MODX 70, le catamaran électrique qui navigue avec le vent

Le catamaran de luxe MODX 70 navigue sur une mer bleue, ses deux voiles imposantes portant le logo "A".

Écrit par

Benoît Faure

Publié le

1 juin 2026

Table des matières

Un catamaran de 70 pieds peut impressionner par ses dimensions, mais le MODX 70 se distingue surtout par sa manière de produire et d’utiliser l’énergie. Je présente ici ses caractéristiques techniques, le fonctionnement de ses ailes gonflables, son autonomie, ses aménagements ainsi que les limites à examiner avant une acquisition ou une location.

L’essentiel à retenir sur ce catamaran électrique de 21 mètres

  • 21,33 m de longueur et environ 10 m de largeur pour une plateforme très spacieuse.
  • Deux ailes gonflables de 125 m², automatisées et rétractables, remplacent un gréement classique.
  • La propulsion repose sur deux ensembles électriques de 40 kW, alimentés par une batterie de 250 kWh.
  • 70 m² de panneaux solaires et l’hydrogénération complètent l’énergie fournie par le vent.
  • L’autonomie annoncée avec les moteurs atteint 110 milles nautiques à 5 nœuds, tandis que la propulsion vélique dépend des conditions météorologiques.

Catamaran Fountaine Pajot Aura 51, modèle modx 70, naviguant sur une mer calme avec deux personnes à bord.

Un catamaran de 70 pieds conçu autour du vent

Le MODX 70 est un catamaran de croisière français développé par Océan Développement, avec une architecture navale signée VPLP Design. Son objectif est clair, réduire autant que possible le recours aux énergies fossiles sans renoncer à l’espace, au confort et à la capacité de navigation hauturière.

Ce qui me paraît le plus intéressant n’est pas le discours écologique pris isolément, mais l’intégration de plusieurs solutions. Le bateau associe propulsion électrique, énergie solaire, hydrogénération et propulsion par le vent dans un même système de gestion.

La grande originalité vient des ailes Aeroforce. Elles sont gonflables, rotatives et rétractables. Elles ne ressemblent donc ni à une grand-voile traditionnelle ni à un simple gréement rigide. Leur fonctionnement est automatisé, ce qui doit réduire la charge de travail lors des manœuvres et des changements de conditions.

Un projet pensé pour la croisière plutôt que pour la régate

Avec ses volumes généreux et sa recherche de confort, ce voilier vise davantage la croisière longue durée, l’affrètement haut de gamme et les missions d’exploration que la compétition. Sa largeur offre une stabilité appréciable au mouillage comme en navigation, mais elle impose aussi de bien anticiper les contraintes de port, de chantier et de transport.

Le bateau peut être envisagé pour des navigations côtières, des traversées hauturières ou des expéditions scientifiques. Dans tous les cas, son intérêt dépend moins d’une promesse de vitesse absolue que de sa capacité à naviguer silencieusement avec une consommation fossile réduite.

Des dimensions impressionnantes, mais une vraie logique de croisière

La fiche constructeur indique une longueur hors tout de 21,33 m, une largeur proche de 10 m et un tirant d’eau d’environ 2 m. Ces proportions donnent une plateforme très stable et une surface de vie importante, mais elles dépassent largement le gabarit d’un catamaran familial classique.

Caractéristique Donnée annoncée Ce que cela implique
Longueur hors tout 21,33 m Capacité de croisière hauturière et grands volumes
Largeur Environ 10 m Stabilité, espace, mais contraintes dans les marinas
Tirant d’eau Environ 2 m Accès possible à certains mouillages peu profonds
Surface des ailes 2 x 125 m² Une propulsion vélique adaptée à un yacht de grand volume
Déplacement lège Environ 23 à 30 tonnes selon les fiches La version et la configuration doivent être vérifiées
Réserve d’eau 1 200 litres Autonomie correcte, à compléter par la récupération d’eau

Les chiffres varient légèrement selon les documents et les définitions utilisées. Le tirant d’eau, le déplacement et la hauteur hors tout peuvent évoluer selon la configuration, les équipements et la méthode de mesure. Pour une décision d’achat, je demanderais toujours au chantier une fiche technique correspondant exactement au bateau livré.

Une plateforme pensée pour libérer le pont

Le dessin général est inhabituel. L’absence de certains éléments traditionnels entre les coques permet de dégager une grande surface de vie sur le pont principal. Le tender peut être stocké à l’avant, ce qui libère la partie arrière et facilite la création d’un espace extérieur continu.

