Wizz, le dériveur BENETEAU vif et léger

Deux personnes naviguent sur un dériveur Wizz, le bateau fend les vagues dans une joyeuse course.

Écrit par

Benoît Faure

Publié le

11 juin 2026

Table des matières

Le Wizz occupe une place à part parmi les petits dériveurs français: assez léger pour accélérer vite, assez compact pour rester lisible, mais suffisamment nerveux pour demander un vrai sens du réglage et du placement. Je passe ici en revue sa fiche technique, son gréement, son comportement sur l’eau et les points à contrôler si vous regardez un exemplaire d’occasion. L’idée est simple: donner une lecture concrète du bateau, pas seulement une suite de chiffres.

L’essentiel du Wizz en quelques repères

  • Format 4,40 m de long pour 1,62 m de large, avec une coque très légère.
  • Poids autour de 70 à 75 kg selon la documentation consultée.
  • Voilure 13,5 m² au près, dont 10,5 m² de grand-voile et 3 m² de foc.
  • Programme dériveur double sportif, plus vivant qu’un bateau école classique.
  • Architecture coque polyester/fibre de verre, dérive pivotante et safran relevable.
  • Usage réel aujourd’hui, on le rencontre surtout sur le marché de l’occasion ou dans les clubs.

Une coque légère pensée pour des sensations franches

La fiche officielle BENETEAU présente le Wizz comme un petit dériveur double né du croisement entre un dériveur et une planche à voile. C’est exactement ce qui ressort quand on le regarde sans filtre: une coque courte, un cockpit ouvert, une largeur qui donne un minimum d’assise, et une philosophie très orientée vers la réactivité plutôt que vers le confort passif.

Je trouve intéressant que ce bateau ne cherche jamais à paraître plus grand ou plus sage qu’il ne l’est. Son dessin assume une logique de bateau vivant, rapide à mettre en route et très direct à la barre. C’est ce tempérament qui fait son intérêt aujourd’hui, mais aussi ce qui impose de comprendre sa fiche technique avant de le choisir.

Les chiffres qui définissent vraiment le Wizz

Sur la fiche technique consultée chez Boat-Specs, on retrouve 4,40 m de longueur, 1,62 m de bau, 13,47 m² de voilure au près, un déplacement lège de 70 kg, une construction en polyester et fibre de verre, ainsi qu’une production de 1981 à 1983 pour 3 625 exemplaires. La documentation officielle affiche 75 kg sur son plan technique; je retiens donc surtout un ordre de grandeur de 70 à 75 kg, ce qui suffit à mesurer le caractère très léger de la coque.

Caractéristique Valeur Lecture pratique
Longueur HT 4,40 m Format compact, facile à stocker et à mettre à l’eau
Largeur HT 1,62 m Assise correcte, mais bateau qui reste sensible au déplacement d’équipage
Déplacement lège 70 à 75 kg Coque très légère, remorquage et manutention simplifiés
Voilure au près 13,5 m² Surface suffisante pour donner du nerf à un petit bateau
Grand-voile 10,5 m² La puissance principale vient de l’arrière du plan de voilure
Foc 3 m² Complète l’équilibre sans alourdir le gréement
Tirant d’eau 0,20 à 0,37 m Navigation sur faible profondeur et échouage facilités
Appendices Dérive pivotante, safran relevable Comportement cohérent pour un petit dériveur transportable
Construction Polyester / fibre de verre monolithique Entretien classique, réparations lisibles si la coque a vieilli
Gréement Sloop fractionné Réglages plus fins et bateau plus vivant qu’un gréement très simple

Ce tableau dit l’essentiel: le Wizz n’est pas seulement un petit voilier ancien, c’est un support très léger, pensé pour accélérer vite et réagir au moindre geste. C’est précisément cette combinaison qui explique ensuite son comportement sur l’eau.

Le gréement et le comportement sur l’eau

Le gréement fractionné change beaucoup la manière de naviguer. Un gréement fractionné signifie que l’étai et les haubans ne travaillent pas tout à fait comme sur un plan de voilure plus traditionnel; en pratique, on gagne en finesse de réglage et on peut mieux doser la puissance de la grand-voile. Sur un bateau aussi léger, cette finesse se sent immédiatement à la barre.

