Le Sirius 35 DS est un voilier qui ne cherche pas à rentrer dans une case standard. Son vrai sujet, c’est l’équilibre entre confort à bord, visibilité, modularité et aptitude à la croisière hauturière, avec un niveau d’aménagement qu’on attend plutôt sur un bateau plus grand. Ici, je fais le point sur ses vraies dimensions, son concept de salon de pont, ses variantes de quille, son comportement attendu en mer et les points à contrôler avant un achat.
Les points clés à retenir sur ce deck saloon de 35 pieds
- Longueur d’environ 10,60 m, largeur autour de 3,48 à 3,53 m et déplacement compris entre 7,4 t et 8,1 t selon les fiches et options.
- Le point fort du bateau est son salon de pont, lumineux et panoramique, qui donne une vraie sensation d’espace.
- Les aménagements existent en 2, 4 ou 6 couchages, avec une logique de personnalisation poussée.
- Plusieurs quilles sont proposées, dont une quille relevable descendant jusqu’à 0,85 m, ce qui change beaucoup le programme de navigation.
- Le positionnement est clairement premium: ce n’est pas un 35 pieds d’entrée de gamme, mais un croiseur pensé pour vivre longtemps à bord.

Un 35 pieds qui pense comme un grand voilier
Ce bateau m’intéresse parce qu’il casse une idée reçue: un 35 pieds doit forcément sacrifier l’espace ou la qualité de vie pour rester maniable. Ici, le chantier a choisi l’inverse. Le concept est celui d’un croiseur à salon surélevé, avec une circulation intérieure pensée pour la vie à bord, pas seulement pour la fiche technique.
Le modèle lancé en 2010 a été construit autour de retours d’utilisateurs, et cela se sent. On n’est pas face à une carène générique habillée d’un bel intérieur, mais devant un voilier conçu comme un ensemble cohérent: visibilité, ergonomie, rangements, accès aux zones techniques et aménagements sur mesure. C’est aussi ce qui explique son aura auprès des plaisanciers qui cherchent un bateau de croisière sérieux plutôt qu’un compromis polyvalent sans relief.
La presse nautique anglophone l’a d’ailleurs très vite remarqué, notamment pour la densité d’idées et la qualité de réalisation. À mes yeux, le vrai intérêt du bateau n’est pas son image de luxe, mais sa logique d’usage: tout semble prévu pour simplifier la vie à bord sans renoncer à l’autonomie. Cette base mérite qu’on regarde maintenant les chiffres, parce qu’ils disent beaucoup de la personnalité du bateau.
Les chiffres qui comptent avant de comparer
Pour comprendre ce voilier, il faut regarder les dimensions et les choix d’architecture ensemble. Isolés, les nombres disent peu de chose. Pris en bloc, ils expliquent pourquoi le bateau se vit comme un grand croiseur compact.
| Paramètre | Valeur utile à retenir | Ce que cela change en pratique |
|---|---|---|
| Longueur hors tout | 10,60 m | Un gabarit encore raisonnable au port, mais déjà très habitable. |
| Longueur à la flottaison | 9,70 m | Influe directement sur la vitesse de carène et le comportement au portant. |
| Largeur | 3,48 à 3,53 m | Donne du volume intérieur et une bonne assiette de vie au mouillage. |
| Déplacement | Environ 7,4 à 8,1 t | On est sur un voilier costaud, pas sur un bateau léger et nerveux. |
| Lest | 2,6 t | Participe à la stabilité et au sentiment de sécurité en mer. |
| Voilure standard | 33,5 m² de grand-voile et 23,2 m² de foc auto-vireur | Le bateau est pensé pour être facile à gérer en équipage réduit. |
| Motorisation | Volvo D2-50 de 51 ch | Puissance confortable pour les manœuvres, le courant et les longues traversées au moteur. |
| Réservoir d’eau | À partir de 220 l | Autonomie correcte pour une croisière de plusieurs jours. |
| Réservoir de gazole | À partir de 150 l | Permet une vraie marge pour les ports d’escale ou les longues étapes. |
| Hauteur sous barrots | 1,95 m ou plus selon les zones | Le confort vertical est inhabituel pour cette taille de voilier. |
| Certification | CE catégorie A | Le programme vise clairement la navigation hauturière. |
Je lis ces chiffres comme ceux d’un voilier de croisière robuste, orienté vers la durée et l’usage réel plutôt que vers la légèreté pure. Le déplacement et le lest ne font pas de lui un sprinteur, mais ils donnent du sens à son salon de pont et à sa vocation de bateau de voyage. C’est précisément ce mélange qui rend la suite intéressante: l’aménagement intérieur n’est pas un gadget, il définit le programme.