Les architectes ont aussi utilisé des quilles fixes peu profondes. Elles protègent les œuvres vives tout en conservant une capacité d’accès à des zones où un yacht de même longueur serait plus limité. Cela ne transforme pas le catamaran en bateau de plage, mais apporte une souplesse intéressante au mouillage.

Les ailes Aeroforce et l’énergie au cœur du projet

Les deux ailes gonflables développent chacune 125 m². Leur structure légère et leur capacité à se rétracter répondent à plusieurs problèmes du grand catamaran traditionnel, notamment le poids du gréement, la hauteur fixe et les opérations dans les ports.

Le réglage automatisé doit permettre aux ailes de s’orienter en fonction du vent apparent. D’après les informations disponibles, une rotation complète demande toutefois un certain temps. Le barreur doit donc conserver une bonne compréhension de la position des ailes pendant les virements et les empannages, même si l’électronique simplifie largement la conduite.

Une chaîne énergétique complémentaire

Le système ne repose pas sur une seule source. Les 70 m² de panneaux solaires peuvent fournir jusqu’à 15 kWc, tandis que les hélices réversibles produisent de l’électricité lorsque le bateau avance à la voile. Cette hydrogénération est annoncée entre 3 et 10 kW selon la vitesse.

La batterie de 250 kWh alimente les moteurs électriques et les équipements du bord. La propulsion est annoncée avec deux ensembles de 40 kW. Dans les conditions favorables, le constructeur indique une autonomie moteur de 110 milles nautiques à 5 nœuds.

Cette donnée doit être lue avec prudence. Elle dépend de la charge, de l’état de la mer, de la température, de la vitesse choisie et de l’usage des équipements hôteliers. L’énergie solaire et l’hydrogénération réduisent la dépendance à la recharge à quai, mais elles ne suppriment pas la nécessité d’une gestion énergétique rigoureuse.

Quelle vitesse attendre en pratique

Les performances annoncées progressent avec le vent. Les données constructeur évoquent environ 10 nœuds de vitesse maximale avec 10 nœuds de vent, 13 nœuds avec 15 nœuds de vent et 15 nœuds avec 20 nœuds de vent. D’autres documents présentent des valeurs légèrement différentes, ce qui confirme qu’il faut considérer ces chiffres comme des objectifs indicatifs.

À mes yeux, le point fort n’est pas de rivaliser avec un multicoque de course. C’est plutôt de maintenir une navigation confortable, silencieuse et efficace dans une large plage de conditions, avec des manœuvres largement automatisées et une propulsion de secours immédiatement disponible.

À quoi ressemble la vie à bord

L’intérieur est proposé dans plusieurs configurations, notamment une version propriétaire et une version destinée à l’éco-charter. Les informations disponibles mentionnent 8 à 10 passagers, avec deux ou trois membres d’équipage selon l’aménagement retenu.

La version charter prévoit quatre cabines pour les clients, réparties dans les deux coques, ainsi que des cabines pour l’équipage. Chaque espace peut intégrer une salle d’eau, des couchages doubles ou convertibles et des équipements conçus pour limiter la consommation énergétique.

Le propriétaire peut aussi choisir différents matériaux, tissus, couleurs et agencements. Le flybridge est proposé en option avec des zones de détente ou de bain de soleil. Sur un bateau de cette taille, la personnalisation est séduisante, mais elle augmente rapidement le poids, le budget et la complexité des systèmes.

Le confort silencieux comme véritable avantage

La propulsion électrique apporte un fonctionnement plus discret qu’un moteur thermique classique. Au mouillage, cette différence est particulièrement appréciable, car les batteries peuvent alimenter les systèmes du bord sans faire tourner un groupe électrogène en permanence.

Je resterais toutefois attentif à la climatisation, au dessalinisateur, aux appareils de cuisine et aux équipements de divertissement. Ce sont souvent eux qui consomment le plus à bord. Un catamaran peut afficher une propulsion très propre tout en perdre une partie de son avantage si son usage hôtelier est mal maîtrisé.

Ce qu’il faut vérifier avant d’acheter ou d’affréter

Le prix public n’est pas présenté comme une donnée standard facilement comparable. Il dépendra de la configuration, du niveau de personnalisation, de l’équipement électronique, de l’aménagement intérieur et du programme de navigation. Une demande de devis détaillée est donc indispensable, avec une distinction claire entre prix du bateau, options, livraison et maintenance.

