Les repères essentiels sur un spécialiste français des multicoques
- Quatre titres mondiaux en Nacra 17 avec Marie Riou ont installé sa réputation internationale.
- Il a terminé 6e aux Jeux de Rio, un résultat solide malgré une préparation compliquée par une blessure au dos.
- Son profil va du Nacra 17 aux grands bateaux à foils comme le F50 et le TF35.
- En 2026, il reste utile aux équipes qui cherchent un régleur précis, rapide et très sûr dans les phases critiques.
- Son parcours montre qu’en multicoque, la vitesse ne suffit pas: la coordination et la répétition des gestes font la différence.
Pourquoi son nom compte dans le multicoque français
Dans la voile française, il y a des marins dont on retient le nom pour un résultat isolé, et d’autres qui installent une référence technique. Billy Besson appartient à la seconde catégorie. Je le lis avant tout comme un navigateur de multicoque capable de passer d’une classe olympique à un circuit professionnel de vitesse sans perdre ce qui fait sa force: la propreté des manœuvres, le sens du timing et la capacité à garder un bateau stable quand tout va vite.Ce qui le rend intéressant, ce n’est pas seulement le chiffre du palmarès. C’est la façon dont il a rendu visibles des qualités souvent sous-estimées: la précision des réglages, la confiance dans le tandem, la lecture des transitions de vent et la gestion de la pression dans des supports très exigeants. Pour comprendre ce que cela représente concrètement, il faut regarder les bateaux sur lesquels il a construit sa carrière.

Des catamarans olympiques aux bateaux à vol
Son parcours est plus lisible si on le regarde par supports. Le Nacra 17 a été sa base la plus connue: un catamaran mixte olympique, rapide, instable par nature, qui pardonne mal les approximations. Le F50, lui, pousse encore plus loin la logique du vol sur foils avec des vitesses qui dépassent 50 nœuds. Le TF35 ajoute une autre couche de complexité: on reste sur un multicoque volant, mais avec une culture de course très marquée par le lac Léman, les départs propres et la gestion collective du bateau.
Les foils sont des ailes immergées qui soulèvent la coque et réduisent la traînée: sur ces supports, la vitesse dépend autant de la portance que du placement. C’est ce qui explique pourquoi le même marin peut rester performant d’une classe à l’autre, à condition de maîtriser les mêmes fondamentaux sous des contraintes différentes.
| Support | Ce qu’il faut savoir | Ce que cela demande au marin | Ce que cela révèle de son profil |
|---|---|---|---|
| Nacra 17 | Catamaran olympique mixte à foils, très sensible aux réglages. | Synchronisation, finesse dans les manœuvres, stabilité mentale. | Une base technique solide et une vraie culture du détail. |
| F50 | Catamaran de SailGP pensé pour la vitesse extrême. | Réflexes très rapides, communication instantanée, gestion du vol. | Une capacité à performer dans un environnement sous forte pression. |
| TF35 | Trimaran à foils de haut niveau sur plan d’eau intérieur. | Précision des réglages, lecture du vent, endurance sur une saison longue. | Une polyvalence utile dans les projets à forte exigence technique. |
Je trouve cette lecture plus utile qu’une simple liste de résultats, parce qu’elle montre le vrai point commun entre ces bateaux: ils récompensent les équipages qui savent anticiper, pas seulement réagir. Cette logique prend tout son sens quand on revient au duo qui a longtemps défini son image publique.
Le tandem avec Marie Riou a forgé sa réputation
Avec Marie Riou, il a construit une référence presque scolaire du Nacra 17. Quatre titres mondiaux consécutifs donnent une idée de la domination, mais le plus intéressant reste la mécanique du duo: un partage très net des rôles, des automatismes presque invisibles et une capacité à répéter des trajectoires propres sans surjouer l’agressivité. En multicoque, ce genre de duo gagne moins par la démonstration que par l’accumulation de petites marges.
L’épisode olympique de Rio a aussi son importance. Finir 6e alors qu’on arrive avec le statut de favori et une préparation perturbée par une blessure au dos rappelle une réalité que les classements cachent parfois: le très haut niveau ne récompense pas seulement le talent, il récompense la capacité à tenir son niveau quand le corps limite la marge de manœuvre. C’est souvent là que les grands profils se distinguent des bons équipages.