Un intérieur qui transforme la taille perçue
Le salon de pont est le cœur du bateau. Ce type d’architecture consiste à relever la zone de vie principale pour gagner en lumière, en vue et en sensation d’espace. Sur ce 35 pieds, le résultat est convaincant parce que le chantier ne s’est pas contenté d’installer une banquette haute: il a construit une vraie logique de circulation sur plusieurs niveaux.
Je trouve particulièrement réussie la manière dont l’espace central relie le cockpit, le carré, la descente et la zone technique. On a le sentiment d’un bord organisé, pas d’un intérieur empilé. En pratique, cela veut dire moins de sensation d’enfermement, davantage de rangement exploitable et une meilleure lisibilité des usages à bord. C’est précieux en croisière longue, quand le bateau devient une petite maison mobile.
Pourquoi le salon de pont fonctionne si bien
La grande force du salon de pont est simple: il ouvre le regard à 360 degrés. À bord, cela change tout, surtout par mauvais temps ou au mouillage dans un environnement étroit. On reste en connexion avec l’extérieur, tout en profitant d’un espace protégé et lumineux. Le chantier met aussi en avant une hauteur sous barrots d’au moins 1,95 m dans les zones principales, ce qui évite la sensation de compromis trop serré qu’on rencontre souvent sur des 35 pieds classiques.
Une autre idée bien vue est le déplacement des éléments techniques vers une zone accessible derrière ou sous le salon. Le local technique et l’atelier prennent la place d’une cabine arrière traditionnelle sur certaines versions. C’est moins spectaculaire sur un plan, mais beaucoup plus intelligent pour un propriétaire qui navigue loin et a besoin d’outils, de pièces et d’accès simples aux organes vitaux.
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Les configurations de couchage et ce qu’elles impliquent
Le bateau existe en 2, 4 ou 6 couchages. Ce n’est pas seulement une question de capacité, c’est un choix de programme. La version à deux couchages privilégie l’espace personnel et la sensation de yacht de grand voyage. La version à quatre couchages me paraît la plus équilibrée pour un couple qui reçoit parfois. La configuration à six couchettes existe, mais elle s’adresse surtout à ceux qui veulent emmener famille ou équipage sans céder à la logique du bateau de série standardisé.
Dans la version quatre couchages, la cabine propriétaire est positionnée de manière à limiter bruit et mouvements, ce qui compte énormément au mouillage comme en navigation. Le carré peut aussi se transformer en couchage d’appoint, avec une banquette convertible de bonne dimension. Ce type de détail montre que l’intérieur a été pensé pour durer et non pour impressionner au premier coup d’œil.
Si je devais résumer cette partie en une phrase, je dirais que le bateau donne la sensation d’avoir une catégorie de confort au-dessus de sa taille réelle. Et cette sensation n’est pas qu’une question de volume: elle repose aussi sur la façon dont il navigue.
En mer, un croiseur rassurant plutôt qu’un pur régatier
Le Sirius 35 DS n’a pas vocation à faire oublier un croiseur performance. Son terrain, c’est la croisière solide, la marche au long cours et les équipages réduits. Le foc auto-vireur est un indice très parlant: le bateau veut rester simple à manœuvrer, même quand on navigue à deux. J’y vois un signe de maturité de conception, pas une concession de facilité.
À la lecture des retours de navigation, le bateau inspire confiance par son cockpit sécurisé, ses lignes de vue correctes malgré le salon de pont et sa manière de conserver un sentiment de contrôle. La barre et le plan de pont donnent une impression de solidité plus que de vivacité. C’est une qualité si votre priorité est la sérénité, surtout sur les étapes longues ou dans des zones où la météo se dégrade vite.
- En vent modéré, il devrait offrir une navigation posée et confortable plutôt qu’une accélération nerveuse.
- En équipage réduit, le plan de voilure et l’auto-vireur simplifient vraiment la vie.
- Au moteur, les 51 ch donnent une marge utile pour les entrées de port et les courants contraires.
- En mer formée, la masse du bateau devient un atout de tenue, à condition d’accepter une réponse plus lourde qu’un 35 pieds léger.
Je nuancerais toutefois un point: ce profil de bateau récompense davantage une navigation soignée qu’une recherche de performance brute. Si votre priorité absolue est la vitesse au près ou le ratio déplacement/voilure le plus bas possible, ce n’est pas le candidat le plus logique. En revanche, si vous cherchez un voilier qui supporte bien le temps, l’autonomie et les journées longues, il entre clairement dans la bonne catégorie.
