À quoi ressemble le bateau qui permet à Thomas Coville de viser les records océaniques et les grandes courses en solitaire ? Il s’agit de Sodebo Ultim 3, un maxi-trimaran de 32 mètres conçu pour voler au-dessus de l’eau. Voici ses dimensions, ses innovations, son palmarès récent et les raisons qui rendent ce multicoque aussi impressionnant qu’exigeant.
L’essentiel à retenir sur le trimaran de Thomas Coville
- Nom : Sodebo Ultim 3.
- Type : maxi-trimaran de la classe Ultim.
- Dimensions : 32 mètres de long, 23 mètres de large et 37 mètres de haut.
- Vitesse maximale annoncée : environ 50 nœuds, soit 92,5 km/h.
- Mis à l’eau en 2019, le bateau a été profondément optimisé depuis.
- Fait marquant en 2026 : victoire sur le Trophée Jules Verne en 40 jours, 10 heures et 45 minutes.

Le bateau de Thomas Coville est un maxi-trimaran Ultim
Le voilier actuellement associé à Thomas Coville est Sodebo Ultim 3. Il appartient à la classe Ultim, qui regroupe les plus grands multicoques de course au large capables de naviguer en solitaire comme en équipage.
Avec ses trois coques, le bateau gagne en stabilité et en puissance par rapport à un monocoque. Cette architecture impose toutefois une vigilance permanente. À très haute vitesse, la moindre erreur de réglage ou la moindre avarie sur un safran, un foil ou une liaison entre les coques peut mettre toute la navigation en difficulté.
Je trouve important de ne pas le réduire à un simple « gros trimaran rapide ». Sodebo Ultim 3 est avant tout une plateforme technologique évolutive, développée pour trouver le meilleur compromis entre vitesse, contrôle et fiabilité.
Des dimensions conçues pour la vitesse océanique
| Élément | Caractéristique | Ce que cela change en mer |
|---|---|---|
| Longueur | 32 mètres | Une grande longueur de flottaison, favorable à la vitesse |
| Largeur | 23 mètres | Une plateforme très puissante et stable latéralement |
| Hauteur du mât | 37 mètres | Une importante surface de voile et une forte capacité d’accélération |
| Vitesse maximale annoncée | 50 nœuds, soit 92,5 km/h | Des charges mécaniques considérables sur toute la structure |
Ces chiffres donnent une première idée du gabarit, mais ils ne racontent pas toute l’histoire. Une largeur de 23 mètres permet de porter beaucoup de toile, tandis que le mât de 37 mètres transforme chaque variation de vent en accélération potentielle. En contrepartie, le bateau devient très sensible aux rafales et aux changements d’état de la mer.
À bord, la vitesse n’est donc jamais recherchée isolément. Thomas Coville et son équipe doivent constamment arbitrer entre le gain de quelques nœuds et la préservation du matériel. C’est souvent cette gestion fine, moins spectaculaire qu’un chiffre de vitesse, qui fait la différence sur un tour du monde.
Pourquoi Sodebo Ultim 3 peut voler au-dessus de l’eau
Le trimaran utilise des foils, des appendices profilés qui produisent une portance hydrodynamique lorsqu’ils avancent dans l’eau. Leur rôle est de soulever partiellement les coques afin de réduire la surface immergée et donc la traînée.
Lorsque les conditions sont favorables, le bateau ne repose plus entièrement sur ses trois coques. Il peut atteindre un régime de vol où une partie de la structure se trouve au-dessus de l’eau. Le bénéfice est considérable, mais la marge d’erreur devient plus étroite.
Un cockpit placé à l’avant du mât
L’une des particularités de Sodebo Ultim 3 est son cockpit placé à l’avant du mât. Cette configuration offre une meilleure visibilité sur les voiles et la mer, tout en permettant au skipper de piloter depuis une zone davantage protégée des mouvements du bateau.
Ce choix ne supprime pas les risques. Il modifie plutôt la manière de les gérer. Dans un multicoque lancé à plus de 40 nœuds, la visibilité, l’accès aux commandes et la capacité à réduire rapidement la puissance comptent autant que la performance pure.
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Un bateau qui a évolué depuis 2019
Mis à l’eau en 2019, le trimaran n’est pas resté dans sa configuration d’origine. Les équipes ont notamment travaillé sur les foils, les dérives, les safrans et les flotteurs. La nouvelle paire de foils installée en 2026 illustre cette logique d’amélioration continue.
