Un First 32 peut encore séduire par son équilibre entre sensations à la barre et vraie capacité de croisière, mais son âge impose de lire sa fiche technique avec méthode. Je détaille ici ses dimensions, son gréement, ses performances, ses aménagements et les différences entre les versions à petit et grand tirant d’eau, avec les points à vérifier avant un achat ou une remise en état.
Les chiffres essentiels du First 32 en un coup d’œil
- Production : environ 500 unités construites entre 1980 et 1984.
- Architecte : Jean Berret, à l’origine d’un voilier de course-croisière équilibré.
- Dimensions : 9,60 m de longueur de coque, 3,37 m de largeur et 3 800 kg à vide.
- Tirant d’eau : 1,35 m en version PTE ou environ 1,80 m en version GTE.
- Voilure : environ 57,2 m² au près et jusqu’à 97,9 m² au portant.
- Aménagement : deux cabines, quatre à cinq couchages et environ 200 litres d’eau douce.

Une fiche technique qui correspond à quel First 32
Le First 32 original est un monocoque en polyester et fibre de verre dessiné par Jean Berret. Il appartient à la génération des voiliers de course-croisière conçus pour avancer correctement en régate tout en restant vivables en famille, une philosophie que Bénéteau résumait par l’association entre performance et volume intérieur.
La production s’étend généralement de 1980 à 1984, avec environ 500 exemplaires. Le modèle a aussi été commercialisé sous l’appellation Bénéteau R/C 32 sur certains marchés. Cette information est importante, car les annonces d’occasion mélangent parfois les deux noms alors qu’il s’agit du même dessin de base.
| Caractéristique | Valeur de référence |
|---|---|
| Type | Monocoque course-croisière |
| Architecte | Jean Berret |
| Construction | Coque polyester monolithique, pont sandwich polyester |
| Longueur de coque | 9,60 m |
| Longueur hors tout | 10,33 m selon la fiche de référence |
| Longueur à la flottaison | 8,50 m |
| Bau maximal | 3,37 m |
| Déplacement lège | Environ 3 800 kg |
| Lest | Environ 1 650 kg, généralement en fonte |
Dimensions, lest et tirant d’eau à interpréter avec soin
Avec un bau de 3,37 m et une longueur à la flottaison de 8,50 m, le First 32 possède une carène assez large pour sa génération. Cette largeur apporte de la stabilité de forme et un intérieur plus généreux, mais elle demande aussi une bonne maîtrise de la toile lorsque le vent monte.
Le déplacement lège d’environ 3,8 tonnes reste raisonnable pour un voilier de 32 pieds des années 1980. Le lest représente près de 43 % du déplacement. Ce ratio ne suffit pas à prédire le comportement du bateau, mais il explique en partie pourquoi le First 32 accepte de porter de la toile tout en restant relativement raide à la toile.
Version PTE ou version GTE
La version PTE, pour petit tirant d’eau, descend à environ 1,35 m. Elle convient mieux aux zones comme le bassin d’Arcachon, certaines parties de la Bretagne ou les mouillages peu profonds. En contrepartie, elle perd une partie de l’efficacité au près par rapport à la version à quille profonde.
La version GTE atteint environ 1,80 m de tirant d’eau. Sa quille plus profonde améliore le moment de redressement et la capacité à remonter au vent. Pour naviguer régulièrement en Manche, en Atlantique ou en Méditerranée avec un programme plus sportif, c’est la version que je privilégierais, à condition que le port accepte cette profondeur.
La différence n’est pas seulement théorique. Un First 32 PTE sera plus simple à placer dans un mouillage, tandis qu’un GTE gardera généralement mieux son cap et son angle de remontée au près. Le choix doit donc partir du plan d’eau habituel, pas seulement de la fiche d’annonce.
Gréement et voilure du First 32
Le First 32 est généralement décrit avec un gréement sloop Marconi en tête, un mât en aluminium posé sur le pont et deux étages de barres de flèche. Le gréement dormant utilise du câble monotoron 1x19. Certaines bases mentionnent aussi des configurations fractionnées ou des variantes de hauteur de mât, ce qui explique les écarts entre les cotes de voilure.
| Élément | Surface ou configuration |
|---|---|
| Surface au près | Environ 57,2 m² |
| Surface au portant | Environ 97,9 m² |
| Grand-voile | Environ 20,9 m² |
| Génois | Environ 36,3 m² |
| Solent | Environ 29,4 m² |
| Foc | Environ 22,5 m² |
| Spi symétrique | Environ 77 m² |
Avec une surface au près de plus de 57 m² pour 3,8 tonnes, le bateau n’est pas sous-toilé. Il reste agréable dans le vent médium, mais il faut réduire tôt lorsque le génois devient difficile à contrôler. Le bon état des voiles fera souvent davantage de différence que quelques accessoires électroniques modernes.
La vitesse critique théorique se situe autour de 7,1 nœuds. Elle ne constitue pas une vitesse de croisière garantie. L’état de la carène, la propreté du plan antidérive, le poids embarqué et la qualité du réglage influencent directement la vitesse réelle.
Le rating HN indiqué pour le modèle se situe autour de 17 en PTE et peut atteindre environ 18 en GTE selon la configuration. Ce chiffre sert à comparer des bateaux en régate, mais il ne remplace pas un essai en mer. Un First 32 chargé pour la croisière ne réagira pas comme un bateau allégé avec des voiles récentes.
