Edel 2, le petit croiseur côtier à dérive lestée

Un voilier Edel 2, bleu et blanc, sur ber. Un chat noir passe devant.

Écrit par

Patrick Marchand

Publié le

7 mai 2026

Table des matières

Un petit voilier peut être simple à transporter sans être limité à quelques sorties dans la baie. L’Edel 2 illustre bien ce compromis avec sa dérive lestée, ses quatre couchettes et une conception pensée pour la croisière côtière. Voici ses dimensions, ses variantes, son comportement sous voiles et les points techniques que je vérifierais avant de remettre un exemplaire à l’eau.

Les données essentielles pour situer l’Edel 2

  • Construction de 1966 à 1982, avec environ 2 100 unités produites.
  • Dimensions de 5,60 m de coque, 2,10 m de large et 4,95 m à la flottaison.
  • Tirant d’eau variable de 0,50 à 1,00 m grâce à la dérive lestée.
  • Poids d’environ 580 kg pour la version standard, avec 180 kg de lest.
  • Voilure proche de 17,80 m² et aménagements pour quatre personnes.
  • Point de vigilance sur le puits de dérive, les hublots et l’état réel de la mousse de flottabilité.

Bateau blanc sur remorque, prêt pour l'aventure. Fiche technique Edel 2.

Une fiche technique qui varie selon la version

L’Edel 2 est un monocoque en polyester dessiné par Maurice Edel et construit en France. Les séries ont été produites entre 1966 et 1982, ce qui explique les petites différences rencontrées d’un bateau à l’autre. Les documents d’époque et les relevés de propriétaires ne donnent pas toujours exactement les mêmes mesures, notamment pour la longueur hors tout et la surface de voilure.

La valeur la plus souvent retenue est une longueur de coque de 5,60 m, pour une largeur de 2,10 m et une longueur à la flottaison d’environ 4,95 m. Certaines fiches indiquent 5,50 m, car elles distinguent différemment la coque, les appendices et les débords. Pour une remorque, une place de port ou une housse, je vérifierais donc les dimensions du bateau concerné plutôt que de me fier uniquement au nom du modèle.

Caractéristique Version standard Micro-Cupper
Architecte Maurice Edel Maurice Edel
Longueur de coque 5,60 m Environ 5,50 m selon les documents
Largeur 2,10 m Environ 2,10 m
Tirant d’eau 0,50 à 1,00 m 0,50 à 1,00 m
Poids Environ 580 kg Environ 550 kg
Lest Environ 180 kg Environ 150 kg
Surface de voilure Environ 17,80 m² Environ 18,50 m²

La version Micro-Cupper est plus orientée vers la jauge et la recherche de légèreté. Elle peut donc présenter un comportement plus vif, mais les chiffres d’une annonce doivent toujours être contrôlés sur la plaque constructeur, les papiers disponibles et les équipements réellement installés.

Le gréement et les performances à attendre

L’Edel 2 reçoit un gréement de sloop à tête, avec une grand-voile et une voile d’avant. Les relevés courants donnent environ 9,1 à 9,2 m² pour la grand-voile, autour de 5,5 m² pour le foc numéro 1 et jusqu’à 8,7 m² pour un génois. La configuration exacte dépend toutefois du jeu de voiles conservé par le propriétaire.

Avec moins de 600 kg et près de 18 m² de toile, le bateau possède un rapport voilure-poids intéressant. Je le décrirais comme vif et manœuvrant, particulièrement agréable dans les vents légers à modérés. Cette légèreté demande aussi de réduire la toile assez tôt lorsque le vent monte, car un petit croiseur réagit vite aux rafales.

La dérive lestée est l’un de ses grands atouts. Relevée, elle permet d’approcher les plages et de faciliter la mise à l’eau. Baissée, elle améliore la tenue au près en augmentant la profondeur immergée. Le tirant d’eau passe alors d’environ 0,50 m à 1,00 m, une amplitude très pratique pour les plans d’eau peu profonds.

Les calculs théoriques disponibles situent la vitesse de coque autour de 5,3 nœuds. Ce chiffre ne constitue pas une promesse de vitesse réelle. L’état des voiles, le réglage du gréement, la propreté de la carène et la charge embarquée auront souvent davantage d’influence que quelques dixièmes de nœud sur le papier.

Un petit croiseur conçu pour la côte

L’Edel 2 n’est pas un voilier de haute mer miniature. C’est un croiseur côtier transportable, adapté aux escales proches, au camping nautique et aux sorties à la journée. Son cockpit occupe une place importante pour sa taille, tandis que la cabine offre généralement quatre couchages, avec une couchette double à l’avant et deux couchettes latérales.

La hauteur sous barrots annoncée est d’environ 1,35 m. Cela suffit pour vivre quelques jours à bord, mais pas pour offrir le confort d’un croiseur moderne de sept ou huit mètres. La cuisine reste très simple, souvent limitée à un réchaud portatif ou à un petit équipement installé par le propriétaire. C’est une solution fonctionnelle, pas un aménagement permanent comparable à celui d’un voilier plus grand.

La propulsion prévue est généralement un moteur hors-bord de 3 ch. Pour les manœuvres portuaires et les conditions calmes, cette puissance peut convenir. Dans un courant soutenu ou face à une mer formée, elle montre rapidement ses limites. Je privilégierais un moteur fiable, correctement fixé et facile à relever plutôt qu’une puissance excessive qui alourdirait l’arrière.

La remorque est un autre élément à examiner avec sérieux. Certaines fiches mentionnent une capacité utile d’environ 750 kg, mais le poids total dépend de la remorque, du moteur, du gréement, des voiles et du matériel embarqué. Il faut contrôler le poids réel sur une bascule et vérifier que le véhicule tracteur reste dans les limites réglementaires.

