Samouraï MK1 ou MK2 - guide d’achat et points à vérifier

Rangée de samouraïs en armure rouge vif, visages expressifs, évoquant l'esprit du voilier samouraï.

Écrit par

Benoît Faure

Publié le

23 avr. 2026

Table des matières

Choisir un voilier ancien de 7 mètres demande de regarder au-delà de son âge et de son prix affiché. Le voilier Samouraï attire encore les plaisanciers par son équilibre entre performances, stabilité et simplicité, mais ses deux versions, MK1 et MK2, ne doivent pas être confondues. Voici ses caractéristiques techniques, son comportement sous voile, son niveau de confort et les points à vérifier avant un achat ou une remise en état.

L’essentiel à retenir sur le Samouraï

  • Construction en polyester renforcé, avec une conception signée Michel Bigoin et Daniel Duvergie.
  • Dimensions proches de 7,40 à 7,60 m de longueur pour 2,40 m de largeur.
  • Stabilité assurée par environ 700 kg de lest pour un déplacement proche de 1 600 kg.
  • Programme orienté course-croisière et navigation côtière, plutôt que grand voyage sans préparation.
  • Point sensible sur un modèle ancien, l’état du gréement, des cadènes et de la structure compte davantage que l’équipement électronique.

Un petit course-croisière français conçu pour durer

Construit par le chantier français CNSO, le Samouraï appartient à la génération des voiliers de course-croisière en polyester apparus à la fin des années 1960. Les plans sont généralement attribués à Michel Bigoin et Daniel Duvergie, deux architectes associés à plusieurs voiliers marins et performants de cette époque.

Le bateau adopte un gréement de type sloop à mât en tête, une configuration classique avec grand-voile et voile d’avant. Elle reste intéressante pour un équipage familial, car elle offre une bonne polyvalence et permet de réduire la toile progressivement lorsque le vent monte.

La production s’est étendue des environs de 1968 jusqu’aux années 1980, avec environ 800 exemplaires souvent cités pour la série. Cette diffusion explique que l’on trouve encore des pièces, des plans et des témoignages de propriétaires, même si chaque unité a pu être modifiée au fil des décennies.

MK1 ou MK2 les chiffres à connaître

Les fiches disponibles ne donnent pas toujours exactement les mêmes mesures. Cela vient des différences entre versions, des méthodes de mesure et des transformations effectuées sur certains bateaux. Je recommande donc de vérifier la plaque constructeur et les documents du bateau avant de commander une voile ou une pièce de gréement.

Caractéristique Samouraï MK1 Samouraï MK2
Longueur hors tout ou de coque Environ 7,40 m Environ 7,40 à 7,60 m
Longueur à la flottaison Environ 5,80 m Environ 5,80 à 5,90 m
Largeur maximale Environ 2,40 m Environ 2,40 m
Tirant d’eau Environ 1,20 m Jusqu’à environ 1,40 m
Déplacement lège Environ 1 600 kg Environ 1 600 kg
Lest Environ 700 kg Environ 700 kg
Surface de voilure publiée Environ 26 m² Environ 28 m²
Couchettes 4 4 environ

Le rapport entre le lest et le déplacement atteint environ 44 %. Ce chiffre contribue à la raideur du bateau sous voile, c’est-à-dire sa capacité à limiter la gîte lorsque le vent fraîchit. Il ne suffit toutefois pas à garantir la sécurité d’une navigation hauturière, car l’état de la coque, du gréement et des équipements de sécurité reste déterminant.

Comment se comporte le Samouraï sous voile

Avec sa carène relativement lourde et son lest important, le modèle privilégie une navigation stable et régulière. Il n’est pas conçu pour accélérer comme un voilier moderne très léger, mais il conserve une bonne inertie dans le clapot et supporte bien les variations de vent lorsque les voiles sont correctement réglées.

Au près, son comportement est généralement apprécié pour sa capacité à garder son cap. La surface de voile reste modeste pour un bateau de ce déplacement, ce qui favorise la maîtrise dans le vent établi mais peut le rendre moins vif par petit temps. Dans ces conditions, un génois bien entretenu et un réglage précis des écoutes font souvent plus de différence qu’un équipement électronique coûteux.

Le tirant d’eau proche de 1,20 à 1,40 m permet d’accéder à de nombreux mouillages côtiers français. En contrepartie, le bateau reste bas sur l’eau et le cockpit peut devenir humide lorsque la mer se forme. Je le vois comme un voilier sain pour la côte, les estuaires et les traversées raisonnables, à condition de respecter ses limites et la météo.

Un intérieur fonctionnel mais peu spacieux

Le Samouraï offre une cabine pensée pour la croisière courte. Les configurations annoncent généralement quatre couchages, avec un espace intérieur suffisant pour dormir, cuisiner simplement et ranger le matériel essentiel. La hauteur sous barrots tourne autour de 1,45 à 1,50 m, ce qui impose de vivre en partie dans le cockpit.

Pour deux personnes, l’habitabilité peut rester agréable sur plusieurs jours si les rangements sont bien organisés. À quatre adultes, le volume devient rapidement limité, surtout par mauvais temps. Le principal compromis est là : on gagne un bateau compact, facile à manœuvrer et moins coûteux à entretenir, mais on renonce au confort d’un croiseur moderne de 8 mètres.

La motorisation auxiliaire est souvent un hors-bord installé sur chaise ou dans un puits, avec des puissances variables selon les unités. Une puissance de l’ordre de 5 chevaux peut suffire pour les manœuvres portuaires et le calme, mais l’état du support moteur, de la fixation et du réservoir doit être contrôlé avec attention.