Motorisation, autonomie et vie à bord
La configuration d’origine prévoit un moteur diesel intérieur compris, selon les fiches, entre 15 et 25 chevaux. De nombreux exemplaires ont reçu un moteur différent au fil des décennies. Il faut donc contrôler le modèle installé, son année, l’état de la ligne d’arbre et la ventilation plutôt que se fier à la seule puissance annoncée.
| Équipement | Donnée indicative |
|---|---|
| Motorisation | Diesel intérieur |
| Puissance prévue | 15 à 25 ch |
| Capacité de carburant | Environ 45 litres |
| Capacité d’eau douce | Environ 200 litres |
| Cabines | 2 |
| Couchages | 4 à 5 selon l’aménagement |
| Toilettes | 1 cabinet |
| Hauteur sous barrots maximale | Environ 1,88 m |
Avec seulement 45 litres de gazole, l’autonomie au moteur reste limitée si le bateau doit affronter de longues périodes sans vent. Pour une croisière côtière, cela suffit généralement si le moteur est entretenu et utilisé avec mesure. Pour une navigation hauturière, je regarderais surtout la consommation réelle, la possibilité d’emporter des jerricans en sécurité et l’état du réservoir.
L’aménagement à deux cabines et quatre à cinq couchages correspond bien à une petite famille ou à deux couples acceptant une organisation simple. Le carré est spacieux pour l’époque, mais le confort dépend beaucoup de la rénovation. Sur un bateau de plus de quarante ans, l’humidité, les vaigrages et les menuiseries méritent autant d’attention que les dimensions intérieures.
Ce que le First 32 vaut réellement en navigation
Le First 32 n’est pas un voilier de grande croisière conçu pour privilégier le confort au détriment de la vitesse. C’est un bateau plus vivant, qui demande de régler correctement la grand-voile, le génois et le jeu de voiles. À mes yeux, c’est précisément ce qui fait son intérêt pour un navigateur qui veut encore participer activement à la marche du bateau.
- Au près, la version GTE est la plus convaincante grâce à sa quille profonde et à son meilleur appui latéral.
- Dans le petit temps, le poids raisonnable et la surface de voilure permettent de conserver de la vitesse, à condition d’éviter un bateau surchargé.
- Au portant, le spi de près de 77 m² peut transformer le comportement du bateau, mais il exige une manœuvre maîtrisée.
- En croisière, le cockpit arrière fermé et les deux cabines offrent une base pratique, sans atteindre le niveau d’isolation ou de confort d’un modèle récent.
La barre franche d’origine donne un contact direct avec le safran suspendu. Certains bateaux ont été transformés avec une barre à roue, mais cette modification peut réduire l’espace utile dans le cockpit et ajouter du jeu mécanique. Je préfère une barre franche bien entretenue à une installation à roue vieillissante et mal dimensionnée.
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Les contrôles à ne pas repousser sur un exemplaire d’occasion
Avant de se laisser convaincre par une belle sellerie, je contrôlerais le gréement dormant, les cadènes, le pied de mât, la liaison quille-coque et le safran. Sur un bateau de cet âge, une expertise nautique avec mesure d’humidité et inspection des fonds est un investissement bien plus utile qu’une longue négociation sur le prix.
- Vérifier les fissures autour de la quille et les traces d’infiltration.
- Contrôler le jeu dans les paliers de safran et l’état de la mèche.
- Examiner les cadènes et les zones de reprise de charge à l’intérieur.
- Tester le moteur à froid, puis en charge, avec contrôle de l’échappement.
- Mesurer l’état des voiles plutôt que de compter simplement leur nombre.
- Comparer le tirant d’eau réel avec celui indiqué dans l’annonce.
Le First 32 face au 32S5 et aux fiches parfois confondues
Le First 32S5 est un modèle distinct produit à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Il mesure environ 9,68 m de longueur de coque, affiche un déplacement proche de 4,2 tonnes et possède une architecture différente. Certaines annonces utilisent simplement “First 32”, ce qui peut créer une confusion importante.
Le 32S5 a notamment été proposé avec plusieurs types de quilles et une présentation plus moderne. Ses caractéristiques ne doivent pas être utilisées pour décrire le First 32 Berret de 1980 à 1984. Avant de comparer deux bateaux, je vérifie toujours l’année, le numéro de série, la forme de la cabine et le type de safran.
Cette distinction compte aussi pour les pièces, les voiles et les performances. Une grand-voile ou un génois destiné au 32S5 ne se monte pas automatiquement sur le modèle original, même si les deux bateaux portent presque le même nom.
Le bon profil pour choisir ce voilier aujourd’hui
Le First 32 reste pertinent pour un propriétaire qui accepte de participer aux manœuvres et de suivre régulièrement l’entretien. Il convient à la croisière côtière, aux sorties sportives et aux petites régates, mais il ne faut pas le présenter comme un bateau prêt à partir au large sans refit sérieux.
La version PTE a du sens lorsque l’accès aux mouillages peu profonds est prioritaire. La GTE est plus intéressante pour la performance au près et les navigations exposées. Dans les deux cas, l’état de l’exemplaire précisera davantage sa valeur que l’année de construction ou la réputation générale du modèle.
En résumé, la fiche technique du First 32 révèle un bateau léger, puissant et encore attachant, avec une vraie cohérence entre sa carène, son plan de voilure et son programme de course-croisière. Le meilleur achat sera celui dont la quille, le gréement, le moteur et les voiles sont documentés et entretenus, même si la décoration intérieure paraît moins séduisante au premier regard.