Choisir un voilier ancien de 7 mètres demande de regarder au-delà de son âge et de son prix affiché. Le voilier Samouraï attire encore les plaisanciers par son équilibre entre performances, stabilité et simplicité, mais ses deux versions, MK1 et MK2, ne doivent pas être confondues. Voici ses caractéristiques techniques, son comportement sous voile, son niveau de confort et les points à vérifier avant un achat ou une remise en état.
L’essentiel à retenir sur le Samouraï
- Construction en polyester renforcé, avec une conception signée Michel Bigoin et Daniel Duvergie.
- Dimensions proches de 7,40 à 7,60 m de longueur pour 2,40 m de largeur.
- Stabilité assurée par environ 700 kg de lest pour un déplacement proche de 1 600 kg.
- Programme orienté course-croisière et navigation côtière, plutôt que grand voyage sans préparation.
- Point sensible sur un modèle ancien, l’état du gréement, des cadènes et de la structure compte davantage que l’équipement électronique.
Un petit course-croisière français conçu pour durer
Construit par le chantier français CNSO, le Samouraï appartient à la génération des voiliers de course-croisière en polyester apparus à la fin des années 1960. Les plans sont généralement attribués à Michel Bigoin et Daniel Duvergie, deux architectes associés à plusieurs voiliers marins et performants de cette époque.
Le bateau adopte un gréement de type sloop à mât en tête, une configuration classique avec grand-voile et voile d’avant. Elle reste intéressante pour un équipage familial, car elle offre une bonne polyvalence et permet de réduire la toile progressivement lorsque le vent monte.
La production s’est étendue des environs de 1968 jusqu’aux années 1980, avec environ 800 exemplaires souvent cités pour la série. Cette diffusion explique que l’on trouve encore des pièces, des plans et des témoignages de propriétaires, même si chaque unité a pu être modifiée au fil des décennies.
MK1 ou MK2 les chiffres à connaître
Les fiches disponibles ne donnent pas toujours exactement les mêmes mesures. Cela vient des différences entre versions, des méthodes de mesure et des transformations effectuées sur certains bateaux. Je recommande donc de vérifier la plaque constructeur et les documents du bateau avant de commander une voile ou une pièce de gréement.
| Caractéristique | Samouraï MK1 | Samouraï MK2 |
|---|---|---|
| Longueur hors tout ou de coque | Environ 7,40 m | Environ 7,40 à 7,60 m |
| Longueur à la flottaison | Environ 5,80 m | Environ 5,80 à 5,90 m |
| Largeur maximale | Environ 2,40 m | Environ 2,40 m |
| Tirant d’eau | Environ 1,20 m | Jusqu’à environ 1,40 m |
| Déplacement lège | Environ 1 600 kg | Environ 1 600 kg |
| Lest | Environ 700 kg | Environ 700 kg |
| Surface de voilure publiée | Environ 26 m² | Environ 28 m² |
| Couchettes | 4 | 4 environ |
Le rapport entre le lest et le déplacement atteint environ 44 %. Ce chiffre contribue à la raideur du bateau sous voile, c’est-à-dire sa capacité à limiter la gîte lorsque le vent fraîchit. Il ne suffit toutefois pas à garantir la sécurité d’une navigation hauturière, car l’état de la coque, du gréement et des équipements de sécurité reste déterminant.
Comment se comporte le Samouraï sous voile
Avec sa carène relativement lourde et son lest important, le modèle privilégie une navigation stable et régulière. Il n’est pas conçu pour accélérer comme un voilier moderne très léger, mais il conserve une bonne inertie dans le clapot et supporte bien les variations de vent lorsque les voiles sont correctement réglées.
Au près, son comportement est généralement apprécié pour sa capacité à garder son cap. La surface de voile reste modeste pour un bateau de ce déplacement, ce qui favorise la maîtrise dans le vent établi mais peut le rendre moins vif par petit temps. Dans ces conditions, un génois bien entretenu et un réglage précis des écoutes font souvent plus de différence qu’un équipement électronique coûteux.
