Pour un premier croiseur habitable, le Dufour 27 reste une proposition séduisante, à condition de l’évaluer comme un voilier de plus de quarante ans et non comme un bateau neuf à petit prix. Je passe en revue ses qualités sous voile, ses limites à bord, les défauts récurrents à contrôler et le budget réellement nécessaire avant de se décider.
L’essentiel à retenir avant de choisir ce petit croiseur
- Comportement marin équilibré, rassurant et assez vivant pour un équipage débutant.
- Format de 8,30 m pratique dans les ports et adapté à la croisière côtière en couple.
- Point faible principal : l’état varie énormément selon l’entretien et les rénovations réalisées.
- Contrôles prioritaires : pont, pieds de chandeliers, hublots, varangues, quille et moteur.
- Budget réaliste : le prix d’achat ne suffit pas, car une remise à niveau peut rapidement dépasser 10 000 €.

Le Dufour 27 garde un profil de croiseur cohérent
Construit principalement dans les années 1970, avec des fiches qui couvrent selon les versions une période allant approximativement de 1970 à 1981, le Dufour 27 appartient à une génération de voiliers en polyester conçus pour durer. Il mesure environ 8,28 à 8,30 m, pour une largeur proche de 2,79 m et un déplacement autour de 2 650 kg.
| Caractéristique | Ordre de grandeur | Ce que cela change à bord |
|---|---|---|
| Longueur hors tout | 8,28 à 8,30 m | Manœuvres et places de port relativement simples |
| Largeur | Environ 2,79 m | Bonne stabilité, mais intérieur moins spacieux qu’un modèle moderne |
| Tirant d’eau | Environ 1,55 à 1,60 m | Accès possible à de nombreux mouillages côtiers |
| Surface de voilure au près | Environ 36 m² | Allures assez vives dans le petit temps |
| Équipage confortable | 2 à 4 personnes | Le bateau peut accueillir davantage de personnes, mais avec moins d’intimité |
Son gréement en tête de mât, son lest en fonte et son cockpit profond donnent une impression de sécurité que beaucoup de propriétaires apprécient. Je trouve surtout intéressant son compromis entre petite taille, stabilité et facilité de prise en main. Il ne cherche pas à offrir le volume d’un 30 pieds moderne, mais il reste suffisamment habitable pour des week-ends et des croisières côtières.
Les avis sur le Dufour 27 sont bons sous voile, avec quelques réserves
Un bateau docile et agréable à barrer
Les retours de propriétaires convergent sur un point : le Dufour 27 est généralement prévisible à la barre. Il remonte correctement au vent, conserve un comportement sain dans une mer formée et se montre maniable dans les ports. Son cockpit relativement profond renforce le sentiment de sécurité, notamment pour une famille ou un équipage peu expérimenté.
Dans le petit temps, son déplacement raisonnable et sa surface de voile lui permettent de rester plaisant. Il ne faut toutefois pas attendre les accélérations d’un voilier moderne à carène large. Quand le vent monte, le bateau devient plus exigeant si les voiles sont anciennes ou mal réglées, mais il prévient généralement avant de devenir inconfortable.
Un bon bateau de croisière côtière
Le programme le plus logique est la croisière côtière en couple ou à trois, avec quelques navigations plus longues si le bateau est bien préparé. Des propriétaires l’ont utilisé sur des zones maritimes variées, mais ces témoignages ne doivent pas faire oublier que l’autonomie, l’électronique, le gréement et la sécurité dépendent entièrement de chaque exemplaire.
À l’intérieur, on trouve habituellement quatre à cinq couchettes, une petite cuisine, un carré et un cabinet de toilette séparé. C’est suffisant pour vivre plusieurs jours à bord, mais la circulation devient vite étroite à quatre ou cinq. À mes yeux, le bateau est nettement plus agréable lorsque deux personnes se partagent la cabine et utilisent le carré sans chercher à reproduire le confort d’un voilier récent.
Les défauts à rechercher avant de signer
Sur un Dufour 27, l’âge du bateau compte moins que la qualité des travaux déjà réalisés. Deux unités de la même année peuvent présenter des écarts considérables. Une expertise n’est donc pas un luxe, surtout si le prix demandé semble étonnamment bas.
Le pont et les infiltrations
Le contrôle du pont doit être méthodique. Il faut inspecter les zones autour des cadènes, chandeliers, mains courantes, hublots et fixations du tangon. Un pont souple, des auréoles ou un contreplaqué humide peuvent signaler une infiltration ancienne et des réparations coûteuses.