Le planning, c’est le moment où la coque commence à glisser davantage qu’à pousser l’eau. Le Wizz y accède d’autant mieux qu’il est peu lourd et doté d’un plan de voilure raisonnablement généreux pour sa taille. Sur eau plate, il peut donner une sensation très directe de glisse; dans un vent plus irrégulier, il demande au contraire plus d’attention, parce qu’un petit excès d’assiette ou un équipage mal placé se paye tout de suite.

  • Au près le bateau récompense un réglage propre de la grand-voile et un équipage bien calé.
  • Au portant il devient plus joueur, mais il faut garder de la vitesse pour rester vivant.
  • Par rafales il faut anticiper, car une coque aussi légère ne masque pas les erreurs.
  • En eau peu profonde la dérive pivotante et le safran relevable restent cohérents avec une mise à l’eau facile.

Je résume souvent ce type de bateau ainsi: il pardonne moins qu’un support école, mais il renvoie bien plus de sensations quand il est correctement mené. Avant d’acheter, il faut donc regarder aussi la construction et l’entretien, car c’est là que les années se voient le plus.

La construction et l’entretien à connaître

Le polyester renforcé de fibre de verre n’a rien d’exotique, mais c’est justement ce qui rend le Wizz assez facile à lire aujourd’hui. Une coque monolithique se contrôle de manière plus directe qu’une construction plus complexe, et les réparations restent en général compréhensibles pour un chantier ou un propriétaire soigneux. Le vrai sujet n’est pas le matériau lui-même, c’est la fatigue des zones les plus sollicitées.

Sur ce type de dériveur, je regarde toujours les mêmes points:

  • Le puits de dérive parce qu’un jeu excessif ou une fissure dégrade vite le cap et la précision.
  • Le tableau arrière et le safran parce que les efforts au clapot et les manipulations répétées y laissent des traces.
  • Les cadènes et le gréement dormant parce qu’un câble ancien ou un point d’ancrage fatigué peut devenir le vrai point faible du bateau.
  • Les voiles parce qu’un fourreau détendu ou une grand-voile déformée transforme complètement le comportement.

Le mât et la bôme en aluminium, associés à un gréement dormant en 1x19, restent des solutions classiques et logiques. Il n’y a pas d’architecture technique inutilement compliquée ici; en revanche, il faut accepter qu’un bateau de cette génération se juge davantage sur la cohérence de ses pièces que sur son simple état cosmétique.

Le profil de naviguant qu’il sert le mieux

Quand je compare le Wizz à d’autres dériveurs connus, je le situe dans une zone assez précise: plus sportif et plus atypique qu’un bateau école, moins minimaliste qu’un solitaire pur et dur. Pour un choix raisonné, je le lis surtout comme un bateau de tempérament.

Profil Ce que le Wizz apporte Ce qu’il faut accepter
Débutant complet Une coque courte qui donne vite des sensations Un bateau moins indulgent qu’un support de formation très stable
Couple ou équipage sportif Un double léger, réactif et plaisant à régler La coordination compte beaucoup
Amateur de sensations Une vraie vivacité et un comportement direct Peu de marge pour la navigation approximative
Amateur de classiques français Un dessin Finot avec une vraie personnalité Un standard de cockpit et d’ergonomie d’époque
Chercheur de bateau très permissif Peu d’intérêt particulier Mieux vaut viser un dériveur plus scolaire ou plus stable

Si vous hésitez entre un Wizz, un Laser ou un 420, ma lecture est simple: le Laser parle à celui qui veut un solitaire très dépouillé, le 420 à celui qui cherche un bateau d’apprentissage plus tolérant, et le Wizz à celui qui veut un double vif avec une vraie identité. Ce n’est pas la meilleure option pour tout le monde, mais c’est précisément ce qui lui évite d’être banal.