Le tirant d’eau proche de 1,20 à 1,40 m permet d’accéder à de nombreux mouillages côtiers français. En contrepartie, le bateau reste bas sur l’eau et le cockpit peut devenir humide lorsque la mer se forme. Je le vois comme un voilier sain pour la côte, les estuaires et les traversées raisonnables, à condition de respecter ses limites et la météo.
Un intérieur fonctionnel mais peu spacieux
Le Samouraï offre une cabine pensée pour la croisière courte. Les configurations annoncent généralement quatre couchages, avec un espace intérieur suffisant pour dormir, cuisiner simplement et ranger le matériel essentiel. La hauteur sous barrots tourne autour de 1,45 à 1,50 m, ce qui impose de vivre en partie dans le cockpit.
Pour deux personnes, l’habitabilité peut rester agréable sur plusieurs jours si les rangements sont bien organisés. À quatre adultes, le volume devient rapidement limité, surtout par mauvais temps. Le principal compromis est là : on gagne un bateau compact, facile à manœuvrer et moins coûteux à entretenir, mais on renonce au confort d’un croiseur moderne de 8 mètres.
La motorisation auxiliaire est souvent un hors-bord installé sur chaise ou dans un puits, avec des puissances variables selon les unités. Une puissance de l’ordre de 5 chevaux peut suffire pour les manœuvres portuaires et le calme, mais l’état du support moteur, de la fixation et du réservoir doit être contrôlé avec attention.
Les vérifications indispensables avant l’achat
Sur un voilier construit il y a plusieurs décennies, je donne toujours la priorité à la structure et au gréement. Une sellerie neuve ou un GPS récent améliore le confort, mais ne compense jamais une cadène douteuse ou un pied de mât mal repris.
Le gréement et les points de charge
- Inspecter les cadènes, les boulons et les zones de stratification autour des fixations.
- Contrôler l’étai, les haubans, les ridoirs et les sertissages du gréement dormant.
- Rechercher les fissures ou déformations autour du pied de mât.
- Vérifier le fonctionnement du système de prise de ris, de l’enrouleur et des winches.
La coque et les appendices
Le polyester peut rester solide, mais il faut rechercher l’osmose, les réparations anciennes, les cloques et les infiltrations. Le lest en fonte doit être examiné au niveau de sa liaison avec la coque, tandis que la quille et le safran doivent rester parfaitement alignés.
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Les voiles et l’électricité
Une garde-robe ancienne peut sembler correcte à quai tout en étant très déformée en navigation. Il faut vérifier les coutures, les points d’écoute, les lattes et la capacité des voiles à prendre un ris. Pour le circuit électrique, je contrôlerais d’abord les câbles, les coupe-circuits, la batterie et les feux de navigation avant de m’intéresser aux instruments.
Le prix d’une unité ancienne varie fortement selon son état. Une annonce historique autour de 5 000 euros ne constitue pas une référence fiable pour 2026, car une rénovation du gréement, du moteur ou de l’électricité peut rapidement dépasser la valeur d’achat. Le bon calcul consiste à additionner le prix du bateau, le carénage, le contrôle du gréement et les travaux prioritaires avant de se décider.
À quel programme le Samouraï convient vraiment
Je le conseillerais à un plaisancier qui cherche un voilier de caractère pour la croisière côtière, l’apprentissage du réglage des voiles et les sorties à deux ou trois personnes. Sa stabilité et son déplacement rassurent, tandis que ses dimensions restent compatibles avec de nombreux ports et chantiers français.
Il convient moins à ceux qui veulent un intérieur confortable, une grande autonomie ou des performances modernes dans le petit temps. Pour une navigation au large, une préparation sérieuse s’impose avec contrôle de la structure, révision complète du gréement, équipement de sécurité adapté et étude précise du programme.
Le bon Samouraï est celui qui a été suivi
La valeur de ce modèle ne se résume pas à une fiche technique. Un exemplaire bien entretenu peut offrir une navigation plaisante, stable et étonnamment vivante, tandis qu’un bateau négligé peut transformer une bonne affaire en chantier interminable.
Mon conseil est simple : privilégier une coque saine, un gréement documenté et des voiles encore exploitables. Sur ce type de voilier, l’historique d’entretien compte davantage que quelques milliers d’euros d’écart, car c’est lui qui détermine la sécurité, le plaisir à la barre et le budget réel des premières saisons.