Evasion 29 d’occasion - le bon choix pour croiser sans se presser ?

Le voilier "Évasion 29" échoué sur la plage, avec deux enfants jouant à ses pieds et deux adultes à bord.

Écrit par

Patrick Marchand

Publié le

29 juin 2026

Table des matières

Un voilier de 1981 à 1984 peut encore séduire par son confort, sa robustesse et son allure de petit yacht, mais l’âge change complètement la façon de l’évaluer. L’Evasion 29 mérite-t-il sa bonne réputation, notamment en version biquille ? Je passe en revue ses qualités en mer, ses limites à la voile, son habitabilité et les contrôles indispensables avant un achat.

Un motorsailer marin et confortable, à choisir pour son équilibre plutôt que pour sa vitesse

  • Programme idéal : croisière côtière, cabotage familial et navigation tranquille.
  • Point fort : un intérieur spacieux et lumineux pour un bateau de 8,80 m.
  • Performances : environ 5 à 6 nœuds dans de bonnes conditions, sans prétendre rivaliser avec un voilier de course-croisière.
  • Version biquille : tirant d’eau réduit à environ 1,10 m, pratique pour les zones peu profondes et certains échouages.
  • Risque principal : l’état réel du moteur, du gréement, des voiles et des aménagements compte davantage que le modèle sur le papier.

Le voilier

Ce que l’Evasion 29 propose réellement

L’Evasion 29 est un fifty, autrement dit un bateau conçu pour naviguer aussi bien au moteur qu’à la voile. Son dessin signé André Bénéteau privilégie le volume intérieur, la protection de l’équipage et la polyvalence plutôt que la recherche de performances pures.

Avec 8,80 m de longueur, 3,10 m de largeur et un déplacement proche de 4 tonnes, il offre une présence assez imposante au ponton. Sa silhouette de pêche-promenade, avec son rouf et son salon de pont, explique une partie de son succès auprès des plaisanciers qui veulent vivre à bord sans adopter un bateau beaucoup plus grand.

Caractéristique Valeur indicative
Longueur hors tout 8,80 m
Largeur 3,10 m
Tirant d’eau quillard Environ 1,45 m
Tirant d’eau biquille Environ 1,10 m
Déplacement Environ 4 000 kg
Surface de voilure Environ 45 m²
Motorisation courante Autour de 30 ch, selon l’exemplaire
Aménagement Deux cabines, jusqu’à six couchages annoncés

Ces chiffres doivent toutefois être lus avec prudence. Sur un bateau de cet âge, une remotorisation, une modification du gréement ou un aménagement ancien peuvent créer de gros écarts entre deux unités. L’état et l’historique d’entretien valent donc plus que la fiche technique.

Les qualités qui ressortent des avis de propriétaires

Le premier point positif revient souvent dans les témoignages de propriétaires. L’Evasion 29 est perçu comme un bateau solide, rassurant et très habitable. Sa carène lourde ne réagit pas comme celle d’un voilier léger, mais elle apporte une sensation de stabilité appréciable lorsque la mer se forme.

Le passage vers l’avant est relativement sécurisant, et le poste de barre intérieur permet de rester à l’abri lors d’une arrivée sous la pluie ou d’un grain. Ce détail paraît secondaire à terre. En Bretagne ou sur la façade Atlantique, il peut pourtant faire une vraie différence au fil des milles.

À l’intérieur, le carré constitue le véritable argument de l’Evasion 29. Il est lumineux, spacieux et suffisamment convivial pour accueillir une famille en croisière. La hauteur sous barrots annoncée autour de 1,85 m reste correcte pour cette génération de bateaux, même si les plus grands devront composer avec quelques zones plus basses.

La présence de deux cabines apporte aussi une souplesse intéressante. On peut séparer les parents et les enfants, recevoir un couple d’amis ou transformer la cabine arrière en espace de rangement. À mon avis, c’est cette polyvalence qui rend le bateau encore pertinent aujourd’hui, davantage que son potentiel de vitesse.

À quoi faut-il s’attendre sous voile

Il ne faut pas acheter un Evasion 29 en espérant retrouver les sensations d’un First 30, d’un Dufour moderne ou d’un sloop léger. Le bateau est un croiseur tranquille, avec du fardage, du poids et une superstructure qui pénalise les relances dans le petit temps.

