc à comparer les exemplaires sur l’état réel, puis seulement sur les options et le prix. C’est à ce niveau que le Feeling 1090 révèle sa vraie valeur: pas comme un simple voilier d’occasion, mais comme une base de croisière encore très sérieuse, à condition de choisir la bonne version et de vérifier ce qui ne se voit pas au premier regard.

Questions fréquentes

Le Feeling 1090 a une longueur hors tout d'environ 11,10 m, un bau de 3,56 à 3,60 m et un déplacement de 5,0 à 5,3 tonnes. Sa longueur de coque est de 10,81 m et sa longueur à la flottaison varie de 8,76 à 8,80 m.

Le Feeling 1090 est un sloop en tête avec une surface de voilure totale d'environ 71 à 75 m². Il est considéré comme un croiseur rapide grâce à un rapport surface de voilure/déplacement élevé (autour de 25), offrant une bonne réactivité même par vent léger.

Le Feeling 1090 se distingue par son roof panoramique, offrant une luminosité exceptionnelle et une hauteur sous barrot de 1,90 à 1,95 m. Il propose des aménagements confortables pour la croisière familiale, avec une cuisine en U fonctionnelle et des configurations de 2 ou 3 cabines.

Avant l'achat, il est essentiel de vérifier le gréement dormant, la quille et sa liaison coque-quille, le safran et la mèche, le moteur et la ligne d'arbre, les réservoirs et la plomberie, ainsi que l'état des voiles. L'historique d'entretien est primordial.

En 2026, un Feeling 1090 se négocie généralement entre 38 000 et 60 000 €. Les exemplaires bien entretenus ou modernisés peuvent dépasser cette fourchette, tandis que les unités nécessitant des travaux se situent dans le bas de cette fourchette.

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Théodore Duval

Théodore Duval

Je suis Théodore Duval, un analyste de l'industrie passionné par la navigation, la culture et l'ingénierie maritime. Avec plus de dix ans d'expérience dans l'analyse des tendances du secteur maritime, j'ai développé une expertise approfondie dans l'évaluation des innovations et des pratiques durables qui façonnent notre environnement maritime. Mon approche consiste à simplifier des données complexes et à fournir des analyses objectives qui permettent à mes lecteurs de mieux comprendre les enjeux contemporains. Je m'engage à offrir des informations précises, à jour et fiables, en veillant à ce que chaque article reflète un haut niveau de rigueur et d'intégrité. Mon objectif est de contribuer à une meilleure compréhension des défis et des opportunités dans le domaine maritime, tout en célébrant la richesse de notre culture maritime. Je suis ravi de partager mes connaissances et d'encourager une discussion éclairée sur ces sujets passionnants.

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