Le bateau de Thomas Coville est aujourd’hui le trimaran Sodebo Ultim 3, une machine de course au large pensée pour la vitesse, la fiabilité et les records en solitaire comme en équipage. Derrière ce nom, il y a surtout un choix technique très net : un Ultim de 32 mètres capable de voler sur ses foils, d’encaisser de fortes charges et de rester performant sur des programmes très exigeants. Je vais ici clarifier son identité, ses dimensions, ses atouts en mer et ce que ses évolutions récentes changent réellement.
L’essentiel à retenir sur le trimaran de Thomas Coville
- Le bateau actuel de Thomas Coville est Sodebo Ultim 3, un trimaran de la classe Ultim mis à l’eau en mars 2019 à Vannes.
- Ses dimensions clés sont parlantes : 32 m de long, 23 m de large, 34 m de mât et 36 m de tirant d’air.
- Le bateau est conçu pour une très forte puissance vélique, avec près de 700 m² de voilure au portant et une vitesse maximale envisagée entre 45 et 50 nœuds.
- En 2026, il a reçu une nouvelle paire de foils, preuve que ce projet reste en évolution constante.
- Ce trimaran sert autant aux records qu’aux grandes courses, du Trophée Jules Verne à la Route du Rhum.

Le trimaran qui porte le projet Coville
Si je dois répondre sans détour, le bateau de Thomas Coville est Sodebo Ultim 3. Ce n’est pas un simple voilier de collection, ni un support de communication figé une fois construit : c’est un trimaran de course au large de la classe Ultim, lancé après plus de deux ans de chantier et mis à l’eau le 19 mars 2019 à Vannes. La formule est importante, car elle dit tout du projet : un bateau extrême, mais pensé pour durer, progresser et revenir régulièrement en chantier.
Ce point compte pour le lecteur, parce qu’on cherche souvent le nom du bateau comme s’il s’agissait d’une coque unique et immobile. En réalité, dans la course au large moderne, un bateau comme celui de Coville évolue en permanence. En 2026, il sort encore d’une remise à l’eau avec une nouvelle paire de foils, signe que la plateforme reste active, mise au point et compétitive. Autrement dit, on n’est pas face à un “ancien bateau de record”, mais à un outil de performance vivant.
Le plus juste est donc de voir Sodebo Ultim 3 comme un trimaran volant au service d’un programme très large : records, courses en équipage, navigation en double et solitaire. C’est cette polyvalence qui en fait un objet intéressant, bien au-delà du seul nom du skipper. Pour comprendre pourquoi il attire autant l’attention, il faut maintenant regarder sa fiche technique.
Les chiffres qui définissent Sodebo Ultim 3
| Caractéristique | Donnée | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| Type | Trimaran Ultim | Plateforme de course au large dédiée à la vitesse pure |
| Longueur | 32 m | Grande longueur de flottaison, donc potentiel de vitesse élevé |
| Largeur | 23 m | Stabilité importante et forte capacité à porter de la toile |
| Mât | 34 m | Gréement puissant, adapté aux grandes allures |
| Tirant d’air | 36 m | Contraintes fortes au ponton et au grutage |
| Voilure au portant | Près de 700 m² | Capacité à exploiter pleinement les allures rapides |
| Vitesse maximale envisagée | 45 à 50 nœuds | Le bateau entre dans une autre catégorie de vitesse |
| Capteurs embarqués | Plus de 130 | Navigation, structure et réglages sont mesurés en continu |
| Construction | 18 mois, 50 000 h d’étude, 110 000 h de chantier | Projet industriel lourd, pas un prototype bricolé |
Je retiens surtout deux choses dans ces chiffres. D’abord, le bateau est immense et très puissant. Ensuite, il est bardé de mesure et de contrôle : ce niveau d’instrumentation n’est pas du confort, c’est une condition de sécurité et de performance sur un voilier qui passe une partie de sa vie à très haute vitesse. C’est précisément ce qui ouvre la porte à la question suivante : comment ce trimaran gagne-t-il autant de temps sur l’eau ?