Les retours de propriétaires évoquent généralement une vitesse de croisière autour de 5 à 6 nœuds lorsque le bateau est bien réglé et que le vent est suffisant. Cette valeur reste indicative. Des voiles fatiguées, une carène sale ou un gréement mal réglé peuvent faire perdre beaucoup plus de vitesse que la conception d’origine.

Le près est le domaine où les compromis apparaissent le plus clairement. L’Evasion 29 peut avancer correctement au bon plein et sur des allures portantes, mais il ne faut pas attendre des angles serrés ni une grande vivacité dans les virements. Un propriétaire interrogé sur Hisse Et Oh résumait bien l’esprit du bateau en le jugeant confortable et sécurisant, mais moins rapide qu’un sloop conventionnel.

La version biquille divise davantage les avis. Elle facilite l’accès aux zones peu profondes et peut permettre un échouage adapté au terrain, mais elle ne transforme pas le bateau en dériveur performant. Son intérêt est pratique avant d’être sportif. Pour naviguer dans un golfe, remonter une rivière maritime ou profiter de ports à faible profondeur, le compromis est cohérent.

Au moteur, la largeur et la carène donnent un bateau manœuvrant, mais le fardage demande de l’anticipation dans les ports. Les échanges entre plaisanciers évoquent souvent une vitesse maximale raisonnable d’environ 5,5 à 6 nœuds. Au-delà, la consommation augmente fortement sans gain réellement utile.

Le confort a aussi ses contreparties

Le grand rouf et le salon de pont rendent l’intérieur agréable, mais ils augmentent le fardage. Ce terme désigne la prise au vent des superstructures. Par vent de travers, l’effet se ressent lors des manœuvres lentes, surtout dans un port étroit ou avec peu d’espace pour corriger la trajectoire.

Le bateau peut également sembler plus rouleur au mouillage qu’un voilier moderne large et bas sur l’eau. Ce n’est pas forcément un défaut rédhibitoire, mais il faut le prendre en compte si l’on prévoit de dormir souvent dans des mouillages exposés.

Le cockpit est fonctionnel, mais moins confortable que celui d’un voilier récent. Sa forme carrée rappelle l’origine pêche-promenade du modèle. Je le considère adapté à la veille et aux manœuvres, pas comme un vaste salon extérieur destiné à recevoir huit personnes.

Autre limite, la circulation intérieure dépend fortement de l’état des aménagements. Une rénovation mal pensée peut réduire les rangements, gêner l’accès au moteur ou créer des problèmes d’humidité. Sur un exemplaire ancien, un intérieur propre ne suffit pas : il faut vérifier ce qui se trouve derrière les vaigrages et sous les planchers.

Les contrôles à faire avant de signer

Un Evasion 29 bien suivi peut encore rendre de grands services. Un bateau négligé peut en revanche devenir un chantier coûteux. Je commencerais par une inspection à sec, puis par un véritable essai en mer, même si le vendeur affirme que tout fonctionne parfaitement.

  • Moteur : démarrage à froid, fumée, pression d’huile, refroidissement, vibrations, inverseur et état de la ligne d’arbre.
  • Gréement : âge des haubans, corrosion des embouts, état du mât, des cadènes et des poulies.
  • Voiles : déchirures, déformation, ralingues, coulisseaux et capacité à prendre correctement les ris.
  • Coque : cloques, réparations anciennes, traces d’humidité et état des œuvres mortes.
  • Version biquille : fixation des quilles, symétrie, traces de chocs et état de la structure autour des appuis.
  • Électricité : batteries, chargeur, tableau, câblage et protections réellement présentes.
  • Habitabilité : fuites autour des hublots, odeurs persistantes, ventilation, plomberie et évacuation des eaux.

Je demanderais aussi les factures, les anciennes expertises et les preuves de remplacement des pièces importantes. Un moteur diesel de plusieurs décennies peut encore être fiable, mais son nombre d’heures ne veut rien dire sans historique d’entretien.

La catégorie de navigation mentionnée dans certaines fiches anciennes ne doit pas être interprétée comme une garantie automatique de sécurité. La sécurité dépend de la structure, de l’équipement actuel, de la préparation de l’équipage et de la météo. Pour un projet semi-hauturier, une expertise professionnelle est une dépense raisonnable, surtout si le bateau n’a pas navigué depuis longtemps.

