Etap 22 - Le guide complet avant d'acheter ce voilier

Vue du dessous d'un voilier sur bers. Le safran est visible, prêt pour l'étape 22 de la fiche technique.

Écrit par

Patrick Marchand

Publié le

28 avr. 2026

Table des matières

Le voilier Etap 22 reste l’un des petits croiseurs les plus cohérents de sa génération: compact, facile à mener et pensé pour naviguer sans compliquer la vie à bord. Je passe ici en revue les cotes utiles, ce que ces chiffres disent vraiment en mer, la logique de sa construction et les points à contrôler si vous regardez un exemplaire d’occasion.

L’essentiel à retenir sur l’Etap 22

  • Dimensions compactes avec une longueur hors tout de 6,60 m et un bau de 2,40 m.
  • Quille relevable et tirant d’eau maximal de 1,25 m, pratique pour les plans d’eau peu profonds.
  • Déplacement de 1 250 kg pour 550 kg de lest, soit un bateau relativement raide à la toile.
  • Production importante entre 1974 et 1984, avec 1 830 unités construites.
  • Construction ETAP à double coque et mousse à cellules fermées, pensée pour la rigidité et le confort thermique.
  • À l’achat, je regarderais d’abord la quille, le puits de quille, le gréement dormant et les reprises de stratifié.

Ce que révèle la fiche technique de l’Etap 22

Selon SailboatData, l’Etap 22 est un croiseur léger à quille relevable dessiné par E. G. van de Stadt et produit par Etap Yachting en Belgique. Je lis d’abord trois chiffres clés: 6,60 m de longueur hors tout, 2,40 m de bau et 1 250 kg de déplacement. À cette échelle, on n’est pas sur un bateau volumineux, mais sur un 22 pieds bien équilibré, pensé pour faire plus que du simple cabotage de beau temps.

Caractéristique Valeur Lecture pratique
Architecte E. G. van de Stadt Une carène classique, saine, sans excentricité.
Longueur hors tout 6,60 m Facile à remorquer, à manœuvrer et à loger au port.
Longueur à la flottaison 5,70 m Elle fixe en grande partie la vitesse de carène.
Bau 2,40 m Assez de largeur pour la stabilité, sans pénaliser la trainée.
Déplacement 1 250 kg Un bateau pas trop lourd pour sa taille, donc réactif.
Lest 550 kg Un ratio de lest d’environ 44 %, intéressant pour la raideur.
Tirant d’eau maximal 1,25 m Assez sage pour un accès plus libre aux zones peu profondes.
Gréement Sloop fractionné Réglages simples, voile d’avant raisonnable, conduite accessible.
Surface de voile 19,97 m² Une garde-robe cohérente pour un 22 pieds de croisière.
Construction Polyester / fibre de verre Standard de l’époque, avec un entretien qui reste lisible.
Période de production 1974 à 1984 Un modèle ancien, donc l’état réel compte plus que l’année.
Unités construites 1 830 Assez pour en faire un modèle connu et encore présent sur le marché.

Ce que je retiens de cette base technique, c’est un petit voilier plus sérieux qu’il n’en a l’air. Le déplacement n’est pas excessif, mais le lest est bien présent, et cela se sent dès que le vent monte. La suite logique, c’est donc de regarder comment ce dessin se traduit en navigation réelle.

Pourquoi il navigue mieux que sa taille ne le laisse croire

Sur l’eau, l’Etap 22 n’est pas un “jouet” de week-end. Avec une vitesse de carène théorique d’environ 5,8 nœuds, il ne promet pas des pointes spectaculaires, mais il avance proprement et sans effet flou quand le plan d’eau se forme. Le rapport surface de voile / déplacement tourne autour de 17,5, ce qui place le bateau dans une zone de performance raisonnable: assez vivant pour être plaisant, pas au point de devenir exigeant pour un équipage débutant.

Indicateur Valeur approximative Ce que cela signifie
Ratio lest / déplacement 44 % Une raideur correcte, avec moins de gîte excessive qu’on pourrait l’imaginer.
Vitesse de carène 5,8 nœuds Un plafond réaliste pour la navigation courante en croisière légère.
Surface de voile / déplacement ~17,5 Un compromis équilibré entre facilité de conduite et sensations à la barre.