Cette expérience a laissé quelque chose de durable: une culture de la rigueur, mais aussi une forme de lucidité. On ne domine pas longtemps en Nacra 17 sans accepter que le moindre détail compte, du placement du corps à la qualité du départ. Et cette exigence s’est retrouvée ensuite dans des formats de course encore plus rapides.
Ce que SailGP a changé dans sa manière de courir
Le passage par SailGP a déplacé le centre de gravité de son métier. Sur un F50, on ne navigue pas seulement vite, on navigue en temps compressé: les départs, les empannages et le contrôle du vol doivent s’enchaîner sans hésitation. Le rôle du skipper ne se limite plus à barrer; il faut aussi faire circuler l’information à bord, garder l’équipage aligné et accepter qu’une seule erreur de séquence coûte très cher.
C’est ce type de circuit qui oblige un marin à affiner sa lecture du risque. Trop prudent, on perd la vitesse; trop agressif, on dégrade le bateau ou on sort du plan d’eau utile. Je pense que c’est là que l’expérience de Besson est la plus intéressante pour un lecteur passionné de navigation: elle montre qu’un bon skipper moderne n’est pas seulement un pilote, mais un gestionnaire de vitesse, de timing et d’énergie collective.
Depuis que la barre du F50 français a changé de mains, son apport ne disparaît pas pour autant. Il reste associé à cette génération de marins capables de passer d’un monde à l’autre, de l’olympisme au circuit professionnel, puis des grands événements aux projets plus ciblés. Ce mouvement mène directement à sa place actuelle, plus discrète en apparence mais tout aussi technique.
Le rôle de régleur de grand-voile en 2026 dit beaucoup de sa valeur
En 2026, il évolue chez Sails of Change comme régleur de grand-voile. C’est un poste moins visible que celui de barreur, mais je le considère comme l’un des plus révélateurs sur un bateau à foils: il faut ajuster la puissance, le creux et le twist de la voile principale en fonction du vent, de l’assiette du bateau et de l’objectif tactique du moment. En clair, on ne “tient” pas juste une voile; on pilote une partie de l’équilibre général du multicoque.
Ce genre de rôle exige trois choses que l’on ne peut pas improviser: un sens très fin de la vitesse utile, une communication propre avec le reste de l’équipage et une confiance technique dans les réglages. Sur un TF35, la marge entre une bonne configuration et une mauvaise se voit vite, surtout quand le vent varie ou que le plan d’eau devient sale. C’est précisément là que l’expérience accumulée sur Nacra 17, F50 et autres supports prend de la valeur.
- Réglage parce qu’un multicoque volant se gagne sur la justesse, pas sur la force brute.
- Anticipation parce qu’un changement de vent se prépare avant de se voir clairement.
- Coordination parce qu’un équipage rapide perd vite son avantage si la communication se dégrade.
Ce poste résume assez bien sa trajectoire: moins d’exposition médiatique, mais plus d’impact technique au cœur du bateau. Et c’est justement ce type de détail qui aide à lire sa carrière avec un peu plus de finesse.
Ce que son parcours apprend à lire dans une course de multicoque
Si je devais résumer la méthode d’observation que son parcours m’inspire, je regarderais d’abord trois signaux: le départ, la stabilité du vol et la qualité des enchaînements sous pression. Ce sont les marqueurs les plus fiables pour comprendre si un équipage tient réellement son niveau, au-delà du résultat brut affiché à l’arrivée.
- Le départ dit si l’équipage a la bonne hauteur de ligne et la bonne vitesse de sortie.
- Le vol dit si le bateau reste propre sur ses foils, sans corrections inutiles.
- Les enchaînements disent si la communication tient quand la course accélère.
Ce sont précisément les critères que son parcours met en lumière: un navigateur devient durable quand il sait faire gagner un bateau dans plusieurs formats, avec la même discipline technique. C’est pour cela que son nom reste utile pour comprendre la voile française de haut niveau: il relie la culture olympique, la vitesse extrême et le travail d’équipe sans perdre la cohérence qui fait la différence.