Un voilier de 9 mètres peut-il encore offrir de vraies sensations sans sacrifier le confort familial ? Le Bénéteau First 310 répond plutôt bien à cette question, à condition d’accepter un bateau vivant et de choisir un exemplaire correctement entretenu. Je passe en revue les avis de propriétaires, les qualités sous voile, les limites connues, les versions de tirant d’eau et le budget à prévoir sur le marché de l’occasion.
Le First 310 reste un croiseur rapide qui demande un vrai suivi
- Programme : un compromis réussi entre croisière côtière et régate amateur.
- Performances : une carène vive, particulièrement agréable dans le petit temps et le médium.
- Point de vigilance : il faut réduire la toile assez tôt lorsque le vent monte.
- Habitabilité : deux cabines, jusqu’à six couchages et une hauteur sous barrots appréciable pour l’époque.
- Budget 2026 : les annonces observées se situent souvent autour de 33 000 à 35 000 €, selon l’état et l’équipement.

Les avis convergent vers un croiseur rapide et vivant
Les retours consacrés au First 310 sont assez cohérents. Les propriétaires parlent d’un bateau rapide, équilibré et agréable à barrer, capable de faire de la croisière tout en restant compétitif en régate de club. Ce n’est pas un croiseur lourd qui avance tranquillement quelles que soient les conditions. Il réagit aux réglages, au poids de l’équipage et à la qualité des voiles.
La carène dessinée par le Groupe Finot reprend l’esprit des voiliers de course de la même génération, avec une longueur de flottaison importante, un arrière assez large et un déplacement contenu. Dans les échanges entre propriétaires, on retrouve souvent la même appréciation : le bateau accélère franchement dès que le vent se lève, mais il faut éviter de le laisser trop chargé en toile.
Je retiens surtout la polyvalence du modèle. Un propriétaire interrogé sur SailboatOwners explique pouvoir naviguer en équipage réduit, participer à des régates de club et partir en croisière côtière. Les témoignages français publiés sur Hisse et Oh insistent eux aussi sur les bonnes sensations au portant et dans les petits airs, tout en recommandant de ne pas trop serrer le près et de réduire tôt.Ce que ses dimensions changent réellement à bord
Construit principalement entre 1990 et 1994, le First 310 mesure 9,14 m de longueur pour 3,23 m de largeur. Environ 496 exemplaires ont été produits, ce qui facilite encore la recherche de pièces, de retours d’expérience et d’informations techniques. La fiche historique de Bénéteau le présente justement comme un bateau de croisière familiale doté d’un tempérament de régate.
| Caractéristique | Valeur courante | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Longueur de coque | 9,14 m | Format adapté aux ports et aux croisières côtières |
| Largeur | 3,23 m | Bon volume intérieur, avec une carène qui reste sensible à la gîte |
| Tirant d’eau | 1,30 m ou 1,80 m | Choix entre accès aux mouillages peu profonds et meilleures performances au près |
| Déplacement | Environ 3 100 kg | Bateau relativement léger pour sa taille, donc réactif sous voile |
| Surface de voilure | Environ 52,2 m² | Bon potentiel dans les vents faibles, mais besoin d’anticipation dans le vent fort |
| Moteur | Environ 18 ch | Puissance suffisante si le moteur et la ligne d’arbre sont en bon état |
Les deux tirants d’eau ne donnent pas exactement le même bateau. La version de 1,80 m est généralement plus efficace au près et plus rassurante lorsque le vent fraîchit. Le modèle de 1,30 m ouvre davantage de possibilités dans certaines zones de la côte, mais son comportement au près peut être moins convaincant, surtout dans une mer formée.
À l’intérieur, les deux cabines et les six couchages annoncés sont un vrai avantage pour un bateau de cette génération. Il ne faut toutefois pas confondre capacité théorique et confort réel à six adultes. Pour une croisière agréable, je le vois plutôt comme un bateau pour quatre personnes, avec deux couchages supplémentaires utilisables ponctuellement.
Les qualités qui reviennent le plus souvent
Une bonne vitesse dans les petits airs
Avec plus de 52 m² de voilure pour un peu plus de trois tonnes, le First 310 ne reste pas facilement scotché dans les calmes. C’est l’un de ses grands intérêts face à des croiseurs plus lourds de longueur comparable. Une grand-voile bien réglée et un génois en bon état font une différence immédiate sur ce bateau.
Je considère ce point comme essentiel sur le marché de l’occasion. Un First 310 équipé de voiles âgées de quinze ans peut donner l’impression d’être mal conçu, alors qu’il souffre simplement d’un profil devenu trop creux. Avant de juger la carène, il faut donc vérifier l’âge, la coupe et la tenue des voiles.
Un cockpit simple et efficace
Le plan de pont est dégagé et les manœuvres restent accessibles. Dans les avis de propriétaires, la facilité de conduite en équipage réduit revient régulièrement. Le bateau peut se barrer seul ou à deux, mais cette facilité dépend beaucoup du renvoi des drisses, de l’état du pilote automatique et de la bonne organisation du cockpit.
Le First 310 n’est pas un bateau difficile par nature. Il devient exigeant lorsque le barreur tarde à choquer la grand-voile ou conserve trop de toile dans les rafales. Avec un équipage qui sait réagir, il garde une trajectoire saine et accélère rapidement dès qu’on abat.
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Un intérieur plus confortable que son âge ne le laisse penser
Le carré en bois, les deux cabines et la hauteur sous barrots proche de 1,89 m donnent une impression de volume appréciable. L’aménagement est moins lumineux et moins ouvert que celui d’un voilier moderne, mais il reste fonctionnel pour des week-ends prolongés et des vacances côtières.
