Xavier Desmarest et Outremer - La vision qui a changé la croisière

Un voilier moderne, avec une grande voile noire, navigue sur une mer agitée. Xavier Desmarest admire la vue depuis le pont.

Écrit par

Patrick Marchand

Publié le

18 mars 2026

Table des matières

Dans l’univers de la grande croisière, certains noms comptent parce qu’ils ont changé la façon de penser un bateau, pas seulement parce qu’ils l’ont vendu. Xavier Desmarest appartient à cette catégorie: son parcours éclaire la naissance d’un groupe devenu central dans le nautisme français, la montée en puissance d’Outremer et une vision très concrète du voilier de voyage, fondée sur l’autonomie, le plaisir de barre et la cohérence du programme. Je vais ici aller à l’essentiel: son parcours, les grandes étapes de l’aventure Grand Large Yachting et ce que cela change, très concrètement, pour les navigateurs.

Les repères essentiels à garder en tête

  • Il a bâti son parcours avec Stéphan Constance, à partir d’une idée simple: concevoir le bateau de voyage qu’ils ne trouvaient pas sur le marché.
  • Le rachat d’Outremer en 2007 a donné au groupe un vrai pilier multicoque et une audience plus large auprès des plaisanciers de grand large.
  • Sa ligne directrice privilégie des bateaux rapides, marins et faciles à vivre en équipage réduit, sans sacrifier le confort utile.
  • Le chantier ne s’arrête pas à la livraison: formation, maintenance, refit et accompagnement prolongent l’expérience propriétaire.
  • Pour un plaisancier, le bon critère n’est pas seulement le prestige du modèle, mais l’adéquation entre le bateau, le programme de navigation et l’équipage.

Xavier Desmarest et sa compagne souriants devant leur catamaran Outremer.

Un entrepreneur du large avant d’être un patron de chantier

Je le lis d’abord comme un homme de projet. Avec Stéphan Constance, il sort du schéma classique du dirigeant industriel qui reprend un atelier déjà formaté; ils partent d’une frustration très concrète: le bateau idéal pour partir en croisière familiale n’existe pas vraiment. Tous deux se connaissent depuis leurs études d’ingénieur à Lyon, passent par le conseil, puis transforment une envie de voyage en architecture industrielle.

Dans un entretien au Figaro Nautisme, il explique qu’ils cherchaient d’abord une unité capable d’embarquer leur famille pour une année sabbatique en croisière. Ce point de départ est important, parce qu’il explique tout le reste. Chez lui, le bateau n’est pas un objet de vitrine: c’est un outil pour vivre au large, durer, emmener une famille ou un équipage dans de bonnes conditions et revenir sans avoir le sentiment d’avoir subi la machine.

Autrement dit, sa biographie n’est pas celle d’un skipper devenu chef d’entreprise, mais celle d’un entrepreneur qui a gardé un rapport de navigateur à la décision: choisir une route, accepter les limites d’un bateau et construire autour d’elles. C’est ce passage du rêve à l’industrialisation qui rend son parcours intéressant. La suite montre comment cette idée s’est matérialisée dans le groupe.

La création de Grand Large Yachting et le pari Outremer

Sur le site de Grand Large Yachting, la chronologie officielle raconte une construction progressive, presque méthodique. Le groupe naît en 2003 à Cherbourg autour d’Allures Yachting, avec une ambition très claire: revisiter le voilier de grande croisière. Puis, en 2007, le duo rachète Outremer, un chantier né en 1984 à La Grande-Motte et déjà identifié pour ses catamarans de croisière en composite.

Ce rachat n’est pas un simple élargissement de catalogue. Il permet de réunir deux cultures complémentaires: d’un côté le monocoque pensé pour le long cours, de l’autre le multicoque orienté vitesse, stabilité et volume de vie. C’est là que la marque Outremer prend une autre dimension, parce qu’elle cesse d’être seulement un chantier connu des initiés pour devenir l’un des piliers d’un ensemble plus vaste.

Date Étape Ce que cela change
2003 Création d’Allures Yachting à Cherbourg La grande croisière devient le cœur du projet industriel
2007 Rachat d’Outremer à La Grande-Motte Le groupe entre pleinement dans le multicoque de voyage
2010 Rachat de Garcia Le pôle voyage s’élargit et renforce son expertise technique
2015 Déploiement renforcé des services et de la formation L’accompagnement devient aussi important que la vente du bateau
2023 Arrivée d’ORC dans l’écosystème La logique multi-marques s’impose définitivement

Ce que j’en retiens, c’est la cohérence de la construction: chaque étape répond à la précédente. D’abord le bateau rêvé, ensuite la gamme, puis l’écosystème complet autour du propriétaire. Une fois ce socle posé, la vraie question devient celle de la philosophie de navigation qui guide les modèles eux-mêmes.

Une philosophie de bateau de voyage centrée sur l’autonomie

Chez Desmarest, la performance n’est pas un mot décoratif. Elle doit servir le programme, pas l’inverse. La logique Outremer repose sur des bateaux capables d’avancer vite à la voile, de rester agréables en croisière longue et de fonctionner avec un équipage réduit sans transformer chaque manœuvre en épreuve.

Ce qui me paraît fort, c’est que cette idée reste très concrète. Il ne s’agit pas d’opposer confort et efficacité, mais de trouver un équilibre utile: moins d’heures moteur, davantage de navigation à la voile, une autonomie énergétique et hydraulique mieux pensée, et une vie à bord qui ne s’épuise pas au bout de deux semaines. Il cite d’ailleurs l’exemple d’un propriétaire ayant bouclé un tour du monde avec seulement trois pleins de gazole; l’anecdote est parlante, parce qu’elle montre que la sobriété d’usage n’est pas un slogan, mais un résultat de conception.