Les foils, les capteurs et les compromis qui font gagner du temps
La clé du bateau de Thomas Coville, ce sont ses foils. Un foil est un appendice hydrodynamique qui génère de la portance, un peu comme une aile sous l’eau. Plus le bateau s’allège sur ses coques, moins il traîne dans l’eau, et plus il accélère. Sur un Ultim, ce n’est pas un gadget : c’est le cœur du système.
Mais cette logique a un prix. Un trimaran volant va vite, oui, mais il devient aussi plus sensible aux réglages, à la mer formée et aux chocs avec des objets flottants. C’est là que les capteurs et l’électronique prennent toute leur valeur. À bord, on mesure la vitesse, le vent, les efforts dans le gréement, la pression hydraulique et la position des appendices. Le but n’est pas de faire joli sur un tableau de bord ; le but est d’éviter une erreur de réglage, de limiter l’usure et de préserver la structure.
En 2026, la nouvelle paire de foils annoncée par Sodebo montre bien la logique du projet : on cherche à élargir la plage de performance, pas seulement à battre un record sur une mer parfaite. C’est une nuance essentielle, parce qu’un bateau trop optimisé pour un seul scénario finit par être moins utile dès que la météo change. Sur un Ultim, la vraie qualité, c’est la vitesse sur une plage large, avec une marge de sécurité qui permet d’enchaîner les milles sans casser. Cette logique technique explique aussi pourquoi le trimaran est engagé sur autant de formats de course différents.
Ce qu’il a déjà prouvé sur les grandes courses au large
Sodebo Ultim 3 n’est pas seulement un bateau de démonstration. Il a déjà prouvé sa valeur sur plusieurs terrains, et c’est ce palmarès qui donne du sens à son architecture. En janvier 2026, l’équipage de Thomas Coville a bouclé le Trophée Jules Verne en 40 jours, 10 heures et 45 minutes, ce qui dit assez bien le niveau de fiabilité et de vitesse atteint par la plateforme.
Avant cela, le trimaran a déjà montré qu’il savait être rapide en configuration plus légère. Thomas Coville et Benjamin Schwartz ont par exemple terminé la Transat Café l’Or 2025 à une remarquable deuxième place, tandis que le bateau avait aussi signé une troisième place sur la Route du Rhum 2022. Ces résultats sont utiles à lire ensemble, parce qu’ils montrent un bateau performant dans plusieurs formats : en équipage, en double et en solitaire.
- En équipage, le bateau est testé sur la gestion des relais, la robustesse et la capacité à maintenir une moyenne élevée pendant des semaines.
- En double, on vérifie la coordination, la fatigue et la précision des réglages à deux.
- En solitaire, tout se joue sur l’ergonomie, l’automatisation et la faculté du skipper à tenir la barre au bon moment.
Je trouve ce point particulièrement révélateur : un très bon bateau de record n’est pas forcément un bon bateau de course, mais Sodebo Ultim 3 coche les deux cases. Voilà pourquoi il reste central dans le programme sportif de Coville, et pourquoi sa suite mérite d’être suivie de près.
Ce qu’il faut surveiller pour la suite du projet
En 2026, l’enjeu n’est pas seulement de savoir si le trimaran ira vite. La vraie question est de voir comment il évolue. Chaque remise à l’eau, chaque nouvelle paire de foils, chaque changement de configuration raconte quelque chose sur la direction prise par le projet. Pour un observateur sérieux de la course au large, il faut surveiller trois signaux : la stabilité de l’équipage, les choix de foils et la capacité du bateau à rester fiable sur la durée.
Le bateau de Thomas Coville est donc bien plus qu’un nom associé à un skipper connu. C’est une plateforme de recherche en navigation hauturière, capable de servir la performance pure, l’apprentissage collectif et la chasse aux records. Si l’on veut comprendre ce que vaut vraiment un Ultim en 2026, c’est exactement ce type de bateau qu’il faut regarder : puissant, mesuré, constamment amélioré, mais jamais détaché des contraintes réelles de la mer. C’est ce mélange d’innovation et de prudence qui fait toute la singularité de Sodebo Ultim 3.