Le bateau remis à l’eau durant l’été 2026 est donc une version largement optimisée. Selon Sodebo, le chantier mené après le Trophée Jules Verne a modifié suffisamment d’éléments pour donner au trimaran le comportement d’un bateau presque nouveau. Pour moi, c’est un point essentiel : dans la classe Ultim, la performance vient autant de la conception initiale que de l’expérience accumulée au fil des milles.
Ce que ce trimaran a déjà accompli
Sodebo Ultim 3 a été pensé pour les courses océaniques et les tentatives de record. Son résultat le plus marquant est obtenu en 2026 avec le Trophée Jules Verne, le tour du monde en équipage, sans escale et sans assistance.
Thomas Coville a mené le bateau avec Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel. L’équipage a bouclé le parcours en 40 jours, 10 heures et 45 minutes, une performance qui récompense autant la vitesse que la fiabilité.
Cette victoire est d’autant plus significative que le programme avait connu des déconvenues techniques lors de précédentes tentatives. Une avarie de safran peut suffire à interrompre une campagne entière, même lorsque le bateau navigue dans le rythme du record. La réussite de 2026 montre donc le résultat d’un long travail de fiabilisation, pas seulement celui d’une pointe de vitesse.
Il faut aussi distinguer ce résultat du record autour du monde en solitaire réalisé par Thomas Coville en 2016. À cette époque, il naviguait sur une version précédente du programme Sodebo. Sodebo Ultim 3 est un bateau plus récent, conçu dans une autre génération technologique.
Ultim, Ocean Fifty ou ancien Sodebo
Le nom Sodebo peut prêter à confusion, car plusieurs bateaux ont porté ces couleurs au fil des années. Voici les distinctions les plus utiles pour s’y retrouver.
| Bateau ou catégorie | Usage principal | Rapport avec Thomas Coville |
|---|---|---|
| Sodebo Ultim 3 | Records océaniques et grandes courses au large | Son trimaran actuel |
| Anciens trimarans Sodebo | Courses et records des générations précédentes | Utilisés lors de différentes étapes de sa carrière |
| Sodebo Fifty | Courses de la classe Ocean Fifty | Un autre bateau du programme Sodebo, confié à Léonard Legrand |
Un Ocean Fifty mesure environ 50 pieds, soit un peu plus de 15 mètres, tandis qu’un Ultim comme celui de Thomas Coville dépasse les 30 mètres. La différence n’est donc pas seulement une question de nom ou de sponsor. Elle concerne le gabarit, les budgets, les contraintes de maintenance et les niveaux de puissance.
Le trimaran actuel est également destiné à la navigation en solitaire. Mais « solitaire » ne signifie pas que le skipper agit sans soutien. Une cellule de routage, des techniciens et une équipe d’architecture travaillent à terre avant et pendant les grandes épreuves. Le marin reste seul à bord, pas seul dans le projet.
Le prochain défi à bord de Sodebo Ultim 3
Après son succès sur le Trophée Jules Verne, Thomas Coville prépare la Route du Rhum 2026. Le départ est prévu le 1er novembre à Saint-Malo, pour une traversée de 3 542 milles jusqu’à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.
Le défi change complètement de nature. Le Trophée Jules Verne se dispute en équipage, alors que la Route du Rhum impose une navigation en solitaire. Le skipper doit donc gérer les voiles, le routage, le sommeil, les réparations et les décisions tactiques avec des ressources humaines limitées.
La vitesse maximale reste impressionnante, mais elle ne suffit pas pour gagner une transatlantique. Il faut aussi savoir ralentir avant une zone dangereuse, préserver les foils et choisir le bon moment pour empanner. C’est précisément là que l’expérience de Thomas Coville prend toute sa valeur.
Ce qu’il faut retenir avant de juger ses performances
Le bateau de Thomas Coville n’est pas un modèle de série que l’on pourrait acheter ou piloter après quelques stages. Il s’agit d’un prototype de course au large, préparé par une équipe spécialisée et soumis à des efforts très éloignés de ceux d’un voilier de plaisance.
Sa force repose sur trois éléments qui doivent fonctionner ensemble : une plateforme très puissante, des appendices capables de faire décoller le bateau et une maîtrise précise de la vitesse. La technologie attire l’œil, mais la fiabilité et la capacité à prendre les bonnes décisions restent déterminantes.
En 2026, Sodebo Ultim 3 représente donc bien plus qu’un trimaran spectaculaire. C’est un laboratoire flottant, façonné par les records, les avaries, les chantiers et l’expérience accumulée en mer. C’est cette combinaison entre ingénierie et savoir-faire marin qui explique sa place parmi les bateaux les plus aboutis de la course au large.