Les vérifications utiles avant d’acheter

Sur un exemplaire d’occasion, je préfère une inspection méthodique à un coup de cœur trop rapide. Le Wizz est un bateau léger; cela veut dire qu’une petite faiblesse structurelle se ressent vite en navigation. Voici les points que je vérifierais en premier:

  1. Le puits de dérive pour repérer du jeu, des fissures ou une reprise de charge mal réparée.
  2. Le safran relevable pour contrôler l’axe, le verrouillage et l’absence de point dur.
  3. Le gréement dormant pour détecter l’oxydation, les terminaisons fatiguées et les traces d’usure sur les câbles.
  4. Les voiles pour juger la tenue du fourreau, la forme de la grand-voile et l’état du foc.
  5. La coque pour différencier les marques de service normales d’une fatigue structurelle plus sérieuse.

Je préfère toujours un bateau complet, cohérent et un peu patiné à une coque brillante mais incomplète. Sur un petit dériveur de cette génération, l’état des pièces qui travaillent vaut souvent plus que la peinture ou le gelcoat. C’est là que se joue la vraie valeur d’usage.

Ce que le Wizz garde d’utile pour naviguer aujourd’hui

Le Wizz n’est pas un bateau pour tout le monde, et c’est aussi ce qui fait son intérêt. Il garde une vraie pertinence pour qui cherche un dériveur sportif, compact et lisible, avec une construction simple à comprendre et un tempérament qui ne ment pas. En 2026, on le croise surtout en occasion ou dans certains clubs, mais son rapport poids-surface reste encore très parlant pour apprendre à sentir le vent, déplacer le poids au bon moment et régler proprement un petit bateau vif.

Si je devais résumer son intérêt en une phrase, je dirais ceci: un Wizz sain, bien gréé et doté de voiles encore correctes offre plus qu’un simple bateau ancien, il offre une école de précision. C’est exactement pour cela qu’il mérite d’être choisi pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il n’a jamais prétendu devenir.

Questions fréquentes

Le Wizz mesure 4,40 m de long pour 1,62 m de large. Son déplacement lège tourne autour de 70 à 75 kg, ce qui en fait une coque très facile à remorquer et à manipuler. Sa voilure au près atteint environ 13,5 m², avec 10,5 m² de grand-voile et 3 m² de foc.

C’est un dériveur très vivant, direct à la barre et plus sportif qu’un bateau école classique. Sa légèreté lui permet d’accélérer vite et de partir facilement au planning sur eau plate, mais il demande un équipage bien placé et des réglages propres, surtout dans les rafales.

Il faut d’abord contrôler le puits de dérive, puis le safran relevable, l’état du gréement dormant et des cadènes. Les voiles méritent aussi un examen attentif, tout comme la coque, pour distinguer l’usure normale d’une fatigue structurelle plus sérieuse.

Il peut séduire un débutant qui veut des sensations rapides, mais il reste moins indulgent qu’un dériveur de formation très stable. Il convient surtout à un couple ou à un équipage sportif qui accepte de coordonner ses mouvements et de naviguer proprement pour en tirer le meilleur.

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Benoît Faure

Benoît Faure

Je m'appelle Benoît Faure et j'ai trois ans d'expérience dans le domaine de la navigation, de la culture et de l'ingénierie maritime. Mon intérêt pour ces sujets a commencé dès mon enfance, lorsque je passais mes étés à explorer les côtes et à m'émerveiller devant la beauté des navires. Aujourd'hui, je m'efforce de partager cette passion à travers mes écrits, en aidant mes lecteurs à mieux comprendre les enjeux contemporains de la mer et des technologies maritimes. Je m'engage à fournir des informations utiles, précises et accessibles. Pour cela, je vérifie minutieusement mes sources et compare les informations disponibles afin de simplifier des sujets parfois complexes. J'aime suivre les tendances du secteur et organiser mes connaissances de manière claire, afin que chacun puisse en tirer profit. Mon objectif est de rendre la culture maritime et l'ingénierie accessibles à tous, en rendant ces thèmes captivants et pertinents.

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