Les coffres de cockpit méritent la même attention. Une sensation de flexion ou un décollement localisé ne signifie pas forcément que le bateau est condamné, mais cela doit être chiffré avant la vente. Une réparation structurelle correctement menée vaut mieux qu’un simple rebouchage destiné à masquer le problème.
La structure sous le plancher
Après un talonnage, la zone autour de la quille et les premières varangues doivent être examinées avec soin. Les planchers ne doivent pas se soulever anormalement lorsque le bateau repose sur sa quille. Je demanderais aussi à voir l’intérieur des fonds, les traces de fissures, les reprises de stratification et l’état des boulons de quille.
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Le moteur et le gréement
Certains exemplaires ont conservé leur moteur Volvo Penta d’origine, souvent un MD6A, tandis que d’autres ont reçu un moteur plus récent. Un diesel de cinquante ans peut fonctionner correctement, mais il ne faut pas confondre démarrage immédiat et fiabilité. Une réfection ou un remplacement peut représenter 4 000 à 12 000 € selon la solution retenue.
Le gréement dormant, c’est-à-dire l’ensemble des haubans et de l’étai qui maintiennent le mât, doit être daté ou inspecté. S’il a plus d’une dizaine d’années sans justificatif, je prévoirais son remplacement dans le budget. Les voiles, l’enrouleur, les winches et les bloqueurs peuvent ajouter plusieurs milliers d’euros si tout est à reprendre.
Quel budget prévoir pour un exemplaire réellement navigable
Le marché de l’occasion affiche parfois des Dufour 27 autour de 8 000 à 15 000 €. Ce chiffre n’a de sens que si la coque, le moteur, le gréement et les voiles sont déjà suivis. Un bateau vendu 6 000 € avec moteur hors service, voiles fatiguées et infiltrations peut coûter davantage qu’un exemplaire affiché 14 000 € mais prêt à naviguer.
| Poste | Fourchette indicative | Priorité |
|---|---|---|
| Expertise avant achat | 400 à 900 € | Très élevée |
| Gréement dormant | 2 000 à 5 000 € | Élevée si l’âge est inconnu |
| Jeu de voiles | 3 000 à 7 000 € | Selon l’état des voiles existantes |
| Remplacement ou grosse réfection moteur | 4 000 à 12 000 € | Décisive pour la fiabilité |
| Électricité et instrumentation | 1 000 à 4 000 € | Variable selon l’équipement |
| Antifouling, joints et petites réparations | 1 000 à 3 000 € | Courante sur un bateau ancien |
Ces montants ne s’additionnent pas systématiquement. Ils servent surtout à éviter l’erreur classique qui consiste à consacrer tout son budget au prix de vente. Pour un achat serein, je conserverais une réserve d’au moins 20 à 30 % du prix du bateau, davantage si l’historique d’entretien est incomplet.
À qui ce voilier convient-il vraiment
Le Dufour 27 convient à celui qui veut apprendre, entretenir et naviguer, pas à celui qui cherche un bateau sans travaux. Son faible tirant d’eau relatif, son cockpit sécurisant et sa taille raisonnable en font un bon support pour progresser en manœuvres, en réglage des voiles et en préparation de croisière.
- Bon choix pour un couple, un débutant encadré ou un propriétaire appréciant les bateaux simples.
- Choix plus discutable pour une famille de cinq personnes souhaitant beaucoup de confort.
- Programme réaliste : cabotage, week-ends, vacances côtières et traversées préparées avec soin.
- Programme exigeant : grande croisière hauturière avec autonomie importante ou navigation très rapide.
Face à un Dufour 2800 ou à un croiseur de 29 à 30 pieds plus récent, il offre moins de volume et de confort, mais il peut coûter moins cher à assurer, à manœuvrer et à stationner. La comparaison doit donc porter sur l’état réel et le coût total, pas seulement sur la longueur ou le prix affiché.
Le bon exemplaire se reconnaît à son dossier, pas à son vernis
Avant de conclure, je demanderais les factures, la date du dernier carénage, les rapports moteur, l’âge du gréement et les preuves de traitement des infiltrations. Une sellerie neuve ou une peinture brillante améliore la présentation, mais ne remplace jamais une coque saine et une mécanique suivie.
Mon avis final est simple : le Dufour 27 reste un petit croiseur attachant, marin et cohérent, particulièrement intéressant lorsqu’il a été entretenu avec méthode. Il faut l’acheter pour son état, son programme et son potentiel de navigation, jamais uniquement pour son prix séduisant.