Le rangement est correct, sans être illimité. Une famille qui embarque trop de matériel alourdira rapidement le bateau et perdra une partie de ses performances. C’est une limite souvent sous-estimée : sur ce type de croiseur rapide, chaque réserve supplémentaire, chaque annexe lourde et chaque équipement installé en hauteur influencent le comportement.
Les limites à accepter avant de choisir ce modèle
Le principal reproche concerne son comportement lorsque le vent monte. Le bateau peut devenir ardent à la barre, c’est-à-dire qu’il cherche davantage à remonter au vent. Une réduction de voilure tardive augmente la gîte, dégrade le confort et peut provoquer une tendance à partir au lof.
Dans la pratique, il faut prendre un ris avant d’en avoir absolument besoin. Le First 310 est souvent plus agréable avec une toile légèrement réduite qu’avec une grand-voile pleine qui pousse trop fort. Cette caractéristique n’est pas un défaut rédhibitoire, mais elle demande un barreur attentif et un gréement correctement réglé.
La version à petit tirant d’eau mérite une attention particulière. Elle est intéressante pour les zones peu profondes, mais les retours d’expérience signalent une efficacité moindre au près, notamment dans le clapot. Pour naviguer régulièrement en Bretagne sud, en Manche ou sur la façade Atlantique, je privilégierais la quille de 1,80 m, sauf contrainte réelle de port ou de mouillage.
Enfin, il s’agit d’un bateau de plus de trente ans. Les critiques concernant les infiltrations, les vannes, le joint tournant, la mèche de safran ou les fonds ne sont pas propres à un défaut unique du modèle. Elles rappellent surtout qu’un First 310 mal suivi peut rapidement devenir coûteux, même si sa coque reste saine.
Quel budget prévoir sur le marché de l’occasion
Les annonces consultées en France et dans les pays voisins placent souvent le First 310 entre 30 000 et 35 000 €. Les unités très bien équipées, dotées d’un gréement récent, de voiles récentes et d’une électronique modernisée, peuvent approcher 38 000 à 40 000 €. Ces montants sont des prix affichés, pas nécessairement les prix définitifs après expertise et négociation.
| État du bateau | Fourchette indicative | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| À remettre à niveau | 25 000 à 30 000 € | Budget supplémentaire possible pour le gréement, les voiles, le moteur ou l’électricité |
| Entretenu et navigable | 30 000 à 35 000 € | Zone de prix fréquente pour une unité prête à naviguer |
| Très équipé et rénové | 35 000 à 40 000 € ou davantage | Prix justifié uniquement par des travaux récents et documentés |
Je me méfie des bateaux affichés comme « prêts à naviguer » uniquement parce qu’ils possèdent un GPS récent et un panneau solaire. Sur un voilier de cet âge, la valeur se trouve d’abord dans le gréement dormant, les voiles, le moteur, les vannes et la structure. L’électronique vient ensuite.
Il faut aussi conserver une réserve de 10 000 à 15 000 € pour remettre à niveau un bateau ancien, selon les travaux déjà réalisés. Un exemplaire acheté 33 000 € peut devenir une bonne affaire si les factures sont solides. Le même bateau peut être une mauvaise décision si le gréement, les voiles et le moteur arrivent simultanément en fin de vie.
La visite qui permet d’éviter une mauvaise affaire
Je commencerais par demander l’historique complet du bateau : factures, expertise précédente, travaux sur le moteur, remplacement du gréement et éventuels traitements contre l’osmose. Une coque sèche et un dossier clair valent souvent davantage qu’une longue liste d’équipements installés sans justificatif.
- Gréement : contrôler l’âge des haubans, des ridoirs, des cadènes et du mât.
- Voiles : examiner les coutures, les goussets, les rails et la déformation des profils.
- Quille et coque : rechercher fissures, traces de choc, reprises de stratification et humidité anormale.
- Safran : vérifier le jeu de la mèche, les paliers et la réponse de la barre.
- Moteur : contrôler le démarrage à froid, la fumée, le refroidissement, l’arbre et le joint tournant.
- Plomberie : tester les vannes, les passe-coques, les réservoirs et la présence d’eau dans les fonds.
- Électricité : vérifier batteries, chargeur, câblage et installations ajoutées au fil des années.
L’essai en mer doit se faire dans plusieurs angles de vent. Je chercherais notamment à observer le comportement au près, la facilité à réduire la toile, la stabilité du safran et la vitesse une fois le bateau abattu. Un contrôle à quai ne révèle pas toujours les problèmes de transmission, de barre ou de gréement qui apparaissent dès que le bateau est chargé.
Pour un achat sérieux, une expertise indépendante reste pertinente. Elle coûte généralement quelques centaines d’euros, mais peut révéler une réparation de quille, une humidité structurelle ou un moteur proche de la réfection. Sur un bateau de cette génération, l’expertise doit servir à négocier ou à renoncer, pas simplement à confirmer un coup de cœur.
Le bon achat dépend davantage de l’état que de l’année
Mon avis est favorable au First 310 pour un programme de croisière rapide, de régate amateur et de navigation côtière en équipage réduit. Il offre encore des performances remarquables pour son prix, un intérieur exploitable et une vraie personnalité à la barre. En revanche, je le déconseille à qui cherche un voilier très tolérant, lourd, stable et sans réaction lorsque le vent fraîchit.
Le meilleur exemplaire n’est pas forcément le plus récent ni le mieux équipé. C’est celui dont le gréement, les voiles, le moteur et la structure ont été suivis avec méthode. Avec une visite rigoureuse et une réserve financière réaliste, les avis sur le First 310 restent largement justifiés : c’est un ancien croiseur de course-croisière qui peut encore donner beaucoup de plaisir, à condition de le mener avec attention.