Le point fort de ce type de plan reste la quille relevable. Dans la pratique, cela change vraiment la vie: on s’autorise des mouillages plus courts, des sorties sur des eaux peu profondes et, selon l’équipement de remorquage, une mise à l’eau plus souple qu’avec un croiseur à quille fixe plus lourde. La contrepartie existe aussi: le système de quille doit être irréprochable, sinon le confort de navigation se transforme vite en source d’ennuis.

Autrement dit, l’Etap 22 se comprend mieux si on le voit comme un petit croiseur de caractère, pas comme un compromis mollasson. Et c’est là que sa conception spécifique devient intéressante, parce qu’elle modifie autant le confort que la sécurité.

Ce que sa construction change à bord

La documentation ETAP a longtemps mis en avant une construction à double coque avec mousse à cellules fermées injectée entre les peaux. Je ne reprends pas ce discours comme un slogan, mais pour ce qu’il apporte concrètement: plus de rigidité, moins de condensation, une sensation d’habitacle plus sec et une structure qui vieillit souvent mieux qu’une coque simple mal entretenue.

Dans un 22 pieds, cette logique a plusieurs effets très concrets:

  • Moins d’humidité à bord, surtout au printemps et à l’automne.
  • Une meilleure isolation thermique qu’on ne l’attendrait sur un petit voilier des années 1970-1980.
  • Une structure plus ferme, donc moins de sensations de bateau “fatigué” quand tout est encore sain.
  • Une philosophie de sécurité qui rassure, à condition de ne pas confondre marketing et entretien réel.

Le revers de la médaille est simple: quand un bateau sandwich a déjà été réparé plusieurs fois, il faut regarder les travaux avec une vraie exigence. Un stratifié mal refait, une infiltration ancienne ou une reprise de quille bâclée peuvent masquer des problèmes plus sérieux que sur une coque monolithique classique. C’est précisément pour cela que je passe ensuite à la comparaison avec le 22i, souvent confondu avec le modèle d’origine.

Etap 22 et 22i ne racontent pas exactement la même histoire

Le 22i n’est pas une simple retouche cosmétique. C’est un modèle plus tardif, conçu par Jacques de Ridder, un peu plus long, un peu plus large et généralement plus moderne dans sa présentation générale. Pour quelqu’un qui hésite entre les deux, la différence n’est pas seulement esthétique: elle touche au poids, à la surface de voile, au comportement et au type d’usage visé.

Critère Etap 22 Etap 22i Impact pratique
Architecte E. G. van de Stadt Jacques de Ridder Deux générations de dessin, avec une philosophie un peu différente.
Longueur hors tout 6,60 m 6,78 m Le 22i gagne un peu de présence et d’espace.
Bau 2,40 m 2,47 m Un volume intérieur légèrement supérieur sur le 22i.
Déplacement 1 250 kg 975 kg Le 22i est plus léger, donc plus vif, mais moins massif.
Lest 550 kg 235 kg Le 22 d’origine donne une impression plus posée et plus plantée.
Surface de voile 19,97 m² 17,00 m² Le 22i mise davantage sur la légèreté et la simplicité de manœuvre.
Années de construction 1974 à 1984 1983 à 1996 Le 22i est plus jeune sur le marché de l’occasion.
Nombre construit 1 830 550 Le 22 original reste le plus diffusé et le plus “classique”.

En pratique, je dirais ceci: le 22 d’origine plaît à ceux qui veulent un petit bateau dense, rassurant et déjà très abouti; le 22i parle davantage à ceux qui cherchent une version plus récente, avec une silhouette un peu plus moderne. Les deux restent des Etap, mais ils ne procurent pas exactement la même sensation aux commandes.

Une fois cette distinction claire, le vrai sujet devient très terre à terre: comment choisir un exemplaire propre, et où le budget peut vite déraper si l’on se trompe d’inspection.

Ce que je contrôlerais avant d’acheter un exemplaire d’occasion

Sur un Etap 22, je commence toujours par le système de quille. C’est l’organe le plus sensible du bateau, et souvent le plus coûteux à remettre en état si l’on découvre du jeu, de la corrosion ou des blocages. Ensuite seulement je regarde le reste. C’est l’ordre inverse de ce que font beaucoup d’acheteurs, et c’est précisément là qu’ils se trompent.