Principe Effet à bord Limite à accepter
Vitesse à la voile Moyennes journalières plus élevées et navigation plus fluide Demande une lecture météo sérieuse et un équipage attentif
Autonomie Moins de dépendance aux escales et au moteur Suppose de bien dimensionner eau, énergie et stockage
Simplicité d’usage Manœuvres plus sereines en équipage réduit Ne supprime pas le besoin de formation
Confort utile La vie à bord reste soutenable dans la durée Ce confort est pensé pour la mer, pas pour le standing de marina

À mes yeux, la valeur de cette approche tient à sa franchise: elle n’essaie pas de faire croire qu’un bateau doit tout faire à la perfection. Elle dit plutôt quel usage il sert le mieux. Et c’est précisément ce qui explique l’importance de l’accompagnement autour du bateau, au-delà de la seule coque.

Son influence va bien au-delà du chantier

La trajectoire de Xavier Desmarest ne se limite pas au lancement de modèles. Elle a aussi contribué à faire évoluer la manière dont la filière française pense la relation client. Avec le temps, Grand Large Yachting a construit un modèle où la vente n’est que le début de l’histoire: formation technique, maintenance, refit, reprise, accompagnement des propriétaires et préparation à la grande croisière font partie du même ensemble.

C’est un point que beaucoup de plaisanciers sous-estiment encore. Acheter un Outremer, ou plus largement un bateau du groupe, ne revient pas seulement à choisir un dessin de carène ou une surface de voiles; cela revient aussi à entrer dans un environnement de services qui doit aider à naviguer mieux, plus longtemps et avec davantage d’autonomie. En 2025, il évoquait un parc d’environ 1 500 voiliers à l’eau, plus de 1 000 collaborateurs et une forte présence à l’export: à cette échelle, on ne parle plus d’un chantier isolé, mais d’un acteur structurant.

Je trouve aussi intéressante sa façon de penser la filière comme un tout. Il ne s’agit pas uniquement de vendre des bateaux plus beaux ou plus rapides; il s’agit de rendre la grande croisière accessible à des équipages réels, avec leurs contraintes de temps, de budget, de compétence et de sécurité. Cette vision-là a sans doute autant compté que les trophées remportés par la marque. Elle explique aussi pourquoi le nom d’Outremer reste associé à une culture du large, pas à un simple effet de mode.

Ce que son parcours dit à un plaisancier en 2026

Si je devais résumer l’héritage utile de ce parcours en une phrase, je dirais ceci: un bon bateau est celui qui sert vraiment un projet de navigation. C’est la leçon la plus concrète qu’on peut tirer de l’histoire de ce dirigeant et de la marque qu’il a portée. Un catamaran comme Outremer prend tout son sens quand l’objectif est de voyager vite, loin, avec une équipe réduite et une vraie envie d’être à la barre, pas de rester au mouillage comme dans un appartement flottant.

En pratique, cela veut dire qu’un acheteur doit vérifier trois choses avant de se laisser séduire par la réputation d’un modèle: le programme réel de navigation, le niveau d’autonomie qu’il veut vraiment atteindre, et l’accompagnement qu’il attend après la livraison. C’est là que la trajectoire de Desmarest reste instructive: elle rappelle qu’un chantier sérieux ne vend pas seulement un bateau, il aide à construire une manière de naviguer. Et en 2026, cette différence reste décisive pour qui veut partir loin sans se tromper de cap.

Questions fréquentes

Xavier Desmarest est un entrepreneur qui, avec Stéphan Constance, a fondé Grand Large Yachting. Il est reconnu pour avoir développé une vision du voilier de voyage axée sur l'autonomie et le plaisir de barre, notamment à travers la marque Outremer.

Le rachat d'Outremer en 2007 a été une étape clé. Il a permis à Grand Large Yachting de s'imposer sur le marché des multicoques de voyage, en combinant la culture du monocoque de long cours avec celle des catamarans rapides et stables.

Sa philosophie privilégie des bateaux rapides à la voile, faciles à manœuvrer en équipage réduit et dotés d'une grande autonomie (énergie, eau). L'objectif est de permettre des voyages au long cours sans dépendre excessivement des infrastructures portuaires.

L'accompagnement va au-delà de la vente. Il inclut la formation technique, la maintenance, le refit, et la préparation à la grande croisière, assurant ainsi une expérience complète et sereine pour les navigateurs.

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Patrick Marchand

Patrick Marchand

Je suis Patrick Marchand, un analyste de l'industrie passionné par la navigation, la culture et l'ingénierie maritime. Avec plus de dix ans d'expérience dans l'analyse des tendances maritimes, j'ai développé une expertise approfondie dans les innovations technologiques et les pratiques durables qui façonnent notre mer et nos ports. Mon approche consiste à simplifier des données complexes pour offrir une analyse objective, tout en m'assurant que l'information est toujours factuelle et vérifiée. Je m'engage à fournir à mes lecteurs des contenus précis et à jour, afin de les aider à mieux comprendre les enjeux maritimes contemporains. Mon objectif est de partager des connaissances qui favorisent une meilleure appréciation de notre patrimoine maritime et des défis auxquels nous sommes confrontés dans ce domaine en constante évolution.

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