Pour un acheteur, le premier contrôle concerne le service après-vente. Les ailes gonflables, les systèmes de rotation, les batteries et les logiciels de pilotage demandent des compétences spécifiques. Il faut connaître les délais d’intervention, la disponibilité des pièces et la formation prévue pour l’équipage.

La certification CE annoncée varie selon la catégorie de navigation. La catégorie A concerne la navigation hauturière et la fiche constructeur mentionne jusqu’à 12 personnes dans cette configuration, tandis que d’autres catégories autorisent davantage de passagers dans des conditions différentes. Il ne faut pas confondre capacité commerciale et capacité réellement adaptée à une traversée océanique.

Lire aussi : Baluchon, le micro-voilier de 4 mètres peut-il aller au large ?

Les limites souvent sous-estimées

  • La largeur peut compliquer l’accès aux marinas françaises et méditerranéennes, dont les places de 10 m sont rares.
  • La maintenance électrique demande un suivi précis des batteries, des convertisseurs, des moteurs et du système de gestion.
  • La météo reste déterminante. Le vent fournit une énergie renouvelable, mais il ne garantit pas une vitesse constante ni une trajectoire directe.
  • Le poids des options peut modifier le déplacement, les performances et l’autonomie annoncée.
  • La formation de l’équipage est essentielle, car l’automatisation ne remplace pas la compréhension des réactions du bateau.

Pour une location, je demanderais le programme énergétique prévu, les règles d’utilisation des équipements et la présence d’un skipper formé à cette technologie. Pour un achat, un essai en mer dans plusieurs allures serait plus instructif qu’une longue liste de promesses techniques.

Le bon usage pour ce voilier hors norme

Ce catamaran prend tout son sens pour un propriétaire sensible au confort, à l’innovation et à la réduction de la consommation fossile. Il peut également convenir à un opérateur d’éco-charter souhaitant proposer des croisières silencieuses et différenciantes, à condition d’accepter un investissement technique supérieur à celui d’un multicoque classique.

Je le considérerais comme une plateforme de navigation durable en évolution, plutôt que comme une solution parfaite ou totalement autonome en toutes circonstances. Les ailes, le solaire et l’hydrogénération peuvent réduire fortement l’usage du moteur, mais la réalité dépendra toujours de la météo, du chargement et du comportement de l’équipage.

Pour les amateurs de voile qui privilégient la simplicité mécanique, un catamaran traditionnel restera probablement plus facile à entretenir. Pour ceux qui veulent explorer une autre manière de naviguer, avec moins de bruit et une gestion énergétique plus intelligente, ce modèle représente une proposition particulièrement audacieuse dans le paysage français des voiliers de grand voyage.

Questions fréquentes

Le MODX 70 mesure 21,33 m de long, environ 10 m de large et possède un tirant d’eau proche de 2 m. Il accueille 8 à 10 passagers, avec deux ou trois membres d’équipage selon l’aménagement.

Deux moteurs électriques de 40 kW sont alimentés par une batterie de 250 kWh. Les 70 m² de panneaux solaires peuvent fournir jusqu’à 15 kWc, tandis que l’hydrogénération produit entre 3 et 10 kW selon la vitesse.

Le constructeur annonce jusqu’à 110 milles nautiques à 5 nœuds. Cette autonomie varie selon la charge, l’état de la mer, la température, la vitesse et la consommation des équipements à bord.

Il faut notamment vérifier la configuration exacte, le prix des options, la livraison, la maintenance et le service après-vente. La disponibilité des pièces, la formation de l’équipage, la largeur compatible avec les marinas et les règles d’utilisation des équipements sont également essentielles.

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catamarans propulsion électrique ailes gonflables hydrogénération énergie solaire

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Benoît Faure

Benoît Faure

Je m'appelle Benoît Faure et j'ai trois ans d'expérience dans le domaine de la navigation, de la culture et de l'ingénierie maritime. Mon intérêt pour ces sujets a commencé dès mon enfance, lorsque je passais mes étés à explorer les côtes et à m'émerveiller devant la beauté des navires. Aujourd'hui, je m'efforce de partager cette passion à travers mes écrits, en aidant mes lecteurs à mieux comprendre les enjeux contemporains de la mer et des technologies maritimes. Je m'engage à fournir des informations utiles, précises et accessibles. Pour cela, je vérifie minutieusement mes sources et compare les informations disponibles afin de simplifier des sujets parfois complexes. J'aime suivre les tendances du secteur et organiser mes connaissances de manière claire, afin que chacun puisse en tirer profit. Mon objectif est de rendre la culture maritime et l'ingénierie accessibles à tous, en rendant ces thèmes captivants et pertinents.

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