  • Puits de quille et mécanisme : vérifier l’absence de jeu anormal, de grippage et de corrosion avancée.
  • Reprises de stratifié : inspecter toute réparation autour du puits, du fond et des zones soumises aux efforts.
  • Gréement dormant : si les haubans et les étais n’ont pas été remplacés depuis des années, je compte une remise à niveau.
  • Pont et accastillage : rechercher les infiltrations autour des cadènes, winchs, hublots et pieds de mât.
  • Appendices : gouvernail, safran, safranage et axes doivent être secs, sans jeu et sans fissure.
  • Moteur auxiliaire : sur ce format, un petit hors-bord suffit souvent, mais il faut surtout un support sain et une propulsion fiable.
  • Remorque et inventaire : si le bateau est vendu avec remorque, sa valeur dépend autant de l’état des freins et pneus que du voilier lui-même.

Pour donner un repère de marché, les annonces récentes que j’ai vues montrent un spectre large: des bases à reprendre autour de 1 750 à 3 500 €, des bateaux navigants mais simples entre 4 000 et 7 000 €, puis des exemplaires mieux équipés qui montent plus haut, surtout quand la remorque, les voiles et l’entretien sont au rendez-vous. Je m’en méfie comme d’une vérité absolue, mais ce range aide à ne pas se tromper d’échelle quand on compare les offres.

Le bon réflexe est donc simple: ne jugez jamais seulement la peinture ou le coussinage. Sur un bateau de cette génération, la qualité réelle se lit dans les détails mécaniques et dans l’historique de maintenance, pas dans la première impression visuelle.

Ce que l’Etap 22 apporte encore à un plaisancier en 2026

En 2026, l’Etap 22 garde du sens pour un navigateur qui veut un voilier court, maniable et cohérent, sans entrer dans une logique de grande unité. Il conviendra surtout à la croisière côtière, aux sorties en couple ou en petit équipage, et à ceux qui apprécient les bateaux simples à comprendre. Son vrai atout n’est pas la performance brute, mais l’équilibre entre sécurité perçue, comportement sain et format raisonnable.

Si je devais résumer mon regard de technicien, je dirais que ce bateau reste pertinent à condition de choisir un exemplaire sain, bien suivi et sans historique flou sur la quille. Quand ces trois conditions sont réunies, l’Etap 22 n’est pas un vieux petit voilier de plus: c’est un croiseur compact qui continue de faire exactement ce qu’on lui demande, avec une honnêteté mécanique assez rare dans cette taille.

Et si vous comparez plusieurs exemplaires, je regarderais toujours en premier la structure, le mécanisme de quille et l’état du gréement avant de me laisser séduire par l’équipement ou le tarif affiché.

Questions fréquentes

L'Etap 22 se distingue par sa construction à double coque avec mousse à cellules fermées injectée. Cela offre une rigidité accrue, une meilleure isolation thermique, moins de condensation et une sensation d'habitacle plus sec, améliorant le confort et la durabilité.

L'Etap 22 (original) est plus dense et rassurant, avec un lest plus important. Le 22i, plus récent et léger, offre une silhouette moderne et un comportement plus vif. Ils ciblent des sensations de navigation légèrement différentes.

Priorisez le système de quille (puits, mécanisme, reprises de stratifié), le gréement dormant, l'absence d'infiltrations sur le pont et l'état des appendices. L'historique de maintenance est essentiel pour éviter les mauvaises surprises.

Oui, l'Etap 22 reste un excellent choix pour la croisière côtière, les sorties en couple ou en petit équipage. Son équilibre entre sécurité, comportement sain et format raisonnable en fait un voilier compact et maniable toujours apprécié.

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Patrick Marchand

Patrick Marchand

Je suis Patrick Marchand, un analyste de l'industrie passionné par la navigation, la culture et l'ingénierie maritime. Avec plus de dix ans d'expérience dans l'analyse des tendances maritimes, j'ai développé une expertise approfondie dans les innovations technologiques et les pratiques durables qui façonnent notre mer et nos ports. Mon approche consiste à simplifier des données complexes pour offrir une analyse objective, tout en m'assurant que l'information est toujours factuelle et vérifiée. Je m'engage à fournir à mes lecteurs des contenus précis et à jour, afin de les aider à mieux comprendre les enjeux maritimes contemporains. Mon objectif est de partager des connaissances qui favorisent une meilleure appréciation de notre patrimoine maritime et des défis auxquels nous sommes confrontés dans ce domaine en constante évolution.

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