Les quilles et le tirant d’eau à choisir selon votre programme
Sur ce modèle, le choix de quille change vraiment l’usage. C’est l’un des rares bateaux où l’on peut adapter le programme de navigation sans perdre l’esprit général du voilier. Pour un acheteur français, cette question est particulièrement importante, parce qu’elle conditionne l’accès à des zones très différentes: Atlantique, Manche, estuaires, baies peu profondes ou ports à échouage.
| Configuration | Tirant d’eau | Avantage principal | Limite à accepter |
|---|---|---|---|
| Quille fixe profonde | Environ 1,98 m | Bon compromis pour la croisière au large et la tenue au près. | Plus contraignante dans les ports peu profonds et certaines mouillages. |
| Quille fixe peu profonde | Autour de 1,60 à 1,90 m selon options | Plus polyvalente pour les côtes et les plans d’eau semi-abrités. | Un peu moins engageante si l’on cherche une configuration très orientée performance. |
| Biquille | Environ 1,55 à 1,30 m selon la version | Pratique pour les zones à faible profondeur et l’échouage contrôlé. | Compromis différent sous voiles par rapport à une quille unique profonde. |
| Quille relevable | De 0,85 à 2,10 m | La plus flexible, surtout pour alterner grands tirants d’eau et accès peu profonds. | Système plus complexe, donc davantage d’attention à l’entretien et au contrôle. |
Si je devais conseiller une version à un navigateur français, je dirais que la biquille ou la quille relevable prennent tout leur sens sur des programmes de Bretagne nord, de Manche ou de zones à forte amplitude de marée. Pour une navigation plus classique vers des mouillages profonds et des navigations au large, la quille fixe reste la lecture la plus simple et la plus saine. L’important est de choisir la quille en fonction du bassin de navigation réel, pas du prestige supposé de l’option.
Ce qu’il faut vérifier avant d’acheter un exemplaire d’occasion
Comme le bateau est très personnalisable, deux exemplaires portant le même nom peuvent être assez différents. C’est une bonne nouvelle pour l’acheteur exigeant, mais cela impose une inspection plus attentive qu’avec un voilier de série très standardisé. Je regarde surtout la cohérence globale du bateau, pas seulement son année de construction.
- Le type de quille et son entretien si vous visez une version relevable ou biquille, car le mécanisme et les articulations comptent autant que la coque.
- Les joints et vitrages du salon de pont, parce qu’un grand volume vitré mérite une vérification sérieuse de l’étanchéité.
- L’état du gréement et des manœuvres, surtout si le bateau a beaucoup navigué en équipage réduit ou en grande croisière.
- Le moteur et le saildrive, avec historique d’entretien, corrosion éventuelle et cohérence des heures moteur.
- Le système électrique, notamment les batteries de service, la gestion de charge et les éventuelles modifications ajoutées par un ancien propriétaire.
- Le local technique et les rangements, car un bateau de voyage se juge aussi à la qualité de son organisation intérieure.
Je conseille aussi de tester le bateau en conditions réelles, pas seulement à quai. La visibilité depuis le poste de barre, la facilité des manœuvres et le comportement à basse vitesse se révèlent mieux lors d’une vraie sortie. C’est souvent là que l’on comprend si le bateau correspond au programme visé ou si son architecture ne colle pas à la manière de naviguer du futur propriétaire.
Ce que ce voilier apporte vraiment à une croisière exigeante
Au final, ce modèle s’adresse à des marins qui veulent un voilier de 35 pieds capable d’offrir plus qu’un simple compromis entre cabine, cockpit et navigation. Son atout majeur, c’est de réunir un vrai confort de vie, une forte modularité et un programme hauturier crédible dans une taille encore exploitable au quotidien. Pour un couple qui veut partir loin sans basculer dans un bateau trop grand, je trouve l’équation très sérieuse.
- Il convient très bien à la croisière côtière longue, aux traversées et à la vie à bord prolongée.
- Il est pertinent si vous voulez un bateau personnalisable, avec un vrai sens du détail.
- Il est moins logique si votre priorité est la simplicité absolue, le budget d’achat réduit ou la recherche de performance pure.
Je retiens surtout ceci: le Sirius 35 DS n’essaie pas d’être le 35 pieds de tout le monde, et c’est précisément sa force. Si vous cherchez un croiseur sûr, lumineux, bien pensé et suffisamment polyvalent pour naviguer loin sans renoncer au confort, il mérite une visite approfondie, idéalement à bord d’une unité équipée comme vous navigueriez réellement.