Pour quel programme ce voilier reste-t-il pertinent

L’Evasion 29 correspond bien à un équipage qui préfère le confort, l’autonomie et la sérénité à la vitesse. Il convient à la croisière côtière, aux longues navigations estivales, aux escales en famille et aux plaisanciers qui veulent pouvoir vivre plusieurs jours à bord sans se sentir à l’étroit.

La version biquille prend tout son sens dans les zones à marnage ou les plans d’eau peu profonds. Elle peut aussi intéresser celui qui souhaite alterner navigation maritime et parcours fluvial, à condition de vérifier le tirant d’air, la largeur et les règles locales avant de construire le programme autour de cette idée.

Profil du plaisancier Adéquation Pourquoi
Famille recherchant de l’espace Très bonne Carré lumineux, deux cabines et volume intérieur généreux.
Débutant prudent Bonne avec accompagnement Bateau stable, mais manœuvres portuaires sensibles au vent.
Amateur de régate Faible Poids, fardage et performances limitées au près.
Navigation en eaux peu profondes Très bonne en biquille Tirant d’eau réduit et possibilité d’exploiter davantage de mouillages.
Projet hauturier exigeant À étudier au cas par cas La qualité de l’exemplaire et de ses équipements devient déterminante.

Face à un sloop classique de même longueur, l’Evasion 29 offre généralement plus de protection et de volume, mais moins de sensations à la barre. Face à un bateau moteur de taille comparable, il consomme moins lorsque le vent est favorable, tout en demandant davantage de préparation et de patience.

Mon verdict sur l’Evasion 29 après examen des avis

Les avis sur l’Evasion 29 sont globalement cohérents. On retrouve d’un côté un bateau jugé costaud, confortable et rassurant, de l’autre une machine à avancer qui ne cherche ni la nervosité ni les performances au près.

Je le recommanderais à un plaisancier qui accepte de naviguer à son rythme et qui choisit un exemplaire sain plutôt qu’une annonce séduisante. Je serais beaucoup plus réservé devant un bateau bon marché dont le moteur, le gréement ou les quilles demandent une remise à niveau complète.

Le meilleur achat sera rarement le moins cher. Ce sera celui dont l’entretien est documenté, dont les voiles sont encore exploitables et dont l’essai confirme un comportement sain. Pour ce modèle, la qualité du bateau disponible compte largement plus que sa réputation générale.

Questions fréquentes

L’Evasion 29 atteint généralement 5 à 6 nœuds dans de bonnes conditions. Il avance correctement au bon plein et aux allures portantes, mais reste moins vif au près qu’un sloop léger, notamment à cause de son poids et de son fardage.

La version biquille offre un tirant d’eau réduit d’environ 1,10 m, contre 1,45 m pour le quillard. Elle facilite l’accès aux zones peu profondes et certains échouages, mais son intérêt est pratique plutôt que sportif.

Il faut examiner le moteur, le gréement, les voiles, la coque, les fixations des quilles sur une version biquille, l’électricité et l’état des aménagements. Un essai en mer, les factures d’entretien et les anciennes expertises permettent aussi de vérifier l’état réel du bateau.

Ce motorsailer convient surtout à la croisière côtière, au cabotage familial et aux navigations tranquilles. Son carré lumineux, ses deux cabines et son volume intérieur favorisent le confort, tandis que son poids et son fardage le rendent peu adapté à la régate.

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biquille croisière côtière gréement evasion 29 motorsailer

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Patrick Marchand

Patrick Marchand

Je m'appelle Patrick Marchand et j'ai 13 ans d'expérience dans le domaine de la navigation, de la culture et de l'ingénierie maritime. Mon intérêt pour ces sujets a débuté dès mon plus jeune âge, lorsque je passais des heures à explorer les côtes et à rêver de voyages en mer. Aujourd'hui, je me consacre à partager mes connaissances et à aider les lecteurs à comprendre les enjeux complexes qui entourent notre rapport à la mer. Dans mes écrits, je m'efforce de rendre accessibles des concepts parfois difficiles, en vérifiant soigneusement mes sources et en comparant les informations pour offrir une perspective claire et précise. Je suis passionné par l'actualité maritime et je m'engage à fournir des informations utiles, exactes et à jour, afin que chacun puisse apprécier la richesse de notre patrimoine maritime et les défis de l'ingénierie qui l'accompagnent.

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