Les points techniques à contrôler sur un exemplaire ancien

Un Edel 2 bien entretenu peut encore rendre de nombreux services, mais l’âge du bateau compte davantage que sa réputation. Le premier contrôle concerne le puits de dérive, c’est-à-dire la structure dans laquelle pivote et se range la dérive. Une usure, une déformation ou une infiltration à cet endroit peut transformer une petite remise en état en chantier important.

La dérive et son système de relevage

Il faut vérifier le jeu de l’axe, l’état du câble ou de la chaîne, la fixation du lest et la manœuvre complète de la dérive. Une dérive qui descend difficilement n’est pas seulement désagréable à utiliser. Elle peut signaler un problème d’alignement, de corrosion ou de stratification autour du puits.

Les hublots et les infiltrations

Les hublots en plexiglas et leurs joints vieillissent souvent mal sur les bateaux de cette génération. Des craquelures, un joint durci ou des traces d’eau autour des contre-moulages doivent attirer l’attention. Une cabine sèche est un bon signe, mais je contrôlerais aussi les zones cachées sous les matelas et dans les coffres, car l’humidité s’y installe facilement.

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La flottabilité annoncée

La documentation commerciale évoque une mousse de polyuréthane expansée remplissant certains volumes inutilisés et une capacité d’environ 420 litres de mousse. Il serait imprudent d’en déduire que chaque Edel 2 est encore insubmersible aujourd’hui. Des modifications, des réparations ou des différences de fabrication peuvent avoir changé la situation.

Je considérerais donc cette caractéristique comme un élément historique de conception, pas comme une dispense d’armement de sécurité. La navigation autorisée, la zone fréquentée et la réglementation applicable doivent être vérifiées séparément, avec le matériel de sécurité correspondant à la situation réelle.

Ce que l’Edel 2 vaut réellement en navigation

Son intérêt principal tient à l’équilibre entre transportabilité, habitabilité minimale et faible tirant d’eau. Il peut convenir à un débutant accompagné, à un propriétaire qui ne veut pas payer une place à l’année ou à un plaisancier souhaitant changer de plan d’eau grâce à une remorque.

En revanche, sa petite taille impose des limites nettes. La cabine devient vite étroite à quatre, le moteur hors-bord manque de réserve dans les conditions difficiles et la stabilité dépend beaucoup de la manière dont le bateau est chargé. Les équipements modernes ajoutés au fil des années peuvent aussi dégrader le comportement en surchargeant la coque.

Pour moi, le meilleur usage reste la croisière côtière raisonnablement préparée, avec une météo favorable, une voilure en bon état et un contrôle attentif des appendices. L’Edel 2 n’a pas besoin d’être transformé en bateau de voyage extrême pour être intéressant. Sa force est précisément de proposer une navigation simple, accessible et proche du rivage.

La bonne lecture d’une fiche avant l’achat

Une fiche technique donne les grandes lignes, mais elle ne remplace jamais l’inspection du bateau. Avant de prendre une décision, je comparerais les dimensions annoncées avec la plaque constructeur, je pèserais l’ensemble bateau-remorque et je demanderais l’historique des réparations du puits de dérive, du gréement et des hublots.

Un Edel 2 complet, sec, correctement remorqué et équipé pour sa zone de navigation peut être une excellente porte d’entrée vers la croisière. Un exemplaire bon marché mais chargé d’humidité, doté de voiles fatiguées et d’une dérive grippée coûtera rapidement bien plus cher que prévu. Sur ce modèle, l’état précis de la coque compte davantage que l’écart entre deux chiffres de fiche technique.

Questions fréquentes

La version standard mesure environ 5,60 m de coque, 2,10 m de large et pèse près de 580 kg, avec 180 kg de lest. Le Micro-Cupper est généralement plus léger, autour de 550 kg, avec environ 150 kg de lest. Les mesures peuvent varier selon les documents et les équipements installés.

La dérive relevée réduit le tirant d’eau à environ 0,50 m, ce qui facilite l’approche des plages et la mise à l’eau. Une fois abaissée, elle porte le tirant d’eau à près de 1,00 m et améliore la tenue au près.

Il dispose généralement de quatre couchettes, avec une couchette double à l’avant et deux couchettes latérales, mais la cabine reste étroite. Il convient surtout aux sorties à la journée, aux escales proches et au camping nautique par météo favorable, plutôt qu’à la haute mer.

Inspectez en priorité le puits de dérive, l’axe, le câble ou la chaîne de relevage, ainsi que les éventuelles infiltrations autour des hublots. Contrôlez aussi l’état des voiles, la mousse de flottabilité et le poids réel de l’ensemble bateau-remorque avec le moteur et le matériel.

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Patrick Marchand

Patrick Marchand

Je m'appelle Patrick Marchand et j'ai 13 ans d'expérience dans le domaine de la navigation, de la culture et de l'ingénierie maritime. Mon intérêt pour ces sujets a débuté dès mon plus jeune âge, lorsque je passais des heures à explorer les côtes et à rêver de voyages en mer. Aujourd'hui, je me consacre à partager mes connaissances et à aider les lecteurs à comprendre les enjeux complexes qui entourent notre rapport à la mer. Dans mes écrits, je m'efforce de rendre accessibles des concepts parfois difficiles, en vérifiant soigneusement mes sources et en comparant les informations pour offrir une perspective claire et précise. Je suis passionné par l'actualité maritime et je m'engage à fournir des informations utiles, exactes et à jour, afin que chacun puisse apprécier la richesse de notre patrimoine maritime et les défis de l'ingénierie qui l'accompagnent.

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