Les vérifications indispensables avant l’achat

Sur un voilier construit il y a plusieurs décennies, je donne toujours la priorité à la structure et au gréement. Une sellerie neuve ou un GPS récent améliore le confort, mais ne compense jamais une cadène douteuse ou un pied de mât mal repris.

Le gréement et les points de charge

  • Inspecter les cadènes, les boulons et les zones de stratification autour des fixations.
  • Contrôler l’étai, les haubans, les ridoirs et les sertissages du gréement dormant.
  • Rechercher les fissures ou déformations autour du pied de mât.
  • Vérifier le fonctionnement du système de prise de ris, de l’enrouleur et des winches.

La coque et les appendices

Le polyester peut rester solide, mais il faut rechercher l’osmose, les réparations anciennes, les cloques et les infiltrations. Le lest en fonte doit être examiné au niveau de sa liaison avec la coque, tandis que la quille et le safran doivent rester parfaitement alignés.

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Les voiles et l’électricité

Une garde-robe ancienne peut sembler correcte à quai tout en étant très déformée en navigation. Il faut vérifier les coutures, les points d’écoute, les lattes et la capacité des voiles à prendre un ris. Pour le circuit électrique, je contrôlerais d’abord les câbles, les coupe-circuits, la batterie et les feux de navigation avant de m’intéresser aux instruments.

Le prix d’une unité ancienne varie fortement selon son état. Une annonce historique autour de 5 000 euros ne constitue pas une référence fiable pour 2026, car une rénovation du gréement, du moteur ou de l’électricité peut rapidement dépasser la valeur d’achat. Le bon calcul consiste à additionner le prix du bateau, le carénage, le contrôle du gréement et les travaux prioritaires avant de se décider.

À quel programme le Samouraï convient vraiment

Je le conseillerais à un plaisancier qui cherche un voilier de caractère pour la croisière côtière, l’apprentissage du réglage des voiles et les sorties à deux ou trois personnes. Sa stabilité et son déplacement rassurent, tandis que ses dimensions restent compatibles avec de nombreux ports et chantiers français.

Il convient moins à ceux qui veulent un intérieur confortable, une grande autonomie ou des performances modernes dans le petit temps. Pour une navigation au large, une préparation sérieuse s’impose avec contrôle de la structure, révision complète du gréement, équipement de sécurité adapté et étude précise du programme.

Le bon Samouraï est celui qui a été suivi

La valeur de ce modèle ne se résume pas à une fiche technique. Un exemplaire bien entretenu peut offrir une navigation plaisante, stable et étonnamment vivante, tandis qu’un bateau négligé peut transformer une bonne affaire en chantier interminable.

Mon conseil est simple : privilégier une coque saine, un gréement documenté et des voiles encore exploitables. Sur ce type de voilier, l’historique d’entretien compte davantage que quelques milliers d’euros d’écart, car c’est lui qui détermine la sécurité, le plaisir à la barre et le budget réel des premières saisons.

Questions fréquentes

Les deux versions mesurent environ 7,40 m, mais le MK2 peut atteindre 7,60 m et possède un tirant d’eau allant jusqu’à 1,40 m, contre environ 1,20 m pour le MK1. Sa surface de voilure publiée est aussi légèrement supérieure, autour de 28 m² contre 26 m². Le déplacement reste proche de 1 600 kg, avec environ 700 kg de lest dans les deux cas.

Le Samouraï convient surtout à la course-croisière, aux sorties côtières, aux estuaires et aux traversées raisonnables. Son lest important favorise une navigation stable dans le vent établi et le clapot, mais sa carène lourde le rend moins vif dans le petit temps. Une navigation au large exige un contrôle complet de la structure, du gréement et de l’équipement de sécurité.

Il faut inspecter les cadènes, les boulons, les zones de stratification, l’étai, les haubans, les ridoirs, les sertissages et le pied de mât. La coque doit être examinée pour repérer l’osmose, les cloques, les infiltrations et les anciennes réparations, tandis que le lest, la quille et le safran doivent rester correctement alignés. Les voiles, le circuit électrique, la batterie, les feux de navigation et les coupe-circuits méritent également un contrôle.

La cabine propose généralement quatre couchages, avec une hauteur sous barrots d’environ 1,45 à 1,50 m. Pour deux personnes, l’habitabilité peut convenir à une croisière de plusieurs jours si les rangements sont bien organisés, mais quatre adultes seront rapidement à l’étroit, surtout par mauvais temps. Le moteur auxiliaire est souvent un hors-bord, et une puissance d’environ 5 chevaux peut suffire pour les manœuvres portuaires et le calme.

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course-croisière gréement osmose navigation côtière samouraï

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Benoît Faure

Benoît Faure

Je m'appelle Benoît Faure et j'ai trois ans d'expérience dans le domaine de la navigation, de la culture et de l'ingénierie maritime. Mon intérêt pour ces sujets a commencé dès mon enfance, lorsque je passais mes étés à explorer les côtes et à m'émerveiller devant la beauté des navires. Aujourd'hui, je m'efforce de partager cette passion à travers mes écrits, en aidant mes lecteurs à mieux comprendre les enjeux contemporains de la mer et des technologies maritimes. Je m'engage à fournir des informations utiles, précises et accessibles. Pour cela, je vérifie minutieusement mes sources et compare les informations disponibles afin de simplifier des sujets parfois complexes. J'aime suivre les tendances du secteur et organiser mes connaissances de manière claire, afin que chacun puisse en tirer profit. Mon objectif est de rendre la culture maritime et l'ingénierie accessibles à tous, en rendant ces thèmes captivants et pertinents.

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